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Le gouvernement veut sensibiliser les jeunes à la fertilité sans répondre directement au coût de la parentalité.
Un message Ameli pour parler bébés aux Français de 29 ans
Présentée le 3 novembre par la ministre de la Santé Stéphanie Rist, cette campagne nationale s’adresse aux femmes et aux hommes de 20 à 35 ans, qu’ils souhaitent avoir des enfants ou non.
Pourquoi 29 ans précisément ? Parce que cet âge correspond au seuil légal permettant de conserver ses ovocytes ou ses spermatozoïdes sans justification médicale. La campagne nationale, elle, concerne plus largement les Français de 20 à 35 ans. Le courrier Ameli constitue donc une mesure particulière au sein d’un dispositif plus vaste.
Ce message, intitulé « Fertilité, santé sexuelle et reproductive : faites le point », rappelle notamment les possibilités de consultations médicales, d’accompagnement en cas d’infertilité et de conservation des ovocytes ou des spermatozoïdes.
Il ne s’agit donc pas d’une obligation de procréer. L’État propose une information médicale qui peut être utile, notamment aux personnes confrontées à des difficultés pour concevoir un enfant.
La première version du courrier avait d’ailleurs été critiquée par des associations et des professionnels de santé, qui la jugeaient trop intrusive ou infantilisante. Le ministère a revu sa copie avant l’envoi.
Macron veut des enfants, mais les Français peuvent-ils encore se les permettre ?
En janvier 2024, Emmanuel Macron annonçait son fameux « réarmement démographique ». Une expression militaire pour parler de bébés, fallait oser. À l’époque déjà, la chute de la natalité et les réponses proposées par le gouvernement faisaient l’objet de critiques.
Informer sur l’infertilité est nécessaire. Mais la difficulté à concevoir un enfant et la décision de reporter une naissance pour des raisons financières sont deux problèmes différents.
À 29 ans, certains cherchent encore un logement suffisamment grand, un emploi stable ou simplement de quoi terminer le mois. Le Média en 4-4-2 avait notamment rapporté qu’un étudiant sur deux avait déjà sauté un repas faute d’argent, selon une enquête publiée en 2023.
L’inscription de l’IVG dans le marbre de la Constitution n’y est pour rien. Sa restriction en Pologne n’a d’ailleurs en rien freiné la chute des naissances.
Le gouvernement peut expliquer comment conserver des ovocytes. Il lui sera plus compliqué de faire entrer un berceau dans un studio de 20 mètres carrés.
Des campagnes de communication avant les mesures concrètes
Le plan contre l’infertilité présenté en février 2026 prévoit plusieurs dispositifs. Selon les informations communiquées le 3 novembre, 70 centres sont désormais autorisés à pratiquer l’autoconservation ovocytaire. Un progrès pour les personnes concernées, même si les délais d’attente restent importants.
Le gouvernement promet une nouvelle étape début 2027, avec des mesures destinées à améliorer les parcours de soins. La sensibilisation commence donc maintenant, tandis qu’une partie des réponses médicales reste à concrétiser.
Quant aux difficultés quotidiennes des futurs parents, elles ne disparaîtront pas avec un courrier Ameli. Le logement, les revenus et les solutions de garde restent des éléments essentiels pour les couples qui souhaitent fonder une famille.
Sur ce dernier point, l’affaire des crèches privées et le non-lieu obtenu par Aurore Bergé ont déjà rappelé combien l’accueil des jeunes enfants pouvait devenir un sujet politique explosif.
La Macronie a donc prévu de parler fertilité aux Français de 29 ans. Pour les aider à payer le loyer d’une chambre supplémentaire, aucun message Ameli n’est annoncé.


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