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Les projets d’expansion de Tennis Canada, qui souhaite étendre ses installations au parc Jarry, ont des limites, assure la directrice de l’Omnium Banque Nationale de Montréal, Valérie Tétreault.
Le 23 juin dernier, Tennis Canada a indiqué vouloir moderniser ses installations afin de répondre aux exigences des circuits professionnels : plus de terrains, des gradins plus grands et un nouveau stade couvert de 15 000 places.
Citoyens et citoyennes ont monté aux barricades pour protéger leurs espaces verts, qu’ils craignent de perdre au profit de la fédération sportive. Un terrain de baseball adjacent, à l’ouest des terrains d'entraînement, servirait de site pour la construction du nouveau stade, pour lequel aucun budget officiel n’a encore été avancé.
Une manifestation est d’ailleurs prévue samedi prochain, en avant-midi, aux abords du parc.

La pluie complique parfois la planification des matchs lors de l'Omnium Banque Nationale.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
La consultation a déjà commencé ces derniers jours. Nous avons entamé des conversations avec différents groupes, mentionne Valérie Tétreault, qui était au Stade IGA, jeudi, pour dévoiler la liste des joueurs qui seront invités à la prochaine édition montréalaise du tournoi.
Pour bâtir un projet qui répond au mieux aux besoins de la communauté, il faut l'écouter, comprendre ses attentes et ses préoccupations. C'est là que nous voulons dessiner le projet ensemble.
Plusieurs autres tournois se sont engagés dans des bras de fer avec des citoyens ces dernières années.
C’est le cas de Wimbledon, qui souhaite tripler sa superficie, au grand dam de riverains. Et à Roland-Garros, le projet de construction d’un nouveau stade de 5000 places avait été contesté en cour. Après cinq ans de litige, la justice avait donné le feu vert à la fédération française de tennis.

Moment de détente au parc Jarry à Montréal
Photo : Radio-Canada / Martin Thibault
À Montréal, l’organisation se prépare à vivre une autre année record et attend quelque 300 000 spectateurs, ce qui dépasserait le sommet de 287 000 atteint l’an dernier. Mais l'appât du gain ne poussera pas l’organisation vers un vaste exercice de déforestation, promet Valérie Tétreault.
Les acres supplémentaires prévus dans la proposition actuelle devraient assurer la pérennité du tournoi pour les décennies à venir, insiste l’ancienne joueuse.
Une principale préoccupation entendue, c’est que Tennis Canada gagne continuellement de l’expansion, et que ce n'est qu’une première étape menant à d’autres. Notre but est de concevoir un projet qui répond aux besoins sur un horizon de 30 à 40 ans, plutôt que de viser le court terme et de devoir constamment revenir pour livrer de nouveaux projets.
Le site a déjà connu des phases d’expansion ces dernières années, d'abord en 2004, puis en 2011, pour l’ajout de courts intérieurs et extérieurs. Des terrains existants ont aussi été réaménagés au goût du jour en 2019.
Tennis Canada profiterait également de la disparition d’une piscine adjacente au Stade IGA, qui serait déplacée plus loin. Un projet qui émane toutefois de la Ville de Montréal, dit Valérie Tétreault.
Concernant la piscine, je tiens à préciser que cela n'a jamais fait partie de notre étude de faisabilité. L'an dernier, la Ville a annoncé, dans le cadre de son nouveau plan directeur pour le parc Jarry, qu’elle allait construire un nouveau pôle aquatique ailleurs dans le parc, vers la rue Jarry, et éventuellement démolir la piscine actuelle. C'est une décision de la Ville. De notre côté, la piscine ne fait pas partie de notre étude de faisabilité.
La manifestation citoyenne prévue samedi a pour but d’inciter les élus à prendre position.
Je n’ai pas l’autorité de céder ou non un pouce [à Tennis Canada], avait répondu Jean François Lalonde, maire d’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, mardi, lors d’une période de questions.
Ces décisions relèvent des services centraux. Nous allons toutefois défendre les résidents de Parc-Extension, Villeray et Saint-Michel, a ajouté le membre de Projet Montréal, rappelant qu’un éventuel projet passerait d’abord nécessairement par l’Office de consultation publique de Montréal avant de voir le jour.
Radio-Canada a demandé une réaction officielle à Projet Montréal.


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