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Les Premières Nations de l’Île-du-Prince-Édouard arrivent à un accord historique

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À l’approche de la saison des feux de forêt et des inondations, une nouvelle entente jugée « attendue depuis longtemps » jette les bases d’une prise en charge par les Premières Nations de leurs propres interventions d’urgence, après des années de mise à l’écart et de sous-financement.

La Première Nation d’Abegweit a signé une entente multilatérale avec l’Île-du-Prince-Édouard et le gouvernement fédéral qui reconnaît la communauté autochtone comme un « partenaire égal et à part entière » dans la prestation des services de gestion des urgences, la prise de décision, la planification, la formation et la préparation.

« C’est la première fois que nous voyons une Première Nation s’asseoir à la table comme partenaire égale en matière de gestion des urgences », et cette avancée est « attendue depuis très longtemps », a déclaré la ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, dans une entrevue téléphonique avec Canada’s National Observer.

« Collaborer avec les gouvernements fédéral et provincial nous permet d’offrir des services d’urgence exemplaires, ancrés dans notre culture et gérés par notre propre communauté », a affirmé le chef de la Première Nation d’Abegweit, Roderick « Junior » Gould, dans un communiqué. « Ce partenariat représente un progrès concret sur la voie de notre autodétermination. »

Cette Première Nation de l’Île-du-Prince-Édouard compte environ 400 membres et, comme de nombreuses petites communautés, elle se heurte à de réelles limites de capacité : un nombre restreint d’employés, des ressources financières limitées pour planifier les mesures d’urgence et intervenir lorsqu’elles surviennent.

Mais, à certains égards, le caractère tissé serré de la communauté a été un atout en temps de crise, a expliqué à Canada’s National Observer Gordo Bernard, responsable de l’organisation de la gestion des urgences de la Première Nation d’Abegweit.

Tout le monde a grandi ensemble et se soucie des autres, dit-il. Ces liens ont permis à M. Bernard de constituer facilement une équipe d’intervention d’urgence, qui est passée à l’action lorsque les ouragans Dorian et Fiona ont frappé la communauté, respectivement en 2019 et en 2022. Ces catastrophes ont démontré, selon lui, la capacité de son équipe à assurer la sécurité des membres de la communauté.

« C’est un réseau intime. Une communauté de 400 personnes peut, je crois, déclencher et accélérer une intervention avec un degré d’efficacité dont nous ne mesurons même pas encore pleinement l’ampleur », a dit Mme Gull-Masty. « Il faut simplement leur faire de la place, leur donner les outils dont elles ont besoin et cesser de leur faire obstacle, parce qu’elles réussissent dans ces domaines. »

Mme Gull-Masty a notamment souligné que, dans certaines communautés, des membres parlent leur langue autochtone, ce qui empêche les gouvernements fédéral et provinciaux de leur transmettre efficacement de l’information importante.

« Les membres d’une communauté savent comment prendre soin des leurs. Parce qu’ils sont les premiers sur le terrain », a-t-elle dit.

Dans un rapport publié en 2025 sur l’amélioration de programmes essentiels destinés aux Premières Nations, la vérificatrice générale a conclu que le gouvernement fédéral avait réalisé des « progrès insatisfaisants » à l’égard de la moitié des 34 recommandations formulées depuis 2015, y compris celles touchant la gestion des urgences.

Plus de 560 urgences, notamment des feux de forêt et des inondations, ont touché des Premières Nations entre 2023 et 2025, entraînant environ 150 évacuations. L’audit a toutefois relevé que de nombreuses communautés ne disposent toujours pas d’ententes claires avec les provinces pour obtenir de l’aide en matière d’évacuation, de lutte contre les incendies, de protection contre les inondations et d’hébergement d’urgence, de façon à recevoir le même soutien que les autres résidants.

L’absence d’ententes multilatérales, comme celle qu’a signée la nation Abegweit cette semaine, figurait parmi les principales critiques formulées dans l’audit.

« Sur un pied d’égalité »

Lorsque l’équipe est pleinement mobilisée, de 30 à 40 bénévoles sont prêts à intervenir en cas d’urgence, a indiqué M. Bernard. À l’approche de la saison des feux de forêt, les intervenants d’urgence disposent d’équipement comme des purificateurs d’air et des génératrices de secours pour aider les membres de la communauté qui ont des problèmes de santé. M. Bernard dit aussi former son équipe afin qu’elle puisse prêter main-forte à d’autres communautés pendant la saison des feux de forêt.

Quand il a commencé à occuper ses fonctions, il y a six ans, M. Bernard se sentait « intimidé ». Au fil des ans, toutefois, sa confiance dans la capacité de son équipe à gérer les urgences a grandi, tout comme les liens entre la Première Nation d’Abegweit et les organismes provinciaux et fédéraux responsables des urgences.

« J’ai le sentiment que nous sommes plus que sur un pied d’égalité avec eux », a-t-il dit.

« Nous pouvons communiquer avec eux chaque fois que nous avons besoin d’eux, et […] ils se sont adressés à nous lorsqu’ils avaient des questions ou voulaient savoir quelque chose. »

Cette entente « ouvrira beaucoup plus de portes à toute notre équipe et à notre communauté » pour obtenir davantage de financement et de formation, « afin d’améliorer notre programme et de le rendre meilleur qu’il ne l’était hier », a-t-il ajouté.

Selon M. Bernard, l’entente a nécessité trois ans de travail, en grande partie parce que les trois parties devaient procéder à des vérifications juridiques, mais aucun point de désaccord n’a été soulevé, a-t-il précisé.

D’autres ententes multilatérales avec des Premières Nations et des provinces sont en préparation, avec des avancées notables en Colombie-Britannique, a indiqué Mme Gull-Masty, qui espère que d’autres premiers ministres provinciaux s’inspireront du modèle de l’Île-du-Prince-Édouard.

La ministre a aussi présenté l’entente comme une mesure permettant de réduire les coûts, puisque la collaboration solide favorise une meilleure planification et une meilleure préparation, et que la prévention coûte moins cher que la réaction.

« Il faut vraiment nous obliger à sortir des pratiques habituelles, et lorsque nous faisons une place aux Premières Nations à la table, nous trouvons les solutions les plus efficaces », a déclaré Mme Gull-Masty.

Avec la collaboration de Sonal Gupta


Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle après avoir d’abord été publié en anglais dans Canada’s National Observer.

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