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« Mensonge », « ultraviolence » : la crise lycéenne a enflammé l’Assemblée

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Politique 06/10/2026 18:05 Actualisé le 06/10/2026 18:29

Pour la reprise des QAG, Sébastien Lecornu, Laurent Nunez et Édouard Geffray se sont retrouvés sous le feu de questions et des critiques d’une grande partie de l’hémicycle.

Par Jade Toussay et Marie Haynes

Treize questions et dix consacrées à la mobilisation lycéenne. Après la pause estivale, le retour des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale ce mardi 6 octobre a été dominé par le mouvement de revendications qui organisait en même temps sa troisième journée de manifestation nationale, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.

C’est le président du groupe Horizons Laurent Marcangeli qui, premier à prendre la parole, a lancé le sujet. Mais après une intervention du RN Sébastien Chenu, sans réelle question à part une rhétorique « qu’avez-vous fait de la France », c’est surtout à propos de la répression policière des manifestations que le ton est monté. La cheffe de file LFI Mathilde Panot a ainsi insisté sur le nombre élevé de garde à vue – 5 000 entre le 28 septembre et le 2 octobre selon le ministère – et les blessures recensées du côté des jeunes : la main arrachée à Lens, le jeune de 16 ans éborgné à Tours…

Le député écologiste Benjamin Lucas-Lundy (Génération.s) lui a succédé. « Vos réponses sont non seulement ineptes mais inhumaines », a-t-il lancé à l’adresse de Sébastien Lecornu et d’insister sur le terme « d’accidents » employé un peu plus tôt par le Premier ministre. « Des accidents, une jeune fille de 14 ans étranglée ? Des accidents, une tentative de noyade sur un jeune ? Un accident, un enfant de 15 ans qui perd un avant-bras parce qu’on a envoyé sur lui une arme de guerre ? Des accidents, monsieur le Premier ministre ? Vous n’avez pas autre chose ? », a-t-il lancé, avant de lui reprocher de « rire » de ces drames. Une accusation qui a provoqué la colère visible du chef du gouvernement depuis le banc des ministres.

« Armes de guerre » et « n’importe quoi »

Sous le feu des critiques de la gauche – et dans une moindre mesure de la droite et de l’extrême droite, plus inquiètes du coût des dégradations et du destinataire de la facture – Sébastien Lecornu et Laurent Nunez se sont retrouvés en première ligne. Mis en cause pour ses propos sur l’absence de consignes de « retenue » passées aux forces de l’ordre, Laurent Nunez a renvoyé à ses instructions écrites. Lesquelles, a-t-il assuré, « appellent systématique à des interventions mais toujours avec proportionnalité ». « Quand vous dites que les forces de sécurité utilisent des armes de guerre, c’est n’importe quoi. Ce sont des armes intermédiaires non létales », a fait valoir le locataire de la place Beauvau à l’attention des élus de gauche.

De son côté, Sébastien Lecornu a appelé à « condamner sans condition l’ultraviolence ». Le chef du gouvernement a estimé en outre que parler d’« instructions politiques de répression policière » contre ces manifestations était un « mensonge ». « Est-ce que, dans une manœuvre aussi sensible d’ordre public, des accidents peuvent arriver ? La réponse est oui. Et je dis accident puisque je vois là aussi la terminologie qui est employée de violences policières. “Violences policières” suggérerait qu’il y ait des instructions politiques de répression policière. C’est faux, c’est un mensonge et c’est jeter l’opprobre sur la police de la République », a-t-il déclaré en réponse à Laurent Marcangeli.

Son discours le plus virulent a cependant été reservé à la France insoumise, accusée « d’ambiguïté » dans sa condamnation des violences. Dans une longue énumération, sans rapport direct avec le mouvement lycéen, le chef du gouvernement a ainsi interrogé le maintien dans le groupe parlementaire du député Raphaël Arnault, alors « qu’il a été condamné pour violences en réunion (et que) ses deux assistants parlementaires ont été placés en détention pour meurtre du jeune Quentin (Deranque, ndlr) ». Puis il a fait référence à une citation controversée du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko qui avait estimé que « certaines violences sont légitimes ». Avant d’évoquer « les jeux de mots nauséabonds avec un relent antisémite » dans une référence à la prononciation du nom Epstein par Jean-Luc Mélenchon.

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