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Les plantes réagissent au stress depuis toujours : elles changent de couleur, d'odeur, de forme. Une dimension restait pourtant inexplorée, celle du son. Des chercheurs de l'université de Tel-Aviv ont placé des microphones ultrasoniques près de plants de tomate et de tabac, sans les fixer aux végétaux, et ont capté pour la première fois les sons émis par des plantes stressées. Publiés dans la revue Cell, ces travaux menés par Lilach Hadany et Yossi Yovel révèlent un langage acoustique insoupçonné.
Trente-cinq clics par heure
Le protocole était simple : certaines plantes ont été privées d'eau pendant cinq jours, d'autres ont subi une coupure de tige. Les résultats ne laissent aucune ambiguïté, tant les sons des plantes stressées se distinguent nettement de ceux des plantes saines. Là où une plante non stressée émet moins d'un son par heure, une tomate assoiffée en produit environ 35.
Les plantes crient quand elles sont stressées !
Le monde végétal n'est vraiment pas aussi silencieux que l'on pensait. Chaque épisode de stress hydrique ressenti par les plantes se manifeste par l'émission de sons aériens ultrasonores qui révèlent leur état et que certaines espèces animales peuvent détecter. L'expérience menée sous serre par des chercheurs israéliens démontre que ces sons peuvent être de précieux indicateurs pour apporter une réponse pertinente dans le domaine de l'irrigation agricole.... Lire la suite
Ces bruits ressemblent à des craquements ou à des bulles qui éclatent. Situés entre 40 et 80 kilohertz, ils se trouvent bien au-delà du seuil de perception humaine, fixé à 16 kilohertz. Leur volume atteint pourtant 60 à 65 décibels, comparable à celui d'une conversation normale. À ces fréquences, chauves-souris et insectes les perçoivent parfaitement, ce qui laisse penser que d'autres organismes pourraient les capter naturellement.
Des scientifiques ont montré que des plantes émettent des sons ultrasoniques lorsqu'elles manquent d'eau ou que leurs tiges sont endommagées. Imperceptible pour l'humain, ce langage pourrait être capté par des insectes, certains mammifères, voire d'autres plantes. © Amenic181, iStock
Une machine capable de les décoder
Les chercheurs ont entraîné un algorithme d'apprentissage automatique sur ces enregistrements. L'outil distingue les plantes déshydratées des plantes blessées, et identifie même l'espèce végétale à partir des seuls sons. Les tests ont fonctionné jusque dans une serre bruyante, avec des travaux à proximité.
Le phénomène dépasse largement le laboratoire. Ces sons restent détectables jusqu'à cinq mètres de distance, et l'équipe a élargi ses essais à d'autres espèces : maïs, blé, vigne et cactus émettent eux aussi des sons sous l'effet du stress.
Un cri involontaire
Attention toutefois à l'interprétation. La cause exacte de ces émissions demeure incertaine, et les chercheurs avancent l'hypothèse de la cavitation, ce processus de formation et d'éclatement de bulles d'air dans le système vasculaire de la plante. Rien ne prouve à ce stade que les végétaux produisent ces sons intentionnellement.
Surprise : les plantes ont un « langage » à base d'ultrasons
On savait déjà que les plantes pouvaient voir, sentir ou entendre. Des chercheurs israéliens affirment aujourd’hui que les végétaux émettent des ultrasons dont ils se servent pour communiquer avec leur environnement. Une nouvelle faculté qui demeure encore bien mystérieuse.... Lire la suite
Cela n'enlève rien à leur portée écologique. Papillons de nuit, rongeurs ou insectes dotés de capacités auditives ultrasoniques pourraient capter ces clics et évaluer l'état d'une plante avant d'y pondre ou de s'en nourrir. D'autres végétaux pourraient même anticiper un stress hydrique imminent en détectant ces signaux.
Vers une agriculture à l'écoute
Les applications concrètes se dessinent déjà. Des capteurs acoustiques placés dans les champs permettraient de détecter la soif des cultures avant l'apparition du moindre symptôme visible.
C'est tout l'intérêt de cette fenêtre inédite sur la physiologie végétale : ce signal sonore devance tous les indicateurs visuels existants.


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