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« Mes travailleurs devaient être ici à la mi-mai » : incertitude à la Ferme Orléans

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Alors que la haute saison touristique vient à peine de commencer, les propriétaires de la Ferme Orléans, spécialisée dans l'élevage de volailles fines sur l'Île d’Orléans, craignent pour la survie de l’établissement. C’est que la production est au ralenti puisque le gouvernement fédéral tarde à donner son aval pour que 11 travailleurs étrangers temporaires puissent y travailler cet été.

Pour fonctionner normalement, on a besoin de beaucoup de travailleurs, lance d’entrée de jeu Pascale Lauzière, copropriétaire de la Ferme Orléans, en entrevue avec Radio-Canada. Jugeant difficile de recruter au niveau des travailleurs québécois, elle explique devoir faire appel à [ces] travailleurs étrangers pour combler l’équipe de Québécois, sinon, on n’y arrive pas.

Le problème, c’est que notre équipe de travailleurs étrangers est coincée par des permis qui tardent à sortir alors que toutes les années avant, on n’avait aucun problème.

Pascale Lauzière.

Le grand-père de Pascale Lauzière, actuelle copropriétaire de la Ferme Orléans, a acquis la ferme en 1935.

Photo : Radio-Canada / William Gagnon

Pourquoi est-ce différent cette année?

Il semble que ce soit parce que le programme a été modifié beaucoup, croit Mme Lauzière. Le fait qu’il y ait possiblement moins de personnel pour traiter lesdits permis pourrait aussi expliquer les délais, selon elle.

Autre élément qui lui fait dire que de tels changements sont survenus l’automne dernier : le fait que le processus entamé l’an dernier ait permis à deux travailleurs étrangers temporaires d’arriver en janvier. Tout a bien été… comme les autres années!

Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avions toujours pas obtenu de réponse à la demande de renseignements envoyée à Service Canada.

La Ferme Orléans est une ferme dite «intégrée», c’est-à-dire qu’on y fait l’élevage, l’abattage et la transformation de la volaille. On y fait aussi de la vente de produits sur place.

La Ferme Orléans est une ferme dite «intégrée», c’est-à-dire qu’on y fait l’élevage, l’abattage et la transformation de la volaille. On y fait aussi de la vente de produits sur place.

Photo : Radio-Canada / William Gagnon

Autorisation du provincial obtenue il y a deux mois

Normalement, ça me prend peut-être cinq mois, maximum six mois, avoir des réponses, dit-elle. Mais là, on arrive à des délais déraisonnables; mes travailleurs devaient être ici à la mi-mai… et on est rendus fin juin et je les ai toujours pas. J’ai toujours pas les permis.

Depuis le 27 avril dernier, le ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI) du Québec a pourtant donné son autorisation pour que le processus suive son cours.

Ce serait la partie fédérale qui ne règle pas le dossier, dit-elle. On a fait énormément de démarches pour savoir où c’est bloqué, si on allait être oublié entre deux chaises. Elle déplore n’avoir eu aucun retour de qui que ce soit.

C’est inconcevable qu’on ne sache pas où est notre dossier, qu’on ne sache pas pourquoi notre dossier est retardé.

Si tout se règle lundi, par exemple, on ne les aura pas avant fin juillet, début août, signale-t-elle. Mais la saison est déjà largement entamée, rendu là.

En haute saison, la Ferme Orléans embauche environ 17 employés.

En haute saison, la Ferme Orléans embauche normalement environ 17 employés.

Photo : Radio-Canada / William Gagnon

Pour Gabriel Hardy, député fédéral de Montmorency—Charlevoix, remettre le citoyen et la réalité du terrain au centre des décisions est urgent. Par écrit, Sébastien Noël, directeur du bureau de circonscription de l’élu conservateur, indique par ailleurs que son équipe a commencé à appuyer la Ferme Orléans dans ses démarches dès que les propriétaires ont su par l'entremise du bureau de Kariane [Bourassa, députée provinciale de Charlevoix–Côte-de-Beaupré] que ça coinçait.

Pour l’économie rurale du Québec

C’est important que les abattoirs, les transformateurs, aient accès [...] à une main-d’œuvre étrangère fiable et flexible, croit Benoît Fontaine, président des Éleveurs de volailles du Québec, invoquant l’importance de la souveraineté alimentaire du Québec.

Benoît Fontaine se trouve dans son poulailler.

Les Éleveurs de volailles du Québec, dont Benoît Fontaine est le président, représentent environ 160 producteurs de dindon et plus de 600 producteurs de poulet. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Éric Carbonneau

J’implore les deux paliers de gouvernement à s’entendre parce qu’il s’agit de nourriture, [...] de biens névralgiques, dit-il.

Il ne faut pas oublier que le poulet est sous la gestion de l’offre, au Québec, rappelle M. Fontaine. Et la gestion de l’offre fait partie de la solution économique du Québec rural dont cette ferme fait partie.

C’est très important pour Les Éleveurs de volailles du Québec de supporter le dialogue entre les deux paliers de gouvernement afin qu’ils arrivent à une entente pour que l’économie rurale du Québec prospère.

Avec les informations de William Gagnon et de Louis-Simon Lapointe

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