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Manic-3 : Hydro-Québec rend hommage à la « Reine des bois » de Pessamit 

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Télesh Métatash (deuxième à partir de la droite au bas), accompagnée de ses proches, devant une image d'elle-même dans le campement portant son nom.  Photo Roseline Pelletier

Le campement de Manic-3 porte désormais le nom de la « Reine des bois », la légende vivante de Pessamit Telesh Metatash.

Le bâtiment raconte l’histoire de cette grande dame, venue le visiter le jeudi 8 octobre avec sa famille et des membres de sa communauté.

Qui est Télesh Métatash ?

Télesh Métatash est une femme innue de Pessamit devenue une figure emblématique de la vie traditionnelle sur le territoire. Elle est surnommée la « Reine des bois » en raison du mode de vie qu’elle a longtemps mené en forêt.

Née à Mashteuiatsh en 1935, elle s’est mariée à Simon Métatash en 1960. Elle s’est ensuite installée à Pessamit, mais son époux est mort après six ans de mariage.

Par la suite, elle s’est établie pendant près de 50 ans sur un territoire non loin de Manic-3 et du campement de travailleurs et travailleuses. Ce n’est qu’en 2019, à 83 ans, que cette femme, aujourd’hui âgée de 90 ans, a renoncé à son mode de vie nomade.

« Elle était rarement à Pessamit, elle restait toujours à son campement dans la forêt, près d’ici. Quand elle venait dans la communauté, on voulait tous la croiser, c’est une légende », déclare la designer Julia Hervieux, qui a travaillé sur le réaménagement du campement d’Hydro-Québec, avec la graphiste Alexandrine Picard-Racine, en collaboration avec La Boîte rouge vif.

Le travail d’une communauté

Depuis deux ans, c’est la nièce de Mme Métatash, Anissa Dominique, qui coordonne ce projet, développé aux côtés de la conseillère aux relations avec les Premières Nations chez Hydro-Québec, Hélène Giguère.

De son côté, Mme Giguère souligne l’importance de ce nouveau milieu de vie pour les travailleurs, où les rencontres et les discussions entre différentes cultures seront propices, « dans un espace où tout le monde est égal à égal ».

Mme Dominique a travaillé notamment à la recherche documentaire sur la vie de sa tante, et a réussi à dénicher une multitude de photos qu’il est possible d’apercevoir sur les murs du campement.

Au fil de la visite, tous ont pu découvrir la vie de la « Reine des bois », racontée en fresques, chacune représentant une saison, composées de textes et de photos d’elle, de son défunt époux, de sa famille et de son campement.

« On a trouvé tellement de photos, le défi, ça a été de décider comment on les met en œuvre. C’est comme ça qu’on a eu l’idée de créer différentes fresques pour différentes saisons », ajoute l’artiste de Pessamit, Mme Hervieux.

La fresque représentant le printemps, dans l’aile des dortoirs du campement.  Photo Roseline Pelletier

Membres de la famille Métatash, élus du Conseil et autres membres de la communauté se sont montrés visiblement joyeux devant le dévoilement des œuvres.

Ils ont pris le temps de lire les récits qui accompagnent les images, au fil des saisons qui dictaient autrefois le quotidien des Innus de Pessamit, avant leur sédentarisation forcée.

« On l’a toujours vue vieille, Télesh Métatash, c’est très spécial de pouvoir voir sa jeunesse et l’histoire de sa vie », déclare Julia Hervieux.

Les murs du campement sont maintenant remplis de souvenirs. 

Anissa Dominique raconte que, pendant la visite des lieux, Télesh Métatash elle-même pointait quelques photos et parlait de sa vie.

« Ça, j’en ai tué beaucoup », a dit la légendaire femme en pointant des images d’outardes et d’orignaux, faisant de cette découverte du campement un moment très spécial.

Télesh Métatash, accompagnée de sa famille, qui observe les œuvres faites en son hommage.  Photo Roseline Pelletier

« Une travailleuse qui a séjourné ici m’a dit que de voir les images de Télesh Métatash au quotidien, ça lui donnait de la force. Quand elle n’a pas envie d’aller travailler, elle se rappelle les efforts de Télesh », ajoute Julia Hervieux.

Avec beaucoup d’émotion, la nièce de cette grande dame reconnaît qu’elle est enchantée du travail final.

« C’est une fierté, ce projet-là, c’est une belle reconnaissance à la famille et à notre communauté », conclut Anissa Dominique.

Campement d’Hydro-Québec

À noter que le campement accueille, depuis le 5 janvier 2026, des membres du personnel d’Hydro-Québec ainsi que des entrepreneurs.

Ceux-ci participent notamment au projet de réfection de la centrale René-Lévesque, à Manic-3, et à différents travaux réalisés dans le secteur.

Sa capacité atteindra éventuellement 400 chambres et son inauguration officielle est prévue à l’été 2027.

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Roseline Pelletier

Initiative de journalisme local

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