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Derrière la vitrine chaude des boulangeries, le froid des chiffres annonce une hécatombe silencieuse.
La fausse bonne nouvelle de Bercy
Le ministre Roland Lescure a daigné annoncer, le 3 janvier, une maigre baisse de la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA) à partir de février. Une économie dérisoire de 10 € par an et par foyer, présentée comme une victoire. Bercy se félicite que cette mesure n’ait « aucun impact » sur ses comptes, oubliant de préciser qu’elle ne soulagera en rien le fardeau des entreprises. Cette communication politicienne tient lieu de politique de soutien, une simple paille face à l’inflation structurelle du coût de l’énergie.
Pour une consommation EDF de 6,13 euros, la facture est au 4 janvier 2026 de 112,52 €.L’hécatombe des entreprises, indicateur d’une politique mortifère
Les chiffres d’Infogreffe pour 2025 sont sans appel : 457 459 entreprises radiées, une hausse de 51,5 %. Derrière cette abstraction statistique se cache la réalité d’un tissu économique délibérément laminé. Les régions industrielles et rurales paient le tribut le plus lourd. Si les créations, majoritairement des micro-entreprises précaires, affichent une progression, elles ne font que masquer l’hémorragie. Les procédures collectives restent à un niveau catastrophique, symptôme d’un environnement hostile : croissance atone, pouvoir d’achat en berne, crédit cher et, surtout, flambée des coûts de production. La stratégie européenne et macronienne de la « destruction créatrice » tourne à la simple destruction.
Facture globale 2025 : consommation 9,49 € HT pour un total de 206,42 € TTC et « Laissez refroidir les plats chauds avant de les mettre au réfrigérateur ».Les boulangeries, canaris dans la mine
Pilier sentimental de nos centres-villes, la boulangerie-pâtisserie résiste mal à l’étau. Sur les 43 723 établissements recensés, l’écrasante majorité sont des TPE ou micro-entreprises, vulnérables par nature. Le nombre de défaillances baisse légèrement en 2025 (- 3 %), mais ce recul est un leurre après l’hécatombe des années précédentes. La pression vient directement des fournisseurs d’énergie : des factures multipliées par trois, dépassant souvent les 3 000 euros mensuels pour l’usage des fours des boulangeries. Cette charge fixe, incontournable, grève une rentabilité déjà faible. La fréquentation est là, le savoir-faire aussi, mais la marge est dévorée par des coûts administratifs et énergétiques imposés d’en haut.
Des aides dérisoires face à un système injuste
Face à la détresse, le pouvoir propose son remède habituel : des formulaires. Il « rappelle » aux artisans assommés l’existence d’un taux réduit de taxe sur l’électricité (TICFE), sous réserve de produire une attestation. En cas de litige avec un géant comme EDF, le gouvernement leur suggère de saisir un médiateur. Une bureaucratie kafkaïenne pour obtenir un allégement minimal, pendant que les règles du marché de l’énergie, conçu pour les grands groupes, les écrasent. Une politique du sparadrap qui ne soigne pas la plaie béante.
Perspectives : l’agonie organisée d’un modèle
L’année 2025 aura consacré la grande casse des très petites entreprises. La légère baisse annoncée sur les factures des ménages est un leurre qui ne sauvera pas les commerces. Les boulangeries, symboles d’une France qui travaille et innove localement, sont condamnées à une lente asphyxie si rien ne change. Le gouvernement et l’Union européenne préfèrent visiblement voir émerger un désert commercial, peuplé de chaînes standardisées et résilientes, plutôt que remettre en cause les dogmes libéraux qui tuent l’artisanat. L’équilibre est désormais plus que fragile.


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