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Les fraisiculteurs de l’Île-du-Prince-Édouard sont optimistes quant à la prochaine récolte, malgré les défis.
Au nord de Summerside, Matthew Compton, propriétaire de l’entreprise Compton’s Farm Market, cultive cette année 12 acres de fraises. L’autocueillette commence habituellement à la mi-juin et les fruits sont en abondance au début juillet, mais le producteur prévoit plutôt lancer sa saison le 28 juin.
Nous sommes certainement, disons une semaine en retard, dit-il. Je ne dirais pas 10 jours, mais certainement une semaine.

Matthew Compton, le propriétaire de Compton's Farm Market à Summerside, estime qu’il y a toujours un avantage à débourser quelques dollars de plus pour encourager l’achat local.
Photo : Radio-Canada / Raphael Caron
Après une année 2025 difficile marquée par la sécheresse, le producteur s’attend à une récolte moyenne. Pour l’instant, les conditions météo sont toutefois à l’opposé, avec un début de saison plutôt frais.
Nous avons de l'humidité, explique-t-il. Nous avons besoin de soleil, de temps sec et que tout ira pour le mieux.
L’agricultrice Rita Jackson convient qu’un peu de chaleur ne ferait pas de tort. Bien qu’elle ignore à quoi ressemblera sa production, elle précise que les fluctuations climatiques, notamment les variations de température et d’humidité, peuvent modifier la taille et la forme des fraises.
C’est toujours un pari, dit-elle. On gage qu’il va y avoir des fraises, ou des framboises.
En 2025, plusieurs champs de la province avaient également été touchés par le dépérissement neopestalotiopsien, une maladie fongique aussi appelée Neo-P. Matthew Compton rappelle que ses terres présentaient des signes de la maladie l’an dernier, mais que la situation semble rétablie pour l’instant. Il continue néanmoins de surveiller de près l’état de ses plants.
Coûts de production élevés
Sur la ferme biologique de 104 acres de Rita Jackson, un champ compte 1000 plants de fraises, dont la production est entièrement destinée aux étalages des commerces locaux. Toutefois, l’agricultrice prévoit qu’elle devra augmenter ses prix.
On n’essaie pas d’être riches à craquer, avoir de l’or partout. On veut juste payer nos factures, vivre une vie, mais c’est de plus en plus difficile.
Elle souligne que les coûts élevés de l’électricité et du diesel la forcent à modifier ses habitudes. L’agricultrice s’inquiète toutefois davantage pour la relève agricole, qui peine à s’établir dans le domaine.

Sur la ferme biologique de 104 acres de Rita Jackson, un champ compte 1000 plants de fraises, dont la production est entièrement destinée aux étalages des commerces locaux.
Photo : Radio-Canada / Raphael Caron
De son côté, Matthew Compton indique qu’il devra lui aussi augmenter ses prix, après les avoir maintenus l’an dernier.
Si vous constatez des augmentations de prix sur les étals des producteurs cette année, sachez que c’est une décision bien réfléchie, une décision qui n’a jamais été prise à la légère, dit-il
Son objectif est d’inciter les consommateurs à revenir plusieurs fois au cours de l’été. Il estime qu’il y a toujours un avantage à débourser quelques dollars de plus pour encourager l’achat local.
N’ayez pas peur de vous renseigner sur la provenance de vos fraises. Si elles sont vraiment bon marché, il y a de fortes chances qu’elles ne soient pas canadiennes, explique-t-il. N’ayez jamais peur de demander à votre épicier de soutenir les producteurs de l’Île et de faire savoir que vous voulez trouver des produits locaux dans votre magasin.


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