Selon une récente étude, les spermatozoïdes seraient plus rapides durant le printemps que pendant l’hiver. Pour les auteurs, ces résultats pourraient à l’avenir se montrer déterminants chez les couples désirant avoir un enfant mais également, au sein des cliniques de fertilité. Toutefois, davantage de travaux seront nécessaires afin de confirmer pleinement ces observations.
Plus de « spermatozoïdes rapides » pendant les mois les plus chauds
Pour rappel, il est communément admis que les spermatozoïdes se déplacent à une vitesse moyenne de 1 à 5 millimètres par minute (mm/min), parfois jusqu’à 6 mm/min. Ainsi, les gamètes mâles – dont la taille est d’environ 0,06 mm – parcourent les 15 cm qui les séparent de l’ovule dans un laps de temps se situant entre 45 minutes et plusieurs heures. Et si les spermatozoïdes affichaient une vitesse différente selon les saisons ? Cette question a justement fait l’objet d’une étude publiée dans la revue Reproductive Biology and Endocrinology le 21 février 2026.
Pilotés par le Département de biologie de l’Université Queen’s à Kingston (Canada), ces travaux ont inclus pas moins de 15 000 échantillons de sperme provenant de donneurs vivant au Danemark et en Floride (Etats-Unis). Les chercheurs disent avoir mis en exergue l’évidence des variations saisonnières nettes de la qualité du sperme, après avoir évalué le nombre de spermatozoïdes à mobilité progressive mais également, le nombre de ceux étant les plus rapides et ayant le plus de chances de féconder l’ovule. Selon les résultats, la concentration des spermatozoïdes les plus rapides était plus forte au printemps, avec un pic au début de l’été. A l’inverse, son niveau le plus bas revenait au milieu de l’hiver. Cependant, il est important de souligner que ces résultats ne signifient pas que les les hommes seraient fertiles seulement au printemps et durant l’été et infertiles en hiver.
« La concentration de spermatozoïdes à mobilité rapide était la plus élevée durant les mois les plus chauds (juin-juillet) et la plus faible durant les mois les plus froids (décembre-janvier) dans les deux pays, malgré les différences climatiques et démographiques. », peut-on lire dans l’étude.
Source: DRUne étude plus pertinente que celles déjà existantes
Sans grande surprise, le cœur de la question se situe dans la spermatogenèse, c’est à dire le processus biologique continu de fabrication des spermatozoïdes. Les chercheurs ont rappelé que ce processus était déjà connu pour être thermosensible mais les études antérieures portant sur les variations saisonnières de la qualité du sperme ont donné des résultats contradictoires. Plusieurs raisons l’expliquent, notamment des différences de taille des échantillons ou les climats locaux. Ainsi, la plupart des études avaient rapporté une mobilité spermatique maximale pendant les mois les plus froids.
La nouvelle étude a permis de comparer directement la qualité du sperme pour deux régions distinctes aux climats opposés et ce, afin de repérer d’éventuelles tendances en lien avec les températures ambiantes. Les chercheurs ont rapporté que le nombre total de spermatozoïdes et le volume de sperme ne variait pas selon les saisons. En revanche, seule la concentration des gamètes plus rapides variait, avec une hausse durant le printemps et au début de l’été.
Enfin, il est nécessaire de rappeler que l’étude est de type observationnel. Ainsi, cette dernière met en évidence une tendance sans pouvoir expliquer précisément pourquoi elle se produit. Davantage de travaux seront nécessaires pour confirmer ces observations et expliquer les tenants et les aboutissants de ce phénomène. A terme, il se pourrait que les couples désirant procréer prennent note de ces recherches, tout comme les cliniques de fertilité lorsque celles-ci interprètent les tests.


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