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Le Parti libéral du Québec et Québec solidaire pressent la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, de protéger l’achat de livres dans les écoles, afin que ces budgets ne puissent pas être utilisés pour d’autres activités.
« Est-ce que la ministre peut faire, avec les livres, […] une exception ? », a demandé jeudi le député Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire. Il a ainsi joint sa voix à celle de sa collègue libérale Madwa-Nika Cadet, qui a exigé que la mesure pour l’achat de livres dans les écoles soit « protégée ».
Le Devoir a fait état jeudi des inquiétudes de divers acteurs du milieu littéraire, qui craignent que les écoles délaissent l’achat de livres au profit d’activités sportives ou parascolaires. À la source de leur inquiétude se trouve une décision de la ministre LeBel, qui veut fusionner une série d’enveloppes budgétaires dans le réseau de l’Éducation. Un total de dix programmes, dont celui pour l’acquisition d’œuvres littéraires, se retrouvent donc dans la même enveloppe, appelée « Projets pédagogiques particuliers, activités sportives, culturelles et sociales ».
Dès lors, « l’argent qui était auparavant réservé pour des livres pourrait être utilisé pour acheter des ballons », a résumé M. Nadeau-Dubois.
« Sans tambour ni trompette, le ministère de l’Éducation est en train d’abolir tous les budgets qui étaient réservés pour les achats de livres dans les écoles au Québec », a-t-il aussi déclaré, en soulignant le caractère « sacré » des livres. Le député a ajouté qu’un ralentissement dans l’achat de livres pourrait « faire fermer des librairies en région ».
« Il doit y avoir de la lecture », assure LeBel
Interpellée par M. Nadeau-Dubois au Salon rouge, la ministre LeBel a assuré qu’elle n’envoie « aucune directive aux écoles qui permet d’acheter du matériel sportif plutôt que des livres ». La modification qu’elle propose vise plutôt à donner de la flexibilité, de la souplesse et de la stabilité aux écoles, a-t-elle énuméré.
« Ce qu’on a fait, c’est qu’on a allégé les lignes comptables du budget de l’éducation en disant : “Vous allez pouvoir maintenant disposer de votre budget de façon plus flexible”. Mais au niveau des directives et des orientations du ministère de l’Éducation, il est toujours clair que, dans chaque école, il doit y avoir de la lecture, il doit y avoir de la culture, il doit y avoir du sport », a-t-elle assuré.
La ministre a dit faire « confiance aux gestionnaires sur le terrain » pour trouver la meilleure façon d’utiliser les budgets.
De l’autre côté du Salon rouge, M. Nadeau-Dubois a interpellé le ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, pour savoir s’il avait été consulté au sujet de cette décision. Mme LeBel s’est levée, sans toutefois fournir de réponse à cette question. Le Devoir a aussi communiqué avec le ministère de la Culture mardi pour connaître son implication dans cette décision. Le ministère a transféré la demande à l’Éducation, qui n’avait toujours pas répondu jeudi.
De son côté, la Centrale des syndicats du Québec a dit craindre que « la réforme des règles budgétaires amène son lot de situations incongrues et incohérentes ». « Le gouvernement fait beaucoup de choses au nom de la “décentralisation” et de la “flexibilité”, mais qu’en est-il des suites sur le terrain ? », a demandé le syndicat.


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