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Avant l’arrivée très attendue sur HBO Max de cette romance gay sur fond de hockey et scènes de sexe ultra-explicites, retour sur le phénomène de cette fin d’année.

Sabrina Lantos / HBO Max
Hudson Williams et Connor Storrie dans « Heated Rivalry », bientôt sur HBO Max.
EN BREF • La série à succès Heated Rivalry, mêlant romance gay et hockey, captive un large public, y compris l’acteur Pedro Pascal.
• La série est critiquée pour sa représentation de l’homosexualité, mais elle reste populaire grâce à ses scènes explicites et son intrigue captivante.
• Une deuxième saison est confirmée, avec une diffusion en France prévue prochainement.
Attention, la température va monter à la lecture de cet article. Ou peut-être avez-vous déjà baissé votre radiateur ? Car, à défaut d’être aux États-Unis ou au Canada où la série est un phénomène, vous avez peut-être déjà entendu parler de Heated Rivalry, romance gay sur fond de hockey et parties de jambes en l’air ultra-explicites.
Non ? Toujours pas ? Laissez-nous vous raconter. Au Canada, où le premier épisode est sorti fin novembre, la série est désormais la plus regardée de tous les temps sur la plateforme Crave. Quant au pays de l’Oncle Sam, elle figure déjà dans le Top 5 des fictions créées cette année sur HBO Max, alors même qu’elle est toujours en cours de diffusion.
Outre-Atlantique, les aventures de Shane Hollander et son adversaire, le beau Russe Ilya Rozanov, fédèrent. Chez soi ou dans les bars de sport, où de nombreux établissements organisent leurs propres « viewing parties » des épisodes, comme à l’époque de Game of Thrones, ou de chaque saison de Drag Race France, chez nous.
En ligne, les mèmes fusent. L’un d’eux montrait Katy Perry et Justin Trudeau en plein rencard. « Oh, elle sort avec lui juste pour pouvoir regarder Heated Rivalry », pouvait-on lire en légende, la série n’étant à cette époque pas encore diffusée dans le pays de la pop star.
Pedro Pascal adore
Pedro Pascal semble raffoler de ces parodies. Outre l’avalanche de mentions « j’aime » déposées sur pléthore de détournements de la série sur Instagram, ce dernier a lui-même commenté de trois petits émojis « cœur » la vidéo d’un utilisateur enivré devant l’engouement des clients du bar du coin à l’issue d’un bisou croustillant (attention, spoiler).
Adaptée d’une série de livres mi-érotiques mi-gnangnans de l’autrice canadienne Rachel Reid, la série raconte l’histoire de deux joueurs de hockey sur glace, les plus redoutables de leur discipline. De saison en saison, ils s’affrontent sans un mot. Un jour, leurs regards se croisent. Le lendemain, leurs corps nus se rencontrent sous la douche.
Suis-moi, je te fuis. Fuis-moi, je te suis. La passion est née. Mais comment la vivre, sans faire sauter leur couverture ? Dans cet univers viril et hautement compétitif, nos deux héros sont encore hétérosexuels aux yeux du monde et des leurs.
La presse s’écharpe
L’idée d’en faire un show pour la télé n’est pas tout de suite venue à l’esprit de son créateur, Jacob Tierney. C’est en parcourant un article du Washington Post sur l’incroyable boom des romances dans le monde du hockey (qui mentionnait notamment Game Changers, titre original de la suite de best-sellers) qu’il a flairé le filon.
Ni une ni deux, il décide alors d’en parler à son acolyte, le producteur Brendan Brady. Feu vert. Il glisse dans les DM de l’autrice des romans pour lui demander les droits à un prix raisonnable. « Et c’est ainsi que tout a commencé », confie-t-il dans les colonnes de Variety.
Découvrez ci-dessous la bande-annonce :
À l’origine, Heated Rivalry ne devait pas être diffusée avant le début d’année 2026. « Mais en la visionnant, nous nous sommes dit : “c’est vraiment très bon” », raconte au magazine le vice-président de Bell Media, maison mère de Crave. Les fêtes de fin d’année, période propice à cocooner chez soi, l’ont convaincu d’avancer la date « à la dernière minute ».
Un pari réussi dans les chiffres : le cinquième épisode est l’un des mieux notés pour une série sur le site IMDB. Côté critique, c’est plus nuancé. Il y a ceux, comme le Hollywood Reporter ou Collider, qui y voient une « histoire d’amour sincère et torride » pour adultes, ou encore des premiers épisodes « qui ne niaisent pas avec le puck [le palais utilisé en hockey, ndlr] », d’après le quotidien québécois La Presse.
D’autres, à l’image du Boston Globe, déplorent un retour en arrière sur la représentation du coming out. Pire, la série renforcerait l’idée homophobe selon laquelle lorsque « le désir entre hommes devient trop difficile à contenir, l’hétérosexualité apparaît comme la seule alternative envisageable », peut-on lire dans cet article de Slate.
Un fantasme de l’homosexualité
Plus récemment, l’acteur Jordan Firstman s’est pour sa part épanché dans les colonnes de Vulture pour dézinguer le show. Pour la star d’I Love LA, autre programme du moment sur HBO, « ce n’est pas bon ». Les scènes de sexe manquent de réalisme. On dirait deux joueurs de hockey hétéros qui se font passer pour des homos, selon lui.
Un fantasme de l’homosexualité que Le HuffPost regrette aussi, malgré l’aspect très addictif des trois premiers épisodes que nous avons visionnnés. Alors, pourquoi un tel carton ? Outre l’importance culturelle du hockey de l’autre côté de l’Atlantique, Heated Rivalry créé justement la discussion. Elle suscite la curiosité, et pas seulement au sein de la communauté LGBT +.
La série a conquis un public féminin déjà très friand de l’œuvre de Rachel Reid, d’après les équipes de Bell Media. En cause, les rapports sexuels entre les héros, au cours desquels le plaisir de chacun est non seulement respecté, mais aussi assouvi et consenti, d’après cet article du Harper’s Bazaar qui s’est longuement penché sur le dossier.
Un monde idéalisé, mais pas moins olé olé. Oubliez les Bridgerton. Fellations, masturbations sous la douche ou sodomies au lit : le sexe est explicite, vraiment explicite. Il monte en épingle au fil des épisodes à la manière d’une compétition sans merci sous la couette, mais en plus amusant.
Une « bouffée de joie queer » pour adultes
S’il est déconseillé de se lancer dans un visionnage en famille après Noël, son créateur défend, lui, une histoire heureuse, loin des habituelles tragédies homosexuelles. « Cette série est une bouffée de joie queer pour adultes. Aucun des personnages ne retourne auprès d’une femme malheureuse. Personne ne s’automutile », estime Jacob Tierney auprès de Toronto Life.
Depuis qu’elle a capté l’intérêt du public, la production a, elle, mis en place une stratégie astucieuse à coups de teasers ravageurs sur les réseaux sociaux, et d’interviews malicieuses dans la presse pour ses protagonistes, même si le risque de « queerbating » (une pratique marketing consistant à attirer un public queer en utilisant ses codes) n’est jamais loin.
« Le truc autour de mes fesses est intéressant parce que je pensais que tout le monde parlerait beaucoup plus du sexe. Mais je ne pensais pas que les gens prendraient spécifiquement des photos de mon fessier pour en faire des GIF », s’amuse l’acteur américain Connor Storrie, dans une interview pour le podcast d’Evan Ross Katz.
Les téléspectateurs vont pouvoir en profiter encore longtemps. Heated Rivalry a d’ores et déjà été reconduite pour une deuxième saison. En France, la plateforme HBO Max a récemment annoncé avoir obtenu ses droits de diffusion. Aucune date n’a encore été actée, mais cela devrait arriver « prochainement », dit-elle. Espérons avant les JO de Milan.


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