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Le comité organisateur de la Marche sous les étoiles 2026, à Baie-Comeau, est composé d'Anne Poulin Decourval, de Rebecca Lacasse, d'Anna Dionne et de Karine Leprochon. Photo Anne-Sophie Paquet-T.
Il aura fallu 18 ans à Sylvie et Philippe pour raconter publiquement la perte de leur bébé. Le 15 octobre en soirée, à Baie-Comeau, leur témoignage a donné une voix à ces deuils trop souvent vécus dans le silence, lors de la troisième Marche sous les étoiles de la Manicouagan.
Des lampions à la main, des familles et des proches ont parcouru les rues de Baie-Comeau pour rendre hommage aux bébés décédés pendant la grossesse ou peu après leur naissance.
Organisée par la Maison de la famille de Manicouagan et la Coopérative funéraire Haute-Côte-Nord-Manicouagan, la marche s’est terminée à la coopérative funéraire, où les notes de piano de Nathalie Lessard ont accompagné les silences et les moments de recueillement.
Une douleur qui traverse les années
Devant l’assemblée, Sylvie et son conjoint Philippe ont raconté une épreuve qui a bouleversé leur famille il y a 18 ans. Leur bébé est décédé à 37 semaines de grossesse.
« Une chose dans cette expérience que j’ai apprise, c’est que parler, ça fait toujours du bien », a confié Sylvie, la voix chargée d’émotion.
Pour le couple, cette première prise de parole publique représentait une façon de briser le silence entourant le deuil périnatal. « Ça nous a affecté, tout le monde, toute la famille, pendant toutes ces années-là », a ajouté Philippe.
Sylvie, qui travaille auprès des enfants, explique que son expérience lui permet de mieux comprendre la souffrance des familles endeuillées. « Des fois, juste d’être présent, c’est la meilleure façon d’aider », a-t-elle souligné.
Au milieu des témoignages, les voix de jeunes enfants se sont aussi fait entendre. Des petits frères et petites sœurs de bébés disparus étaient présents, rappelant à leur manière que la vie continue au sein de ces familles.
Un prénom pour chaque étoile
Au cœur de la cérémonie, les parents ont été invités à inscrire le prénom de leur bébé sur une étoile illuminée, avant de la déposer dans un arbre commémoratif. Un à un, ils ont ainsi donné une place visible à ces enfants partis trop tôt.
D’autres parents ont choisi de témoigner anonymement. Leurs récits ont fait écho à différentes réalités du deuil périnatal.
L’un racontait la perte de Lambert, décédé à 29 semaines de grossesse. Ses parents ont pu le tenir dans leurs bras pour la première et la dernière fois. « Depuis, nous apprenons à être ses parents autrement », pouvait-on entendre dans leur témoignage.
Une mère évoquait les 203 jours écoulés depuis la perte de son bébé, tandis qu’un père racontait la fin douloureuse d’une grossesse longtemps espérée, mais impossible à mener à terme.
Briser le silence
Pour Rebecca Lacasse, coordonnatrice en périnatalité à la Maison de la famille de Manicouagan, ces rassemblements permettent aux parents de se sentir moins seuls. Elle-même touchée par le deuil périnatal, elle a rappelé que l’accompagnement demeure accessible, peu importe le temps écoulé depuis la perte.
« Que ça fasse 18 ans, comme quelque temps, on est là », a-t-elle assuré.
La soirée a également permis de faire connaître la Fondation Portraits d’étincelles, qui offre gratuitement des souvenirs photographiques aux familles endeuillées. Les participants ont aussi été invités à écrire des mots de réconfort qui pourront être remis à d’autres familles confrontées à la même épreuve.
Au terme de la cérémonie, les parents ont récupéré leur étoile lumineuse, portant le prénom de leur enfant, pour la rapporter à la maison. Après les témoignages, les silences et les notes de piano, chacun pouvait repartir avec un souvenir tangible de cette soirée consacrée à des enfants dont la place demeure bien vivante dans leur famille.
Haute-Côte-Nord
La Marche sous les étoiles a également connu une première édition en Haute-Côte-Nord, le 14 octobre, aux Escoumins. Malgré une participation modeste, la soirée a été marquée par le témoignage émouvant de Stéfany Dufour, qui a partagé son expérience du deuil périnatal. Selon Anne Poulin Decourval, directrice générale de la Coopérative funéraire Haute-Côte-Nord-Manicouagan, les organisateurs souhaitent renouveler l’expérience l’an prochain.
Anne-Sophie Paquet-T.
Active dans les médias depuis 12 ans, Anne-Sophie Paquet-T a œuvré à la radio et à la télévision comme animatrice, chroniqueuse et reporter terrain. Journaliste... Lire la suite
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