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L’extrême gauche est par essence violente. La formule « La violence accouche de l’histoire » est de Jean-Paul Sartre. Elle apparaît dans la préface qu’il a écrite en 1961 pour le livre Les Damnés de la Terre de Frantz Fanon, un essai majeur sur la décolonisation et la lutte anticoloniale. Sartre y défend l’idée que, dans un contexte de domination coloniale, la violence des « opprimés » est un moyen nécessaire pour briser les structures d’oppression et permettre l’émergence d’une nouvelle histoire, « libre » et « autonome » qu’on a vu à l’œuvre dans tous les pays communistes au cours du XXe siècle. Cette phrase, souvent citée et discutée, reflète les débats sur la légitimité de la violence révolutionnaire dans les luttes de libération.
Jean-Luc Mélenchon, figure de la gauche radicale française et leader de La France Insoumise, évoque régulièrement la nécessité de la violence dans tout processus révolutionnaire, s’inspirant de penseurs comme Marx ou Fanon. Il justifie cette violence comme une réponse légitime à l’oppression systémique, notamment dans des contextes de lutte « anticapitaliste » ou « anticoloniale ». L’exécution de Quentin à Lyon par une horde d’ « antifas » n’est donc pas un dérapage de l’extrême gauche. Ceux que Mélenchon appelle « mes jeunes camarades » sont de bons élèves de la Mélenchonie. L’organisation paramilitaire de La Jeune Garde est calquée sur celle du lambertisme.
Les racines de Jean-Luc Mélenchon sont trotskystes-lambertistes
Années 1970 : Mélenchon adhère à l’Organisation communiste internationaliste (OCI), un parti trotskyste fondé par Pierre Lambert. Ce courant, connu pour son anti-stalinisme radical et son syndicalisme révolutionnaire, se distingue par son culte de la violence « accoucheuse de l’histoire ».
Les lambertistes considèrent que la violence révolutionnaire est un outil légitime pour renverser les structures capitalistes et impérialistes. Ils donnent en exemple les révolutions russe, chinoise et cubaine. Les lambertistes prônent une violence collective et disciplinée, encadrée par un parti révolutionnaire (comme le bolchévisme en 1917). Ils s’appuient sur l’ « auto-défense ouvrière » avec la création de milices (comme les Gardes rouges pendant la Révolution maoïste).
Pour les lambertistes, la violence n’est pas une fin en soi, mais un moyen de politiser les masses. Lénine : « La violence est la sage-femme de toute vieille société enceinte d’une société nouvelle. »
Mélenchon milite activement dans les rangs de l’OCI, notamment dans les luttes ouvrières et étudiantes, et participe à la création de la Tendance lambertiste au sein de la gauche française.
Entrisme dans le Parti socialiste
Années 1980 : Mélenchon quitte progressivement le trotskysme lambertiste pour rejoindre le Parti socialiste en 1977, où il s’intègre à l’aile gauche. Il devient un proche de François Mitterrand, puis de Lionel Jospin, lui-même « ancien » trotskyste.
Héritage lambertiste : Mélenchon garde de cette période un goût pour la radicalité verbale et l’action violente, une stratégie de mobilisation populaire, et une vision internationaliste des luttes sociales.
Dès l’origine, l’extrême gauche suinte la violence par tous ses pores
- Terreur révolutionnaire des années 1793
La Terreur révolutionnaire (1793-1794) est une période de la Révolution française marquée par une répression violente orchestrée par le Comité de salut public, dirigé par Robespierre. Elle vise à éliminer les opposants à la Révolution, jugés comme « ennemis de la liberté ». Les tribunaux révolutionnaires condamnent des milliers de personnes à la guillotine, souvent sans preuve. La loi des suspects (1793) permet des arrestations arbitraires. La Terreur qui culmine avec le génocide des Vendéens s’achève avec la chute de Robespierre en juillet 1794 (9 Thermidor), mais laisse un héritage de violence politique et de divisions en France.
- Attentats anarchistes sous la Russie tsariste
À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, des groupes anarchistes et révolutionnaires russes, comme Narodnaïa Volia (« Volonté du peuple »), mènent une campagne d’attentats contre le régime tsariste. Leur objectif : renverser l’autocratie par la violence. En 1881, ils assassinent le tsar Alexandre II. Les attentats se multiplient, ciblant des hauts fonctionnaires et des symboles du pouvoir. Ces actions contribuent à affaiblir le régime, préparant le terrain pour la révolution de 1905 et, ultérieurement, celle de 1917.
- Assassinat des Romanov par les bolcheviks
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, les bolcheviks exécutent le tsar Nicolas II et sa famille à Ekaterinbourg, sur ordre de Lénine et du Soviet de l’Oural. Cet acte marque la fin symbolique de l’ancienne Russie impériale et la radicalisation de la guerre civile (1918-1922). Les corps sont dissimulés, et le massacre reste secret jusqu’à la chute de l’URSS. L’assassinat des Romanov, perçu comme un crime politique, renforce l’image d’une révolution sanglante et divise l’opinion internationale.
- La Terreur rouge au début de la guerre d’Espagne
La Terreur rouge (1936) désigne la répression menée par les républicains espagnols, soutenus par les anarchistes et les communistes, contre les nationalistes et les suspects de sympathie fasciste. Des milliers de personnes (prêtres, militaires, propriétaires terriens) sont exécutées sommairement ou emprisonnées. Cette violence est instrumentalisée par les factions révolutionnaires. Elle vise à éliminer les « ennemis de la révolution ». Lorsque Franco entre en lutte armée, les Rouges avaient déjà fait plusieurs milliers de morts parmi la population espagnole
- Action directe
Action directe est un groupe armé d’extrême gauche français actif dans les années 1980. Fondé en 1979, il revendique des attentats contre des symboles du capitalisme et de l’État (banques, ministères, patrons). En 1985, il commet un attentat meurtrier contre Georges Besse, PDG de Renault. Le groupe est démantelé en 1987 après l’arrestation de ses membres. Ses actions, bien que marginales, illustrent la persistance de la violence politique en Europe et le radicalisme de certains mouvements anti-système.
- La bande à Baader (Fraction armée rouge, RAF)
La Fraction armée rouge (RAF), aussi appelée « bande à Baader », est un groupe terroriste ouest-allemand fondé en 1970 par Andreas Baader, Ulrike Meinhof et d’autres. Inspiré par la lutte anti-impérialiste, il mène des attentats, enlèvements et meurtres ciblant des figures de l’État et du patronat. Les années 1970 sont marquées par une escalade violente (« automne allemand » en 1977). La RAF est le principal groupe terroriste d’extrême gauche en Allemagne. Ses membres, souvent issus de la contestation étudiante, justifient la violence par la lutte contre le « fascisme d’État » et l’impérialisme américain. Ses actions (attentats, assassinats) visent à déstabiliser la RFA. Le groupe est responsable de 34 morts, dont des personnalités comme Hanns Martin Schleyer. Son déclin s’amorce dans les années 1980, avec l’arrestation de ses leaders et la désillusion idéologique post-chute du mur de Berlin.
- Mitterrand refuse d’extrader les terroristes italiens
Dans les années 1980, François Mitterrand applique la « doctrine Mitterrand » : la France refuse d’extrader des anciens militants italiens d’extrême gauche impliqués dans des violences politiques durant les « années de plomb » (1970-1980), au nom de leur « engagement révolutionnaire ». Parmi eux, Cesare Battisti, condamné pour meurtres en Italie, bénéficie de cette protection. Cette politique, critiquée par Rome, est perçue à Rome comme un soutien comme une complicité avec l’extrême gauche criminelle.
On rappellera que Mussolini vient de la gauche italienne et que l’allemand « Nationalsozialismus » se traduit en français par « Socialisme national » : « national » n’est que le qualificatif du mot princeps « Socialisme » et non l’inverse. Le nazisme est donc d’abord socialiste, avant d’être nationaliste.
Henri Dubost





























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