Le fils du fondateur du groupe du groupe Bouygues et quatre autres personnes sont soupçonnés de braconnage d'espèces d'oiseaux protégées dans un domaine de Sologne qui appartient au miliardaire. 

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 17:03 - Temps de lecture :

Olivier Bouygues est le fils du fondateur du groupe Bouygues, présent dans plusieurs secteurs, et en a été le directeur général délégué jusqu'en 2020. Photo d'illustration Sipa/Adil Benayache Olivier Bouygues est le fils du fondateur du groupe Bouygues, présent dans plusieurs secteurs, et en a été le directeur général délégué jusqu'en 2020. Photo d'illustration Sipa/Adil Benayache

Le procès de cinq personnes dont le milliardaire Olivier Bouygues, prévu jeudi devant le tribunal correctionnel d'Orléans pour des faits de destruction d'espèces d'oiseaux protégées dans un domaine de chasse en Sologne, a été renvoyé au mois de septembre, a annoncé le parquet. Ce renvoi a été fixé sur deux jours, les 7 et 8 septembre 2026. Il a notamment été motivé par le nombre de prévenus, mais aussi par les quatorze constitutions de parties civiles, principalement des associations de protection de l'environnement, selon le parquet.

Début juillet 2025, à la suite d'une perquisition effectuée quelques semaines plus tôt, quatre de ces personnes avaient été placées en garde à vue et une cinquième entendue en audition libre. Parmi les personnes placées en garde à vue figurait Olivier Bouygues, 75 ans, propriétaire du domaine de chasse de 600 hectares situé à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret) et fils du fondateur du groupe de BTP, de télécoms et de médias Francis Bouygues, avait confirmé le parquet. L’entourage de M. Bouygues, qui avait décliné tout commentaire en juillet 2025, n'a pu être joint par l'AFP.

Charnier d'oiseaux protégés et matériel prohibé

Au cœur des investigations, des pratiques « en cours depuis de nombreuses années sur le domaine de chasse », selon le parquet d'Orléans et l'Office Français de la biodiversité (OFB). Sur place, les enquêteurs ont découvert un charnier de carcasses d'oiseaux protégés (faucon crécerelle, grande aigrette, busard, buse variable, grand cormoran notamment). Du matériel prohibé a aussi été retrouvé, comme des armes ou des pièges à mâchoires, ainsi que des documents listant les espèces à éliminer et retraçant les destructions déjà réalisées. Une pelleteuse utilisée pour l'enfouissement des cadavres d'animaux a aussi été saisie.

Les faits ont été « niés en tout ou pour partie », a rappelé la procureure de la République d'Orléans Emmanuelle Bochenek-Puren, estimant que cette affaire « marque une évolution d'une approche judiciaire nouvelle » dans ce type de dossiers. Ce procès « doit servir d'exemple », a estimé le président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, fustigeant « un réseau qui vise le profit » et « des comportements extrêmement graves qui nuisent à la biodiversité ». Les cinq prévenus seront notamment jugés pour « atteinte illicite en bande organisée à la conservation d’une espèce animale protégée ou à son habitat ».

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