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Marine Le Pen, Nigel Farage… Le bras de fer entre les urnes et les juges

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La décision de la justice française sur Marine Le Pen relance un débat plus large en Europe : jusqu'où les juges peuvent-ils peser sur le choix des électeurs ? Une question qui résonne aussi au Royaume-Uni et en Hongrie.

Publié le 08/07/2026 08:16

Temps de lecture : 2min

Marine Le Pen, leader du RN (à gauche) et Nigel Farage leader du parti anti-immigration Reform UK (à droite). (JUSTIN TALLIS / AFPSIMON WOHLFAHRT / AFP) Marine Le Pen, leader du RN (à gauche) et Nigel Farage leader du parti anti-immigration Reform UK (à droite). (JUSTIN TALLIS / AFPSIMON WOHLFAHRT / AFP)

Au lendemain de la décision qui permet à Marine Le Pen de rester en mesure de briguer l'Élysée en 2027 malgré la confirmation de sa condamnation, il n'y a, mercredi 8 juillet, aucune réaction officielle en Europe. Un silence logique : peu de dirigeants veulent prendre le risque d'insulter l'avenir alors que la présidentielle française de 2027 pèsera lourd dans les relations entre alliés européens.

La presse étrangère, elle, s'est emparée du sujet avec des tonalités différentes. En Italie, La Repubblica estime que "Marine Le Pen reprend le contrôle de son avenir politique", tandis que le Corriere della Sera juge que "Jordan Bardella voit sa chance passer". En Espagne, le quotidien de gauche El País se montre beaucoup plus sévère : "Marine Le Pen renie toutes ses promesses et sa parole politique vole en éclat." Au Royaume-Uni, The Guardian souligne qu'une éventuelle campagne sous bracelet électronique dépendra désormais "du calendrier judiciaire".

Cette question de l'équilibre entre justice et volonté populaire s'invite également dans l'actualité britannique. Le leader d'extrême droite Nigel Farage, chef du parti anti-immigration Reform UK, ancien héraut du Brexit et en tête des sondages depuis plusieurs mois, est rattrapé par une enquête portant sur des millions de livres de dons non déclarés provenant de riches soutiens. Acculé, il a choisi de renverser la table en annonçant simultanément sa démission… et sa candidature à sa propre réélection. Selon lui, le scrutin qu'il provoque sera celui "du peuple contre l'establishment", poussant jusqu'à son terme la logique populiste selon laquelle le suffrage pourrait primer sur le droit et absoudre un dirigeant politique de ses turpitudes.

À l'inverse, en réduisant la peine d'inéligibilité de Marine Le Pen, la justice française a précisément choisi de ne pas interférer dans le choix des électeurs. Deux démarches opposées qui posent une même question : être élu donne-t-il tous les droits, y compris celui d'agir contre le droit ?

Cette interrogation traverse aussi la Hongrie. Le Premier ministre Peter Magyar, élu au printemps, souhaite destituer le président de la République, issu du camp politique opposé. Pour y parvenir, il entend faire adopter une nouvelle loi fondamentale grâce à la très large majorité dont il dispose au Parlement. Une initiative qui inquiète les défenseurs de l'État de droit, alors même que Peter Magyar avait promis de le restaurer après 16 années de pouvoir de Viktor Orbán. Au fond, la même question se pose partout en Europe : l'élection donne-t-elle tous les droits ? Et la fin justifie-t-elle tous les moyens ? Une interrogation digne d'un sujet de philosophie… mais plus que jamais au cœur de l'actualité politique européenne.

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