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Le blocage du détroit d'Ormuz fait craindre des retards de livraison et une hausse des prix dans de multiples activités, en raison de produits plus difficiles à obtenir et du coût du pétrole. Parmi les secteurs les plus affectés dans le pays, on retrouve l'habitat, le bâtiment et les travaux publics.
Article rédigé par franceinfo - Karyn Nishimura
Radio France
Publié le 21/04/2026 17:28
Temps de lecture : 2min
Au Japon, plusieurs entreprises spécialisées dans le bâtiment sont en danger avec la fermeture du détroit d'Ormuz. (YUICHI YAMAZAKI / AFP)
Le blocage du détroit d'Ormuz a des des conséquences de plus en plus notables sur l'économie et le quotidien, partout dans le monde. Le secteur de la construction et du bâtiment n'est pas épargné, notamment au Japon. "Il ne fait aucun doute que les prix vont augmenter", explique le chef du rayon "rénovation de maisons et appartements" d'une enseigne spécialisée, dans le cœur de Tokyo. C'est maintenant qu'il faut commander, car plus tard, les prix vont bondir, prévient-il. "C'est certain parce que les fabricants n'ont plus assez de matériaux. Les commandes affluent tant qu'on a du stock."
Certains fournisseurs ont d'ailleurs déjà averti leurs clients. Le groupe Lixil, spécialisé dans la fabrication des toilettes et des équipements de salles de bains, subit des restrictions d'approvisionnement en hydrocarbures et des augmentations de prix qui obligent à revoir les procédés de fabrication. "On n'a pas de carburant pour faire tourner les machines en usine et les coûts flambent, regrette Tetsuya, conseiller immobilier et représentant de la marque. Cela affecte tout le secteur de la construction et de la rénovation, dont la fourniture de sanitaires." Et certains produits dérivés du pétrole pour fabriquer des revêtements plastiques commencent aussi à manquer.
Malgré le discours rassurant du gouvernement sur la disponibilité de réserves, Tetsuya est perplexe. "C'est difficile et on ne sait pas jusqu'à quand ça va durer, ça dépend de Donald Trump. Même si le détroit d'Ormuz rouvre, la situation ne sera pas rétablie de suite." Officiellement, le Japon disposait fin 2025 de huit mois de réserves de pétrole brut. Il en a déjà libéré l'équivalent de deux mois, mais la nature des produits est en partie différente de celle habituellement importée et ne permet pas de répondre à tous les besoins.
"On nous parle de déblocage de réserves ou de produits de remplacement, mais les membres de notre organisation nous disent que cela ne change rien. Au contraire, beaucoup nous rapportent une situation qui empire, explique Noritoshi Kato, président de l'Association des peintres en bâtiment qui n'ont plus assez de peintures. Pour les produits à base de pétrole comme les peintures ou les bâches en plastique, on constate des arrêts soudains de livraisons ou bien carrément des suspensions de prises de commandes. Même quand on peut en obtenir, c'est deux à trois fois plus cher." Il redoute des faillites dans un secteur constitué essentiellement de petites et moyennes entreprises.
Au Japon, les entreprises du bâtiment et de la construction subissent de plein fouet la fermeture du détroit d'Ormuz. Reportage de Karyn Nishimura


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