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RÉCIT - À Déols, dans l’Indre, un quartier pavillonnaire garde la mémoire des milliers de soldats américains qui, entre 1951 et 1967, ont transformé un Berry rural en avant-poste du mode de vie US. Soixante ans après leur départ, la nostalgie est toujours là.
Passer la publicitéOn se gare allée des Anémones et l’on croirait avoir franchi l’Atlantique. À Brassioux, quartier tranquille de Déols, à quelques kilomètres de Châteauroux, les maisons blanches s’alignent au cordeau, posées de plain-pied sur de vastes pelouses qu’aucune véritable haie ne vient cloisonner. Trois cent cinquante pavillons quasi identiques, baies vitrées et gazon ras, dessinent un décor que l’on retrouverait sans peine quelque part en Californie. Çà et là, de hauts sapins, plantés voilà un demi-siècle pour le Noël des enfants américains, ont survécu, témoins muets d’une histoire que personne n’ignore.
« Parfois, j’ai l’impression de vivre dans une série américaine quand je traverse le quartier », sourit Martine, une retraitée du coin croisée devant ces façades jumelles. Et elle ne croit pas si bien dire. Derrière les noms de fleurs donnés aux rues et allées se cachent d’anciens noms d’États. Texas Drive est devenue allée des Anémones, Ohio Drive avenue des Capucines, Nevada Avenue allée…


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