NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
La rencontre de vendredi entre Mark Carney et Xi Jinping pourrait bien sonner le glas du tarif douanier prohibitif de 100 % sur les véhicules électriques (VE) chinois qui entrent au Canada. L’industrie automobile de l’empire du Milieu, en pleine conquête du monde, déboulerait alors chez nous. Explications.
Des exportations records
En 2025, les VE ont représenté plus du quart des véhicules neufs vendus dans le monde. La moitié des ventes mondiales se sont concentrées en Chine, où 16 millions de VE ont été fabriqués. Le pays de Xi Jinping a par ailleurs exporté 2,6 millions d’unités — deux fois plus que l’année précédente. Depuis juillet 2023, ce sont les pays émergents qui soutiennent la croissance des exportations chinoises. Le Mexique, par exemple, a importé 100 000 VE chinois en 2025, soit deux fois plus qu’en 2024. Ce pays figure, aux côtés du Brésil, de l’Indonésie et des Émirats arabes unis, parmi les dix plus grands marchés d’exportation des VE chinois. En Chine, la compétition est féroce. Les fabricants sont prêts à tout pour se tailler une part de la clientèle. Les prix sont bas, mais les profits aussi, ce qui inquiète les autorités. Dans l’espoir de calmer le jeu, Pékin réduira de moitié le crédit d’impôt accordé à l’achat d’un VE cette année. Ainsi, les constructeurs sont à la recherche de nouveaux clients à l’extérieur du pays. Ailleurs dans le monde, des experts s’inquiètent des risques de sécurité que peut représenter la multiplication des VE chinois hyperconnectés. Un quotidien britannique a rapporté l’an dernier que les chefs militaires avaient reçu l’ordre de ne pas discuter d’affaires officielles lorsqu’ils voyageaient dans un véhicule électrique.
De petits prix, en Chine et ailleurs
L’an dernier, un nouveau modèle du constructeur automobile chinois BYD est arrivé en Europe. La Dolphin Surf, vendue à partir de 23 000 euros (37 000 $), est devenue l’un des modèles de VE les plus abordables sur le continent. D’autres modèles, issus de partenariats avec des constructeurs chinois, sont encore moins chers : la Dacia Spring et la Leapmotor T03 sont toutes deux affichées à moins de 20 000 euros (32 000 $). Le prix de ces petits véhicules est moins élevé que celui des VE en vente en Amérique du Nord. Mais, en Chine, les petites automobiles électriques sont encore moins chères : les deux modèles les plus achetés, fabriqués par Geely et BYD, sont accessibles à moins de 14 000 $. Pour expliquer les prix qui prévalent en Europe, il faut dire que l’Union européenne impose depuis octobre 2024 des tarifs douaniers allant jusqu’à 35 % sur les VE chinois. L’objectif : contrecarrer l’effet des subventions étatiques dont bénéficient les constructeurs chinois. Cette semaine, on a toutefois appris que les deux parties s’étaient entendues sur des étapes en vue de retirer les tarifs. Ailleurs dans le monde, les VE chinois se révèlent très abordables. En 2024, en Indonésie, en Thaïlande et au Mexique, les VE les moins chers étaient à parité avec les véhicules à essence les moins chers.
Le géant BYD ouvre des usines partout
L’entreprise chinoise BYD, qui a surpassé Tesla en 2024 pour devenir le plus grand vendeur de VE dans le monde, ouvre des usines un peu partout sur la planète : Brésil, Turquie, Hongrie, Thaïlande, Cambodge, Inde, Indonésie, Ouzbékistan. Et parfois dans la controverse : au Brésil, en 2025, des procureurs ont accusé BYD et certains de ses sous-traitants d’être responsables de conditions « analogues à l’esclavage » sur le chantier de construction d’une usine. En amont de la visite de M. Carney en Chine, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a lancé l’idée que le pays retire les droits de douane de 100 % si un constructeur chinois ouvrait une usine de VE dans sa province. Un scénario semblable s’est joué en Indonésie en 2023. Jakarta a réduit ses tarifs sur les importations des manufacturiers chinois qui s’engageaient à s’installer au pays d’ici 2026. En mai dernier, au moins sept entreprises avaient promis d’ouvrir une usine en Indonésie, de même que le fabricant de batteries chinois CATL.
Une adoption rapide dans les pays émergents
Les pays émergents, où les VE chinois déferlent en masse, voient la fraction des ventes d’automobiles électriques augmenter très rapidement. Au Vietnam, par exemple, la part des VE parmi les véhicules neufs a doublé en 2025 par rapport à l’année d’avant, atteignant 40 %, c’est-à-dire plus que dans l’Union européenne et qu’au Royaume-Uni. En Indonésie, les VE ont représenté 15 % des ventes l’an dernier : plus qu’aux États-Unis. En Uruguay, la fraction a atteint 27 %. Et au Népal, elle s’est élevée à 76 % ! Il faut cependant souligner que très peu d’automobiles, tous types confondus, sont vendues dans ce pays. Plusieurs pays émergents voient les VE comme une manière de réduire leurs importations de pétrole, et donc leur dépendance envers les pétro-États. Il s’agit aussi d’une solution pour améliorer la qualité de l’air. À l’échelle planétaire, des bénéfices climatiques sont aussi à la clé. Même si la fabrication d’un VE entraîne l’émission de plusieurs tonnes de CO2, son cycle de vie entier (moyennant une alimentation par de l’électricité propre) est cinq fois moins émetteur que celui d’un véhicule à essence, selon une étude européenne de 2025. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat considère que les VE sont un élément « crucial » de la décarbonation des transports, à l’instar d’un accès amélioré aux transports collectifs et actifs.
Ensemble, soutenons la réflexion
Média rigoureux et lucide, Le Devoir ne se contente pas de relater les faits.
Nos journalistes vous offrent les clés pour mieux comprendre l'actualité
d'ici et d'ailleurs. En soutenant notre mission, vous assurez la pérennité
d'un journalisme indépendant, exigeant et engagé.


5 month_ago
22



























.jpg)






French (CA)