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Ancien journaliste du « Point », Charles Sapin a rejoint l’hebdomadaire en août en tant que directeur adjoint de la rédaction. Il a animé à la fin de l’été sa première chronique sur France Inter.
Par Jade Toussay avec AFP

FREDERIC MOREAU / Hans Lucas via AFP
Les salariés de Radio France refusent l’arrivée de Charles Sapin de « Valeurs actuelles »
Il y a valeurs et Valeurs. Les personnels de Radio France réunis ce mercredi 2 septembre en assemblée générale ont exigé de leur direction le retrait de la chronique hebdomadaire attribuée sur France Inter au journaliste Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction du magazine Valeurs actuelles, et ont voté le principe d’une grève, ont rapporté des participants.
Dans une motion adoptée à l’unanimité, les personnels disent leur « refus catégorique » de voir Charles Sapin à l’antenne, lui qui travaille pour un magazine portant des valeurs non « compatibles » avec celles du groupe public. L’intersyndicale de Radio France doit « déposer un préavis de grève dans les meilleurs délais », ajoute le texte dont l’AFP a eu connaissance, le mouvement devant prendre effet en cas d’absence de retrait de la chronique de Charles Sapin.
Ancien journaliste du Point, Charles Sapin a rejoint au cours de l’été l’hebdomadaire ultraconservateur, proche des cadres de l’extrême droite et condamné à plusieurs reprises en justice, notamment en 2021 quand il avait dépeint en esclave l’élue Insoumise et afrodescendante Danièle Obono. Il a été racheté en 2025 par un trio d’investisseurs où figure le milliardaire Pierre-Édouard Stérin, qui n’hésite pas à se décrire comme « plus à droite que l’extrême droite sur l’immigration » et assume de vouloir peser dans la prochaine présidentielle en diffusant ses idées conservatrices.
Radio France met en avant le « pluralisme », les salariés répondent « ligne rouge »
L’arrivée de Charles Sapin se fait dans un contexte particulier au sein du service public, accusé par l’extrême droite de partialité en faveur de la gauche. Après la commission d’enquête très controversée dirigée par l’élu UDR (allié du RN) Charles Alloncle, la nouvelle directrice de France Inter Céline Pigalle a insisté sur l’enjeu de « pluralisme », qui est « une mission du service public, d’autant plus importante en année présidentielle », fait-elle valoir.
Plusieurs éditorialistes politiques et économiques sont attendus pour renouveler les grilles de France Inter : Anne Rosencher (L’Express) et Christian Chavagneux (Alternatives économiques) le vendredi, Camille Vigogne Le Coat (Nouvel Obs) et Béatrice Mathieu (L’Express) le samedi, et donc Charles Sapin et Leila Abboud (Financial Times) le dimanche. Charles Sapin a assuré le 30 août sa première chronique, consacrée au « mur » de la dette qui mettra le nouveau président en 2027, quel qu’il soit, « sous tutelle ».
Mais pour la société des journalistes (SDJ) de France Inter, « confier une mission d’éditorialisation sur notre antenne au représentant d’un média condamné notamment pour injures racistes est une ligne rouge ». « Le pluralisme ne peut servir de prétexte à la légitimation de toutes les paroles », proclame la motion votée ce 2 septembre qui s’adresse à la présidente de Radio France Sibyle Veil et à la patronne d’Inter Céline Pigalle.


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