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L'époque où un voisin malveillant menaçait de venir mesurer la longueur de votre gazon pour faire une plainte à l'administration municipale sera bientôt révolue à Rimouski.
Un règlement sur les îlots de biodiversité devrait être adopté d'ici l'été pour permettre de laisser pousser l'herbe au delà des 20 centimètres réglementaires.
Même si, dans les faits, la Ville affichait une certaine tolérance, une petite fleur haute de 21 centimètres contrevenait à la réglementation municipale et le verdict de la bruyante tondeuse s'avérait le remède obligatoire, sous peine de représailles.
D'ici quelques semaines, en principe, les citoyens pourront donc demander un permis afin d'obtenir le droit de ne pas vivre dans un environnement s'apparentant à un terrain de golf.
L'objectif de la Ville est d'accroître la biodiversité urbaine et de favoriser la présence d'insectes pollinisateurs.

Les élus souhaitent favoriser la biodiversité sur le territoire de la Ville, et diminuer les îlots de chaleur. (Photo d'archives)
Photo : The Associated Press / Robert F. Bukaty
Mais l'obtention d'un permis, gratuit et valide pendant trois ans, ne cautionnera pas la négligence, tiennent à rappeler les autorités municipales. Ce sera quand même structuré, insiste le maire, Guy Caron.
Un îlot de biodiversité devra respecter certaines règles bien définies.
Ainsi, à deux mètres d'un bâtiment et à un mètre du voisin, l'herbe devra être coupée ou cesser de croître par elle-même après avoir atteint 20 centimètres.
Pour des raisons de sécurité, la tondeuse ou un autre appareil du genre devra sortir du cabanon pour taillader les herbes illicites localisées dans un rayon de trois mètres de tout appareil à combustion.
Le contrevenant pourra regretter rapidement sa nonchalance, car une amende minimale de 200 $ est prévue. Celle-ci doublera à la seconde offense et triplera la fois suivante. De plus, le règlement précise que l'amende peut être imposée pour chaque jour durant lequel perdure cette infraction. On ne précise pas un nombre de jours maximum.
À l'image des cultivateurs d'antan faisant les foins, le titulaire du permis d'îlot de biodiversité devra tout de même faucher son terrain minimalement une fois par année, entre le 1er septembre et le 31 octobre. De plus, la présence de toute plante jugée envahissante sera considérée comme contraire au règlement sur la salubrité.

Baraque à foin avec camion chez Azade Arsenault à Portage-du-Cap, 1954. (Photo d'archives)
Photo : Archives nationales à Québec (BAnQ) / Omer Beaudoin
Pour l'instant, le nombre de permis ne sera pas restreint.
On ne s'attend pas à ce qu'il y ait un nombre démesuré de demandes, mais si on est submergés de demandes, on pourra revoir, mais on s'attend à ce que ce soit gérable, a précisé le maire.


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