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Après un trajet de 52 jours à travers le Haut-Arctique canadien, des centaines de Rangers canadiens sont arrivés à Churchill vendredi soir. Ces troupes, ainsi que 1000 autres membres des Forces armées canadiennes, des soldats étrangers et des civils, viennent de conclure l'opération Nanook-Nunalivut 2026.
Ce périple épique, qui a débuté près de la frontière entre le Yukon et l’Alaska en février, s’est achevé vendredi à Churchill, dans le Manitoba, après plusieurs semaines passées par les membres de la Réserve des Forces armées canadiennes à affronter la neige épaisse, les montagnes et la banquise à bord de motoneiges.
C’était un spectacle incroyable de les voir traverser la rivière, a déclaré Patricia Kandiurin, une résidente de Churchill, parmi les nombreuses personnes qui s’étaient rassemblées pour assister à l’arrivée des Rangers dans leur ville vendredi après-midi.
Les voir remonter depuis la rivière et tout le monde leur faire signe, tous les Rangers saluant les gens venus les accueillir, c'était incroyable.
Cet accueil chaleureux était apprécié par les troupes, selon le lieutenant-colonel du 1er Groupe de patrouille des Rangers, Travis Hanes.
Après être partis si longtemps, c’est une telle joie de voir des gens qui s’intéressaient vraiment à ce que nous faisions. C’était très agréable, dit-il.

L'opération Nanook-Nunavilut 2026 est la plus longue patrouille arctique des Rangers canadiens.
Photo : 1er Groupe de patrouilles des Rangers canadiens/ Facebook
La patrouille longue distance a longé la rive sud du passage du Nord-Ouest et la rive ouest de la baie d'Hudson, traversant les trois territoires du pays avant de s'achever à Churchill.
Cette année, c'était la plus grande opération qu'ils aient jamais menée, a déclaré Travis Hanes, ajoutant que cette patrouille à longue portée comportait plusieurs volets, notamment une collaboration avec la Gendarmerie royale du Canada, les agents de conservation de Parcs Canada et les acteurs locaux du secteur.
Patricia Kandiurin, qui est née près de l’ancienne base militaire de Churchill, est habituée à voir les Rangers près de sa ville natale, mais elle n'a jamais vu autant de troupes.
J'ai perdu le compte du nombre de machines. Il devait y en avoir entre 30 et 40.
La traversée était majestueuse. C'était sublime, renchérit Travis Hanes
Il y avait des moments où nous étions complètement isolés, puis tout ce que l'on voyait à l'horizon, c'était quelques lumières, et c'était une communauté du Nord… Ils envoyaient des gardes forestiers à notre rencontre, et c'était tout simplement une joie de voir d'autres êtres humains.
L’adjudant-maître, Patrick Murphy, affirme que, malgré des blizzards et la succession de journées avec des températures de -50, la mission était un succès.
Ça a été un succès là tout au long. Malgré les conditions extrêmes, malgré les bris mécaniques, on avait un équipement, une équipe de support qui était vraiment extraordinaire.

L’adjudant-maître du 1er groupe de patrouilles des Rangers canadiens, Patrick Murphy, dit qu'il a ressenti un sentiment de fierté en traversant la rivière Churchill, marquant la fin de l'opération.
Photo : 1er Groupe de patrouilles des Rangers canadiens/ Facebook
« L'importance stratégique de Churchill ne peut être ignorée »
Ces exercices militaires annuels ont eu lieu alors que le Canada a augmenté ses dépenses en matière de défense et d'infrastructures dans le Nord, dans un contexte de relations tendues avec les États-Unis, sur lesquels le pays s'est traditionnellement appuyé pour assurer la sécurité de l'Arctique.
Mike Spence, maire de Churchill, a déclaré que la ville occupait une position unique pour soutenir les efforts du pays visant à protéger sa souveraineté dans l'Arctique.

Des membres de la Base des Forces canadiennes Winnipeg participent à un entraînement intensif le 21 janvier en vue de leur déploiement dans le cadre de l’opération NANOOK‑NUNALIVUT 2026.
Photo : Cplc Cass Moon, technicienne en imagerie des Forces armées canadiennes
Le Manitoba et le gouvernement fédéral ont alloué environ 263 millions de dollars à la modernisation du port de Churchill et du chemin de fer de la baie d’Hudson, qui relie la communauté au reste du Canada.
Le premier ministre Wab Kinew a vanté la valeur stratégique du port dans le cadre des efforts de la province pour obtenir des investissements en vue de son expansion, affirmant que cela contribuera à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des États-Unis.
On ne peut pas ignorer ce que Churchill a à offrir, a déclaré le maire, qui est également coprésident de l’Arctic Gateway Group, propriétaire du port et du chemin de fer.
Il y a ici une opportunité, vous savez, de soutenir la présence militaire… car elle soutient le Nord canadien.


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