Entre 50 000 et 100 000 hectares de forêts partent chaque année en fumée, dans un rayon de 500 km autour de Kinshasa.
La route est étroite, encombrée par un cortège de véhicules à touche-touche. Nous abordons les premiers faubourgs de Kinshasa, les plus éloignés de cette cité tentaculaire construite au bord du fleuve Congo; le jour n’est pas encore levé mais l’embouteillage est déjà saturé. A bord de sa camionnette cabossée – usée, trouée, rouillée, rafistolée –, Célestin Bonzele prend son mal en patience. Il transporte un chargement d’une centaine de sacs de charbon de bois, serrés comme des sardines dans l’habitacle et sur le toit. «Je les ai achetés 30 000 francs à Mbuba, à 100 kilomètres sur la route de Matadi, j’espère les revendre plus de 40 000 francs l’unité, calcule le jeune trentenaire. Si je fais un bénéfice d’au moins 10 000 francs par sac, j’empocherai l’équivalent de 450 voire 500 dollars [390 francs suisses]. En partageant avec le propriétaire de la camionnette et mes deux commis, je vais doubler mon salaire en un seul voyage.»


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