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Masha et Michka : Londres veut bannir le dessin animé russe de Netflix et ITVX – France Télévisions observe « avec attention »

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Une fillette turbulente et son ours viennent d’être promus menaces stratégiques par le Parlement britannique.

Une casquette soviétique devient une affaire d’État

La démarche est menée par le député libéral-démocrate Tom Gordon. Avec des élus travaillistes, conservateurs, écologistes, nationalistes écossais et gallois, il a écrit à la ministre britannique de la Culture, Lisa Nandy. Leur courrier demande au gouvernement d’examiner les moyens d’empêcher la diffusion de la série russe.

D’après les éléments rapportés par The Guardian, les parlementaires s’appuient notamment sur deux scènes. Dans l’une, Masha porte une tenue rappelant celle d’un équipage de char soviétique. Dans l’autre, sa casquette évoquerait celle des gardes-frontières de l’URSS, associée par les élus au NKVD.

Le programme est ainsi accusé de « normaliser l’iconographie militaire soviétique auprès d’un public mondial de jeunes enfants ». Une analyse assez spectaculaire pour une série racontant les bêtises d’une fillette et les efforts d’un ancien ours de cirque pour réparer les dégâts.



La « puissance d’influence » russe traquée jusque chez les enfants

Les signataires reprennent les accusations du Centre ukrainien de lutte contre la désinformation et du ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna. Pour eux, Masha et Michka serait un instrument de « puissance d’influence » russe, utilisant le divertissement pour rendre familiers des symboles liés à l’Union soviétique.

Le studio Animaccord rejette catégoriquement cette lecture. Sa porte-parole, Melanie Bonvicino, affirme que la série ne contient « aucun message politique » et juge les accusations dépourvues de fondement. L’entreprise précise être privée, installée à Chypre et ne recevoir aucun financement de l’État russe. Elle rappelle également que son dessin animé est diffusé depuis près de vingt ans dans plus de cent pays autour de thèmes simples : l’amitié, l’imagination et la gentillesse.

La popularité du programme ne facilite pas la tâche de ses adversaires. L’épisode « Recette pour un désastre » dépasse les 4,6 milliards de vues sur YouTube. Netflix a par ailleurs acquis deux nouvelles saisons et prolongé ses droits de diffusion dans plus de cent pays.

France Télévisions ne prévoit pas de déprogrammation

En France, la série reste notamment visible sur France 5. Selon les informations rapportées par 20 Minutes, France Télévisions dit suivre les discussions britanniques « avec attention », sans envisager d’interrompre la diffusion. La chaîne semble donc considérer qu’une casquette aperçue dans un dessin animé ne suffit pas encore à transformer une chambre d’enfant en centre de recrutement soviétique.

Au Royaume-Uni, aucune interdiction n’a pour l’instant été décidée. Le gouvernement rappelle que les diffuseurs restent libres de leurs programmes tant qu’ils respectent les règles de l’Ofcom. Londres en est donc encore au stade de l’alerte : Masha demeure en liberté, Michka aussi, et aucun char en peluche n’a été saisi.



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