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Les régions exigent leur «juste part» des dollars en transport en commun

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La première ministre Christine Fréchette a l’occasion de « réparer les pots cassés » avec les régions en leur distribuant leur « juste part » des 6,2 milliards reçus d’Ottawa pour le transport en commun, estime la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

C’est en substance ce qu’a confié au Devoir Jacques Demers, président de cette instance regroupant 1050 municipalités et municipalités régionales de comté (MRC).

En obtenant d’Ottawa des sommes supplémentaires à celles déjà engagées dans le Programme québécois des infrastructures, Québec pourrait aider les régions qui peinent depuis des années à maintenir l’offre actuelle de services, estime la FQM. C’est notamment le cas pour le transport adapté, qui est, rappelle M. Demers, une obligation légale. « Tout ce qu’on veut, c’est notre juste part », affirme-t-il.

« J’ai l’impression qu’on va se retrouver dans un contexte de campagne électorale où on va annoncer des bouts de tramway, des bouts de métro […] et que les maigres demandes des régions telles que la nôtre n’auront pas de réponse positive », estime pour sa part Bruno Paradis, président de la Table régionale des élus du Bas-Saint-Laurent. Il invite tout de même le gouvernement provincial à le « surprendre ».

Pour la FQM, les investissements massifs d’Ottawa restent une occasion de « réparer les pots cassés ».

Par pots cassés, on réfère notamment aux coupes de 200 millions dans le Programme d’aide au développement du transport collectif (PADTC), en janvier dernier, qui ont fait très mal à de nombreuses régions, selon MM. Demers et Paradis. De nombreuses municipalités s’étaient alors retrouvées dans une position délicate : devoir financer elles-mêmes des services de transport en commun pour lesquelles elles avaient budgété une aide plus grande de Québec. Plusieurs ont expliqué au Devoir s’être ainsi vues obligées de réduire drastiquement leur offre de services.

Pour couronner le tout, des changements aux modalités du PADTC ont rendu plus difficile l’obtention de financement de Québec, juge M. Paradis, qui est aussi préfet de la MRC de La Mitis. « Non seulement la facture a pratiquement doublé, mais en plus il a fallu couper des services. Les gens en avaient moins pour plus cher », résume-t-il.

Scénario similaire dans la MRC de Memphrémagog, en Estrie, où Jacques Demers est préfet et maire de Sainte-Catherine-de-Hatley. « Notre MRC a l’air d’avoir enlevé le transport de façon importante. Pourtant, on a plus que doublé les sommes investies pour ce dossier au dernier budget », soutient-il.

« Entretenir ce que l’on a »

Difficile d’espérer obtenir sa part du gâteau dans des régions où on se sent « de façon générale laissé-pour-compte », soupire Serge Allard, maire de Val-d’Or, en Abitibi-Témiscamingue. « Il ne faut pas juste couper des gros rubans, il faut entretenir ce que l’on a et encourager les plus petits [projets] », plaide-t-il.

Sa municipalité souhaite se doter d’un système d’autobus qui « fait un circuit du centre-ville » — un projet qui coûtera minimum un million par année à la Ville, estime le maire Allard, ce qui représente « passablement d’argent », surtout sans soutien financier de Québec ou d’Ottawa. « Sans les moyens pour le faire, comment voulez-vous qu’on bâtisse des systèmes de transport collectif ? » se demande-t-il.

« Pour le gouvernement du Québec, on dirait que le transport collectif, ça ne se passe pas dans les régions. Pour eux, le transport collectif, c’est Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke », dénonce-t-il. « Donc, non, je ne m’attends pas à des miracles. »

Contacté par Le Devoir, le cabinet du ministre des Transports assure que les régions « seront prises en compte au même titre que les grands centres dans le processus de sélection » des projets qui bénéficieront de l’enveloppe fédérale.

Tout de même, l’annonce en tant que telle des 6,2 milliards reste bien reçue par les intervenants consultés. « On était vraiment contents qu’on trouve le passage de l’argent fédéral vers le provincial. J’espère qu’on va prendre en photo le chemin, parce qu’on devrait le prendre plus rapidement, beaucoup plus souvent », affirme Jacques Demers, de la FQM.

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