L’été touche à sa fin et, avec lui, ces longues journées passées en terrasse, à la plage ou au jardin. Après des semaines à bronzer, beaucoup imaginent avoir rechargé leurs batteries de vitamine D pour l’année. Pourtant, votre médecin pourrait bien vous annoncer une carence lors de votre prochain bilan sanguin, réalisé en cette rentrée de septembre. Comment expliquer ce paradoxe qui déroute tant de vacanciers convaincus d’avoir fait le plein de soleil ? La réponse tient en quelques mécanismes biologiques souvent mal compris, et qui méritent qu’on s’y attarde avant l’arrivée de l’automne.
À retenir
- Le bronzage réduit la synthèse de vitamine D car la mélanine filtre les rayons UVB nécessaires à sa production.
- La crème solaire et les courtes expositions limitent fortement la fabrication de vitamine D, et ses réserves se dégradent progressivement après l’été.
- Une alimentation riche en poissons gras et œufs, associée si besoin à une supplémentation encadrée par un professionnel de santé, permet de maintenir un taux suffisant.
Le grand malentendu du bronzage et de la vitamine D
Il existe une croyance très répandue selon laquelle bronzer équivaut à faire le plein de vitamine D. Cette idée n’est pas totalement fausse, mais largement incomplète. Le bronzage est avant tout une réaction de défense de la peau face aux rayons ultraviolets et ne garantit donc pas, à lui seul, de bonnes réserves de vitamine D. La mélanine, responsable de la pigmentation de la peau, absorbe en effet une partie des UV, notamment les UVB dont la peau a besoin pour fabriquer de la vitamine D. Une peau plus pigmentée peut ainsi nécessiter une exposition plus importante pour produire la même quantité de vitamine D.
Voilà pourquoi avoir beaucoup bronzé pendant les vacances ne permet pas de conclure que l’on a « fait le plein » : l’exposition au soleil n’est qu’un des nombreux facteurs qui déterminent notre taux de vitamine D.
Pourquoi votre peau ne fabrique pas autant de vitamine D que vous le croyez
Pour comprendre ce phénomène, il faut se pencher sur les conditions réelles d’exposition au soleil. La synthèse de vitamine D nécessite une exposition directe et prolongée d’une grande partie du corps, sans crème solaire, ce qui est en réalité assez rare pendant les vacances. La plupart des vacanciers appliquent une protection solaire, et à juste titre, pour éviter les coups de soleil et limiter les risques liés aux UV. Or, cette protection bloque justement une bonne partie des rayons responsables de la production de vitamine D. De plus, beaucoup de personnes ne s’exposent que quelques minutes par jour, souvent en fin d’après-midi, quand l’intensité du rayonnement est plus faible. Résultat : s’exposer sans crème sur tout le corps pendant un long moment serait nécessaire pour espérer synthétiser une quantité significative de vitamine D, mais cette pratique est évidemment dangereuse pour la peau et augmente les risques de cancers cutanés.
Voilà le cœur du malentendu : le soleil est une source de vitamine D en théorie, mais dans les faits, les conditions pour en profiter pleinement sont rarement réunies, et heureusement, car elles seraient risquées. Ajoutons à cela que la vitamine D synthétisée par la peau se dégrade progressivement dans les semaines qui suivent l’exposition. Ainsi, même un bel été ensoleillé ne garantit pas des réserves suffisantes pour tenir jusqu’à l’hiver.
Les vraies solutions pour combler durablement vos réserves
Face à ce constat, il devient essentiel de ne pas se reposer uniquement sur le soleil pour maintenir un bon taux de vitamine D. L’alimentation joue ici un rôle complémentaire important. Les poissons gras comme le saumon, le maquereau ou les sardines en sont de bonnes sources, tout comme les œufs, le foie et certains produits laitiers enrichis. Cependant, ces apports restent souvent insuffisants pour couvrir les besoins quotidiens, en particulier dans les périodes de moindre ensoleillement comme l’automne et l’hiver.
C’est pourquoi une supplémentation, sur les conseils d’un professionnel de santé, est parfois recommandée pour certaines populations, notamment les personnes âgées, les femmes enceintes ou celles qui s’exposent peu au soleil. Un dosage sanguin permet de savoir précisément où l’on en est et d’ajuster ses habitudes en conséquence. Il est également conseillé de privilégier de courtes expositions solaires, quelques minutes par jour sur les avant-bras et le visage, plutôt que de longues séances de bronzage qui exposent inutilement la peau aux risques des UV. Enfin, adopter une activité physique régulière en extérieur, même modérée, peut contribuer à optimiser cette synthèse naturelle sans pour autant multiplier les dangers liés à une exposition excessive.
En définitive, le lien entre soleil d’été et vitamine D est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Bronzer ne signifie pas systématiquement faire le plein de cette vitamine essentielle, et les résultats d’une prise de sang à la rentrée peuvent surprendre plus d’un vacancier. Entre protection solaire nécessaire, exposition limitée et dégradation progressive des réserves, mieux vaut adopter une approche globale associant alimentation équilibrée, exposition raisonnée et suivi médical si besoin. Alors, à l’approche de l’automne, ne serait-il pas temps de faire le point avec votre médecin sur vos propres réserves de vitamine D ?


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