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Ligue Conférence : la peau de chagrin de Strasbourg

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Les Alsaciens, éliminés en demi-finales par les solides Espagnols du Rayo Vallecano, ne compléteront pas le flamboyant printemps européen du football français.

Le Rayo Vallecano offrait un match pour nourrir les souvenirs et l’histoire de Strasbourg ou ouvrir la plaie de regrets probablement longs à soigner. Les Espagnols (11es de Liga), expérimentés sans être flamboyant, solides et entreprenants ont cueilli une équipe de Strasbourg qui a encaissé (1-0) une cinquième défaite consécutive en sept matchs (toutes compétitions confondues). Le Rayo Vallecano, compact, huilé, robuste vivra la première finale européenne de son histoire le 27 mai à Leipzig, contre les Anglais de Crystal Palace (qui ont éliminé les Ukrainiens du Chakhtior Donetsk). Avec le petit plaisir d’être le seul club de Madrid invité en finale européenne cette saison quand l’Atlético et le Real sèchent encore leurs larmes. Strasbourg, à bout de souffle, à court d’idées, a vu son dernier rêve se briser. Avec dernier supplice, un penalty raté (Augusto Batalla arrêtant la frappe de Julio Ecensio, 90 + 3e).

Dès le baisser du drapeau, les Espagnols pied au plancher jouent haut, provoquent et font passer des sueurs froides dans un stade en ébullition (tête du Brésilien Alemao 8e, le buteur du match aller, qui, de l’épaule, plus que de la tête, prend le meilleur sur deux défenseurs strasbourgeois et oblige le gardien Mike Penders à une parade spectaculaire, avant une frappe décochée du gauche de 20 m par Isi Palazon à la 25e ou une frappe soudaine de Unai Lopez à la 28e). Le jeu de Strasbourg manque de justesse, de vitesse, d’engagement, de confiance, de spontanéité, de rythme, de fraîcheur et d’inspiration. Le milieu de terrain prend l’eau. La crispation s’est répandue, a rapidement gagné toutes les lignes. Seul Diego Moreira, en attaque, s’emploie, multiplie les courses et les dribbles, se hisse à la hauteur du bruit fait par les supporters alsaciens mais les mouvements les plus dangereux, les occasions les plus franches sont signées par le Rayo Vallecano.

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Les minutes filent et accroissent l’embarras des Strasbourgeois, une nouvelle fois contraints d’évoluer sans leur avant-centre titulaire (après les blessures de Joaquin Panicelli et Emanuel Emegha). Aux Espagnols les occasions, aux Alsaciens les frissons de peur. Et sur un corner (comme à l’aller), la défense alsacienne étale sa fébrilité. Mike Penders, le gardien belge du Racing repousse une frappe du Français Florian Lejeune, avant de s’incliner (42e) sur une reprise à bout portant de Alemao récompensant l’emprise du Rayo Vallecano sur la première mi-temps (15 tirs à 1, dont 6 tirs cadrés à 1 ; 60% de possession). Et sur l’ensemble du match. Penders, un gardien de but symbole de l’impuissance alsacienne et de la domination espagnole. Comme si la fatigue d’une longue saison (50 matchs) était brutalement tombée sur les épaules d’un groupe strasbourgeois jeune, talentueux mais inexpérimenté, capable du meilleur et du pire.

Un goût amer

Après la déception, il restera les temps forts d’un long feuilleton avec une Ligue Conférence lancée en été avec les qualifications (Brondby, au Danemark en août), prolongée durant l’automne (Bratislava en Slovaquie, Jagiellonia Bialystok en Pologne, BK Häcken en Suède, Crystal Palace en Angleterre, Aberdeen en Écosse, Breidablik en Islande), avant la phase éliminatoire au printemps (Rijeka en Croatie, Mayence en Allemagne et le Rayo Vallecano en Espagne). Soit 14 matchs (8 victoires, 3 matchs nuls, 3 défaites). Il restera une soirée magique contre Mayence offrant de vivre une première demi-finale continentale de Strasbourg qui avait allumé l’espoir d’une grande finale européenne et la perspective d’une qualification pour la Ligue Europa, un sésame pour valider une saison d’exception. Ou laisser pendre un bilan comme peau de chagrin.

Il restera surtout le goût amer d’une saison amputée du dernier frisson (éliminations en demi-finale de la Coupe de France par Nice et en demi-finales de la Ligue Conférence par le Rayo Vallecano) après avoir mis tous les œufs dans le même panier. 3e de Ligue 1 (8e et 9e journées), 8e depuis de longues semaines, le club a fait le choix des coupes. Une défaite cruelle contre Nice en demi-finale de la Coupe de France a jeté une ombre, coupé l’élan né après le match retour renversant en quart de finale de Ligue Conférence contre Mayence (4-0 dans un stade en fusion). Mais l’espoir fou d’ajouter une ligne au palmarès du club alsacien (champion de France 1979, vainqueur de la Coupe de France 1951, 1966, 2001, et de la Coupe de la Ligue 1997, 2005, 2019) demeurait. Jusqu’à ce jeudi noir.

Aussi tentant, soit-il, le pari des coupes est forcément aléatoire. Il laisse un grand vide. La fin de saison va paraître insipide. Strasbourg se rendra à Angers, ce dimanche (33e journée de Ligue 1), avant de se déplacer à Brest (ce mercredi dans le cadre d’un match reporté), puis de disputer un match de prestige à la Meinau contre Monaco (34e journée de L1) le 17 mai.

À l’ombre du PSG flamboyant dans la défense de sa couronne en Ligue des Champions, Strasbourg a mis en lumière un club, un projet, une ville sans parvenir à mettre un terme aux dissensions attachées aux tentacules de la multipropriété qui continue de diviser et pousse toujours les Ultras au silence durant le premier quart d’heure de chaque rencontre. Une scission regrettée par un stade qui, lorsqu’il est à l’unisson dans une enceinte rénovée (31000 spectateurs ce jeudi) joue à merveille son rôle de douzième homme.

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La dernière fois que le football français a compté deux clubs en finale européenne reste 2004. Le Monaco de Didier Deschamps s’était incliné en Ligue des Champions contre le Porto de José Mourinho. Et, en Coupe de l’Uefa, l’OM de Didier Drogba et Fabien Barthez avait mordu la poussière contre le Valence conduit par Rafael Benitez.

La suite de l’aventure de Strasbourg est attendue avec impatience. Le casting sera, c’est devenu une habitude, retouché. Le club espère être en mesure de surprendre, de parvenir à révéler de nouveaux talents pour continuer à gravir les marches. En Ligue 1 et ailleurs…

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