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Loire-Atlantique : les pompiers sommés de se raser, seule une «moustache bien taillée» reste autorisée

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Le service d’incendie et de secours du département a publié début mars une note sur le sujet. Cette nouvelle consigne, motivée par des raisons de sécurité, se base sur un cadre réglementaire déjà existant et de nouvelles études scientifiques.

Une «moustache  bien taillée», c’est oui. Une barbe, un bouc, un collier ou des rouflaquettes pouvant «nuire à l’étanchéité du masque», c’est non. Les pompiers de Loire-Atlantique sont soumis à une nouvelle règle depuis début mars. Dans une note de huit pages consultée par Le Figaro, le directeur départemental du SDIS 44 demande aux soldats du feu de faire attention à leur rasage. Si cette instruction ne réclame pas de se raser intégralement, un schéma de 36 visages détaille précisément les pilosités admises ou non. Et la majorité d’entre elles sont proscrites.

Cette consigne s’inscrit dans un contexte sécuritaire, visant à prévenir des risques liés à la toxicité des fumées d’incendie ou à l’amiante. En cas d’intervention, les pompiers sont susceptibles de porter un masque pour protéger leurs voies respiratoires. Or, le Code du Travail, dans un arrêté de 2015, indique déjà que «pour des raisons d’hygiène et de sécurité [...], le rasage est impératif pour la prise de service». Et «dans le cas particulier du port de la barbe ou de la moustache, celles-ci doivent être bien taillées et permettre une efficacité optimale du port des masques de protection».

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Risque d’intoxication

Si la note du SDIS 44 rappelle ce cadre réglementaire, elle évoque aussi de récentes études menées par l’Association française de normalisation (Afnor), présentées à Angers en mai 2025 lors de la première journée d’information scientifique portant sur les risques différés en santé des sapeurs-pompiers. «Ces travaux ont démontré l’impact de la pilosité faciale sur le facteur de protection des équipements de protection respiratoire», explique le service communication du SDIS 44, dans un communiqué transmis au Figaro. Une importante pilosité empêche une bonne étanchéité du masque avec la peau et n’est pas sans conséquences.

«La pénétration des particules à l’intérieur du masque est multipliée par 250 dans le cas le plus favorable et jusqu’à 1455 dans le cas le plus défavorable. Le risque d’intoxication pour un porteur barbu reste donc majeur», conclut l’Afnor. Néanmoins, pour l’heure, aucune sanction ne sera infligée en cas de non-respect de la consigne. Le SDIS dit vouloir «privilégier la pédagogie et compte sur le sens de la responsabilité des sapeurs-pompiers très sensibilisés aux questions de sécurité, afin d’éviter tout recours à des mesures plus coercitives.»

«Ils ont mis en avant la partie sécuritaire et santé au travail. C’est un argument de prime à bord qu’on ne peut pas nier, vers lequel il est compliqué de lutter», observe Thierry, l’un des administrateurs de l’union syndicale Sud SDIS 44. «Se raser la barbe est un des éléments qui pourrait permettre d’assurer une protection complète. Mais d’autres protocoles n’ont pas été mis en place. On est mitigé syndicalement dans l’accueil de cette instruction permanente», résume le membre d’un syndicat, qui a voté contre. Son organisation, majoritaire dans le département, aurait notamment souhaité que cette mesure s’accompagne d’une distribution de masques adaptés à la taille des visages des pompiers, ou encore d’un «vrai suivi médical». «La barbe, c’est une problématique dans la problématique», résume Thierry. Contactés, les autres syndicats n’ont pas répondu ou pas souhaité s’exprimer. Entre la préservation de la santé et la liberté individuelle, le sujet reste sensible.

Des pompiers sanctionnés dans la Loire

De son côté, le SDIS de Loire-Atlantique précise avoir adopté fin 2025 des mesures qui «concernent aussi bien le renforcement du suivi médical et la poursuite des actions de sensibilisation que l’acquisition de nouveaux équipements de protection et l’actualisation des consignes de sécurité à respecter au regard de l’évolution des connaissances scientifiques».

«D’autres SDIS en France ont pris une position radicale il y a quelques années», souligne le contrôleur général Stéphane Morin dans les colonnes de Ouest-France, concernant les nouvelles mesures de rasage. Dans la Loire, sept sapeurs-pompiers ont été exclus une journée en février 2024, après s’être présentés non rasés. Offusqués de cette sanction, ils ont fait appel à la Justice. Dans une décision rendue en mars 2026, le tribunal administratif de Lyon les a déboutés. «Le tribunal retient qu’ils ont, par ce refus, désobéi à un ordre donné par leur supérieur et ainsi manqué à leur devoir d’obéissance», a justifié dans un communiqué la juridiction lyonnaise.

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