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Les nouvelles qui vous ont le plus interpellés en 2025

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Requins, chasse, caribou, patrimoine, décès accidentels et microbrasserie : les sujets des nouvelles les plus lues de 2025 révèlent-elles nos centres d’intérêt ou plutôt les travers de notre écosystème médiatique?

Les journalistes n’écrivent pas pour plaire ni pour faire du marketing, observe la spécialiste des médias numériques et des stratégies sociales en ligne, Nelly Brière.

C’est ce qui fait du palmarès de nos nouvelles les plus consultées un exercice limité, mais qui demeure intéressant pour qui prend ce classement avec un grain de sel.

Même si beaucoup de nos textes ont été consultés directement sur notre application ou sur notre site Internet, beaucoup ont rejoint leur lectorat sur les réseaux sociaux.

Il faut alors se rappeler que nos nouvelles y voyageront selon un algorithme, changeant et opaque. Beaucoup ne les verront pas, notamment les utilisateurs d'Instagram et de Facebook. D’autres les verront un peu trop. Ça veut dire que la nouvelle se retrouve à être traitée comme si c'était un produit de vente, comme si c'était une publicité , commente Nelly Brière.

Alors, même si une nouvelle n’est pas une boîte de Corn Flakes, voyons de quoi nos lecteurs se sont sustentés en 2025.

Les requins blancs, nouvelle réalité du Saint-Laurent

Nos nouvelles sur les baleines, les caribous, les orignaux, la chasse et les espèces envahissantes ont été souvent parmi les cinq nouvelles les plus lues de chaque mois.

La spécialiste Nelly Brière rappelle que plusieurs nouvelles doivent leur succès de lecture aux chambres d’écho générées par les réseaux sociaux. Elle cite le cas notamment des sujets sur les animaux qui vont trouver des groupes d’intérêt qui vont partager ou commenter la nouvelle sur ces plateformes.

Sans surprise, c'est un texte sur les grands requins blancs, qui ont fréquenté les côtes des Îles-de-la-Madeleine et celles de la Gaspésie au cours de l’été dernier, qui gagne la palme de nos textes les plus lus toutes catégories confondues.

Une requin blanc dans l'eau.

Un grand requin blanc observé lors des missions scientifiques de Pêches et Océans (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté de Xavier Bordeleau/MPO-Sciences

Plus de 102 000 personnes ont consulté cette nouvelle qui est la plus lue de l’année 2025. Ce texte publié au mois d’août conjugue à la fois un sujet mythique, le requin, et une préoccupation de plus en plus grande, soit les changements environnementaux.

Pour cet article, la journaliste Marguerite Morin a discuté de la présence des requins avec des observateurs aguerris du Saint-Laurent. Elle trace un portrait nuancé de la présence de ce grand prédateur dans le Saint-Laurent.

La curiosité du mois de janvier

Deux ans moins un jour de prison pour Johnathan Racette

Plus de 44 000 lecteurs ont parcouru cette nouvelle qui en fait la plus lue du mois de janvier et la sixième au palmarès annuel.

Cet inconnu qui plaide coupable devant la cour de Percé pour une histoire d’entrée par effraction survenue en 2023 a bénéficié d’une notoriété dont l’origine demeure mystérieuse. Est-ce en raison du style sans complaisance de notre reporter, Roxanne Langlois?

Plusieurs hypothèses peuvent l’expliquer, selon Nelly Brière, comme les relais sur les plateformes comme Reddit ou X. Le moment de publication compte aussi. La spécialiste explique que des sujets vont se distinguer en janvier ou en juillet à des moments où l’actualité est souvent moins bruyante.

Cet article a été publié dans un moment où l’actualité est souvent moins effervescente. C’est aussi une période creuse pour la publicité qui prend généralement beaucoup de place dans la circulation des contenus numériques.

Des sujets seront au contraire complètement occultés par ce que les journalistes appellent une éclipse médiatique, soit un événement qui attire toute l'attention.

Cette lecture concorde avec la suite du palmarès de janvier dans lequel se démarque entre autres une nouvelle sur un appel au signalement d’une espèce envahissante, le crabe vert, et une autre sur la coupe forestière au camping de Mont-Saint-Pierre.

Des billes de bois dans la neige.

Les arbres matures ont été abattus pour des raisons de sécurité, soutient la Municipalité.

Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre

Enfin, la chasse illégale à l’orignal sur la réserve Matane, dont on a abondamment parlé à l'automne 2024, s'inscrit dès janvier dans les thèmes récurrents de l’année 2025.

La stupeur du mois de février

Une avalanche emporte une camionnette et trois alpinistes

C’est sans contredit l’émotion qui a fait de cet incident, qui n’a heureusement pas fait de victimes, notre nouvelle la plus lue de février.

Les avalanches ne sont toutefois pas un phénomène nouveau les routes 132 et 198 en Gaspésie. Le ministère des Transports et de la Mobilité durable a répertorié plus de 600 avalanches de neige sur ces deux routes entre 2003 et 2020.

Une avalanche sur la route 132.

Les images ont largement circulé dans les médias traditionnels et sur les réseaux sociaux. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté : Maxime Ouellet

On pourra aussi dire que février fut le mois des accidents routiers. Outre cette avalanche, une poursuite reliée à la mort d’un enfant lors d’un accident de voiture ainsi que les fermetures de route en raison d’une tempête qui ont le plus retenu l’attention des internautes sur notre site.

Nelly Brière rappelle que ce qui est populaire n’est pas nécessairement ce qui est le plus important dans nos vies ou à l’égard de la démocratie. Ça risque d'être plus sordide en fait, parce qu’on est dans un monde où les gens sont dans l'instantanéité, puis il y a comme une réponse émotive, sur les réseaux sociaux.

Les projets du mois de mars

Fermeture projetée de 500 km de routes forestières

Il est difficile d’ignorer que le partage des usages de la forêt est un sujet d’intérêt en Gaspésie. Les deux nouvelles concernant cette mesure pour protéger le caribou de la Gaspésie ont énormément fait réagir. Le sujet est délicat et sa notoriété reflète bien, ici, le débat entre la protection de l’environnement et l’accès au territoire.

Un mirador en construction en bordure d'un chemin en forêt.

Québec envisageait de fermer 500 km de chemins forestiers en Gaspésie. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier

Ces textes ont davantage attiré l'attention que les tarifs américains imposés par Donald Trump en ce début d’année et que les négociations en cours à Boston, où chaque année se réunit le monde des pêches de l’Amérique du Nord.

Le triste rapport d’avril

Intoxication confirmée pour les trois personnes décédées à Nouvelle

Funeste mi-avril : le rapport du coroner sur la mort de trois personnes, survenue à Nouvelle en octobre 2024, est publié. Les trois victimes étaient parties pour une balade en forêt, se sont enlisées et n’en sont pas revenues. L’article d’Alice Jacottin revient sur ce drame qui a marqué toute la communauté.

Un masque vert fumant la pipe.

La Mi-carême, cette traditionnelle fête costumée, signe la fin de l’hiver aux Îles-de-la-Madeleine. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Tifa Bourjouane

Avril est aussi le mois de la Mi-Carême. Cette tradition qui persiste aux Îles-de-la-Madeleine a pu être mise de l’avant grâce aux photos et vidéos du tandem composé d'Isabelle Larose et de Luc Manuel Soares. Ce magnifique travail a trouvé son public, entre les tarifs américains et les déboires de la microbrasserie Pit Caribou, qui ont aussi rebondi dans l’actualité du mois.

Mai, le mois du mécontentement

La microbrasserie Pit Caribou évite la faillite

L’entreprise iconique du monde brassicole a bien failli disparaître. Ce n’est donc pas sans raison que les internautes ont suivi cette saga qui semblait alors être terminée. L’histoire comprenait d’autres rebondissements qui allaient ressurgir avant la fin de 2025.

Entre deux faits divers, les Madelinots ont fait la une en réagissant aux constructions au pied de la butte des Demoiselles, un endroit mythique de l’archipel.

Une maison en construction en contrebas d'une butte avec un vaste pan de terrain qui a été nivelé.

Des travaux d'excavation et de nivellement ont eu lieu sur quatre lots distincts situés juste en bas de la zone protégée par la Société de conservation des Îles-de-la-Madeleine. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté

Est-ce que le paysage fait partie du patrimoine? Comment le protéger? Les Madelinots l'ignoraient, mais ces questions de patrimoine à protéger allaient bientôt prendre une place encore plus importante.

C’est très paradoxalement sur un article sur l’information sur les réseaux sociaux, écrit à l’occasion du Festival international de journalisme de Carleton-sur-Mer, que se conclut le palmarès de mai.

Le mois des amours

Se dire oui après s’être perdus de vue pendant 56 ans

Les épousailles de ce couple de sexagénaires ont sans contredit touché les cœurs. Cette nouvelle arrive au cinquième rang des textes les plus consultés de notre palmarès 2025.

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Les deux mariées en juin 2025 (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross

On pourrait croire que cette histoire de deux jeunes amoureux séparés par l’adversité et qui se retrouve plus de 50 ans plus tard, est sortie d’un roman Harlequin. Mais non, la vie est parfois désarmante...

C'était sans nul doute notre bonne nouvelle de l'année.

C’est aussi sans doute la raison pour laquelle l’actualité du mois sur le tourisme en Haute-Gaspésie, le vol de cuivre à Telus ou la construction de la nouvelle centrale électrique aux Îles ont beaucoup moins brillé.

Le juillet de Julie

Julie Snyder met en vente le phare du Cap-Alright

Surprise! Les Madelinots apprennent que la propriétaire du phare du Cap-Alright, Julie Snyder, souhaite obtenir un peu plus d’un demi-million pour cette propriété privée acquise en 2013 pour la somme de 125 000 $.

Le phare avec l'île d'Entrée derrière.

Le phare de l'Échouerie, ou du Cap-Alright, est un bâtiment patrimonial. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Mme Snyder explique qu’elle veut rembourser ses frais de remise en état et d’entretien, qui expliquent le prix. Cette annonce lance une vaste mobilisation pour recueillir la somme nécessaire afin que la communauté puisse acheter le petit phare de bois construit dans les années 1920.

La toupie de l’information a fait plusieurs fois un retour sur elle-même cette année et des sujets, comme la protection du phare patrimonial de L’Échouerie, sont revenus à plus d’une occasion en tête de l’actualité régionale.

Enfin, les petites fraises des champs et leur vente à fort prix a aussi été parmi les sujets d’intérêt au cours de juillet, mois de la cueillette.

Les visiteurs du mois d’août

Les requins blancs, nouvelle réalité du Saint-Laurent

Il n’y a pas que les requins qui suscitent l’intérêt des visiteurs, le rocher Percé reste encore une vedette.

L’interdiction d’approcher du fameux rocher en raison des chutes de pierre fait parler presque chaque été. C’était la seconde nouvelle la plus consultée au mois d’août. Néanmoins, le journaliste David Fillion rapporte que de plus en plus de gens respectent la consigne.

Des touristes qui s'approchent du rocher percé

Même s'il est interdit de s'approcher du rocher Percé à cause de fragments qui tombent, certains touristes continuent à s'y rendre à pied. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Tristement, la mort d’un touriste à la suite d’un éboulement sur une plage de New Richmond a aussi suscité l’intérêt des lecteurs.

Un phare dans la nuit de septembre

Le prix du phare de Julie Snyder dévoilé aux Madelinots

Des Madelinots se sont montrés hésitants à contribuer à la campagne de sociofinancement, demandant plus de transparence sur la transaction entre Mme Snyder et la Société de conservation des Îles. La clause de transparence a donc été levée.

Le prix fixé de 550 000 $ est un peu plus bas que sa valeur marchande de 561 000 $ et que le prix initialement demandé de 595 000 $.

Les requins blancs ont aussi défrayé les manchettes. Si leur présence grandissante dans le Saint-Laurent inquiète les touristes, elle ne semble pas ébranler les pêcheurs.

Des phoques en groupe

Une colonie de phoques gris. (Photo d'archives)

Photo : iStock / Ian Dyball

Au contraire, ces derniers y voient un prédateur du phoque gris, un chasseur opportuniste de poissons de fond qui, lui aussi, se fait plus présent dans le golfe.

À la chasse en octobre

Un week-end de chasse funeste dans les forêts gaspésiennes

Chaque année, plus de 25 000 personnes arpentent les forêts gaspésiennes dans l’espoir d’abattre un orignal. Cette année, cette grande battue a été assombrie par deux accidents mortels.

Par ailleurs, il existe une autre manière de chasser, plus sécuritaire. Une chasse sans fusil et sans abattage a en effet aussi soulevé la curiosité des internautes en octobre.

Des gens dans un sentier forestier à l'automne.

Il existe une autre manière de chasser, moins dangereuse : sans fusil. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Si elles ne sont plus chassées, les baleines du Saint-Laurent sont étroitement surveillées par les biologistes. Le rorqual commun qui s’est échoué à Grande-Vallée a fait l’objet d’une nécropsie. Une histoire suivie par nos lecteurs.

Les départs de novembre

La conseillère de Listuguj Cathy Martin s’éteint

C’est une leader de la communauté de Listuguj qui s’est éteinte cette année avec la disparition de Cathy Martin. Elle était notamment détentrice d’un doctorat en leadership éducatif et en conception de programme d’enseignement et engagée dans sa communauté à de multiples égards.

Un vieil arbre à l'écorce sèche et rayée, au milieu d'une forêt.

Le cèdre 1, celui du Capitaine F. Duquet junior, aurait émergé du sol au 14e siècle, bien avant la colonisation européenne du Canada.

Photo : Gracieuseté de Viateur De Champlain

Deux nouvelles sur la protection de nos paysages forestiers et ruraux se sont démarquées en novembre. La première sur un cèdre de 670 ans à L’Anse-Pleureuse, la seconde porte sur le désir de la Société du chemin de fer de la Gaspésie d'acquérir d'anciennes gares de VIA Rail.

Le début novembre fut aussi celui des élections municipales. Selon nos données, les résultats ont été suivis avec attention.

Les bons voeux de décembre

Le torchon brûle entre les propriétaires et un cofondateur de Pit Caribou

Dure année pour les propriétaires de Pit Caribou qui ont échappé à la faillite, mais qui s’engagent dans une poursuite judiciaire contre un des cofondateurs de l’entreprise. Mauvaises odeurs, équipements non conformes : ils veulent être indemnisés, nous raconte Martin Toulgoat dans cette nouvelle qui a fait le tour du Canada.

C’est le seul article publié en décembre qui figure au palmarès des nouvelles les plus lues de l’année.

La spécialiste des stratégies en ligne, Nelly Brière, rappelle que si un contenu est plus consulté que d’autres, c’est aussi une question de référencement.

Bières sans alcool Pit Caribou.

Mauvaises odeurs, équipements non conformes, les nouveaux propriétaires de la microbrasserie Pit Caribou veulent être indemnisés. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Une marque peut par exemple aider un article à se frayer plus facilement un chemin dans l’univers numérique. Sur les réseaux sociaux, nos commentaires et réactions sont aussi des moteurs pour la pousser vers d’autres lecteurs, explique Nelly Brière.

Le sort d’un aigle royal mort dans un piège à coyote a suscité aussi beaucoup de réactions. Selon l’ornithologue Louis Fradette qui a rapporté l’incident, seulement une dizaine d’aigles royaux ont été repérés au sud du Saint-Laurent.

Enfin, les deux articles sur la fin du braconnage organisé sur la réserve Matane ont été parmi les plus consultés de décembre.

Nelly Brière remarque que les nouvelles de fin d’année ont eu moins de temps pour voyager sur nos plateformes que celles publiées en janvier. Il faudrait comparer les nouvelles qui ont la même durée d’exposition pour que ce soit valide, suggère Mme Brière.

Le temps de vie de la nouvelle dans l’écosystème médiatique de plus en plus éclaté, en plus de raccourcir. Une manchette détrône la précédente, une année chasse l’autre.

N’empêche que l’audience reste nécessaire pour entamer la conversation sur les enjeux de la communauté régionale comme les changements climatiques, le réseau de la santé ou les élections municipales qui sont de grands absents du palmarès.

C'est un enjeu de littératie numérique qui fait en sorte que les articles peut-être les moins pertinents pour être informés vont être plus populaires, constate l’experte. Cette dernière compare le monde numérique à un magasin où on met de l’avant le chocolat plutôt que le brocoli.

Tout le monde a le droit d'aimer le chocolat, mais on peut espérer qu’il y ait aussi du brocoli dans l’assiette de 2026, une année électorale au Québec.

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