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Les pétrolières canadiennes profitent de la demande mondiale de kérosène

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Les entreprises pétrolières canadiennes maximisent leurs exportations de kérosène et de diesel pour profiter de la flambée des prix liés à l’interruption du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

La situation est particulièrement opportune pour Suncor, qui a commencé à produire du kérosène depuis sa raffinerie de Montréal à la fin de l’année 2025.

« Le plan original était de vendre dans les aéroports de la région de Montréal, et un peu d’Ottawa », a expliqué Dave Oldreive, vice-président directeur responsable du raffinage, lors de la conférence téléphonique de dévoilement des résultats financiers du premier trimestre.

« Puis nous avons observé cette explosion inédite du marché au premier trimestre, qui s’est poursuivie au deuxième trimestre alors que le kérosène a commencé à manquer sérieusement sur certains marchés », a-t-il ajouté.

Vue aérienne des installations de raffinage de Suncor à Montréal. On voit de nombreux réservoirs et cheminées.

La raffinerie de Suncor à Montréal produit du carburant d'aviation depuis novembre. Cette production s'ajoute à celle déjà existante à ses raffineries à Edmonton, en Alberta, et à Sarnia, en Ontario.

Photo : Suncor

L’entreprise a ainsi exporté du diesel et du kérosène aux Philippines et à Porto Rico à un prix majoré de 10 $ à 15 $ le baril.

Selon Dave Oldreive, Suncor a également obtenu les certifications nécessaires pour exporter en Europe et a envoyé sa première cargaison de kérosène à Rotterdam, au Pays-Bas.

La flambée de ce produit dérivé du pétrole a conduit à des augmentations de tarifs aériens et à des suspensions de vols.

De la même façon, Cenovus a configuré ses raffineries pour profiter des marges élevées sur le diesel et le kérosène alors que l’Impériale a indiqué maximiser sa production de diesel et de kérosène par rapport à l’essence. Ces produits raffinés sont majoritairement destinés au marché canadien.

Nous envisageons également de saisir les occasions d'exporter le surplus de production. C'est indéniablement un moment opportun en ce moment alors que l'on observe une hausse des marges, a expliqué Scott Maloney, le vice-président aux activités d’aval de l'Impériale.

Les statistiques canadiennes de commerce international (nouvelle fenêtre) montrent l’étendue des profits à tirer de la pénurie de kérosène. En mars, le volume d’exportations de carburant d’aviation a augmenté de 214 % par rapport au mois précédent. La valeur de ces exportations a, quant à elle, bondi de 350 %.

On le sait, plusieurs pays viennent cogner à la porte du Canada pour avoir des produits finis avec la crise qu’on traverse présentement, souligne Carol Montreuil, vice-président à l’Association canadienne des carburants.

Croissance canadienne limitée

Carol Montreuil ajoute que la capacité des raffineurs canadiens à répondre à cette demande est toutefois limitée à cause des propriétés chimiques du pétrole. Le kérosène ne représente qu’environ 10 % d’un baril de certains bruts.

Donc, oui, les gens vont tenter d'optimiser. On parle de quelques pourcentages à la marge qui peuvent être réalisés en quantité additionnelle, mais, à la fin, c'est très peu par rapport aux demandes de la planète présentement pour ce produit-là, explique-t-il.

Photo officielle de Carol Montreuil, qui sourit.

Carol Montreuil est vice-président à l'Association canadienne des carburants.

Photo : Gracieuseté

Selon l’agence internationale de l’énergie, la consommation mondiale de kérosène avoisine les 1244 millions de litres chaque jour, alors que le Canada n’a exporté qu'environ 86 millions de ce carburant pour tout le mois de mars.

Construire de nouvelles raffineries n’est pas non plus une solution réaliste, selon Carol Montreuil, puisqu’une telle installation coûte de 10 à 12 milliards de dollars, possiblement de l’ordre de 8 à 12 ans en termes de construction et d’approbation.

Je ne suis pas inquiet pour l’approvisionnement des provinces canadiennes et, essentiellement, les compagnies vont faire le plus possible pour aller chercher le maximum dans le baril de ce produit-là. À la fin, tout ce marché-là va s’équilibrer, conclut-il.

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