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Les plaidoiries ont été présentées vendredi au procès criminel de Kamaljit Arora, accusé d’avoir tué ses deux plus jeunes enfants dans sa résidence familiale de Laval en 2022. Deux thèses fort différentes ont été exposées au juge : la Couronne parle d’un meurtre planifié en détail, alors que la défense soutient que l’état mental de l’accusé était perturbé quand il a commis les gestes fatals.
La Couronne a ainsi demandé au jury de reconnaître M. Arora coupable des quatre chefs d’accusation auxquels il fait face — en plus de ceux pour meurtre, il est accusé d’avoir tenté de tuer sa fille aînée et d’étrangler son épouse. Lors du procès, l’homme de 49 ans a reconnu avoir causé la mort de ses enfants de 11 et 13 ans en les noyant.
Me Claudia Carbonneau a fait état au jury que l’accusé avait un plan bien ficelé qu’il a mis à exécution le 17 octobre 2022. Certes, dit-elle, il avait eu des troubles psychologiques dans le passé, mais « lorsqu’il a commis l’irréparable, nous vous soumettons qu’il savait ce qu’il faisait et les conséquences de ses gestes ».
Lors de son contre-interrogatoire, rappelle-t-elle, nous avons appris tout le ressentiment qu’il éprouvait à l’égard de son épouse, de sa famille à elle, et tout spécialement de son cousin Ravinder, qui exerçait selon lui trop d’influence sur sa femme. Devant les policiers, il n’a pas eu des mots tendres pour son épouse, disant qu’elle n’était « rien », une incapable qui ne savait même pas comment retirer de l’argent au guichet automatique ni occuper un emploi, a rappelé la procureure de la Couronne.
Kamaljit Arora n’a jamais envisagé le divorce — que son épouse réclamait depuis des années —, car les enfants n’auraient pas survécu avec une mère aussi incompétente, estimait-il. Et c’est aussi cela qu’il avait en tête lorsqu’il songeait au suicide, a lancé Me Carbonneau.
Le plan en action
L’accusé a quitté le travail plus tôt ce jour-là. Il a caché son téléphone sur son lieu d’emploi, car il savait que sa femme pouvait le géolocaliser. Il est allé chercher son fils à l’école, prétextant un rendez-vous. Il a noyé ses enfants et a pensé à enlever l’eau inondant le plancher avec des serviettes pour que sa femme n’ait pas de soupçons. Il a mis le corps de sa fille de l’autre côté du lit pour qu’il ne soit pas visible de la porte. Quand son épouse est rentrée, il a expliqué sa présence à la maison par la survenance d’un accident au travail et a menti à sa femme une autre fois, lui disant qu’il avait envoyé les petits dans leur chambre car ils se chicanaient.
« Est-ce que cela est le fait d’une personne désorganisée ou d’une personne fixée sur l’accomplissement d’un objectif ? » a alors demandé Me Carbonneau. Ses gestes n’ont pas été faits sur un coup de tête, a-t-elle insisté : « c’était délibéré et très bien planifié. »
La défense
De son côté, l’avocate de Kamaljit Arora, Me Élise Pinsonnault, a fait valoir qu’il souffrait de troubles psychologiques depuis des années — ce dont sa femme et sa fille ont d’ailleurs témoigné au procès.
Ses symptômes existaient bien avant la tragédie, a-t-elle martelé : il ne les a pas inventés pour éviter une condamnation. Il a fait une grave dépression, a tenté de s’enlever la vie et était suivi par un psychiatre. Puis, son état mental s’est encore détérioré, a-t-elle plaidé. De plus, ce jour-là, il avait consommé du fentanyl, un puissant opioïde, tel que le montrent les analyses toxicologiques.
Bref, le 17 octobre 2022, son esprit était-il celui d’un criminel calculateur ou celui d’un homme dont le cerveau ne fonctionnait pas normalement ?, a demandé l’avocate. Et si l’on ne peut savoir avec certitude ce qui s’est passé, insiste-t-elle, quand il y a un doute raisonnable, la loi demande que l’accusé soit acquitté. C’est le verdict qu’elle leur a demandé de prononcer.
La prochaine étape revient au juge : il va donner ses directives aux jurés dimanche. Ils seront ensuite séquestrés jusqu’à ce qu’ils rendent un verdict unanime.


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