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Les lièvres d’Amérique seraient plus nombreux qu’avant à l’Île-du-Prince-Édouard.
On reçoit beaucoup d’appels au sujet de lapins et des signalements anecdotiques de gens qui voient des lièvres d’Amérique dans leur cour ou sur leur propriété, souligne Garry Gregory, un biologiste qui travaille pour la division pêche et faune du ministère provincial de l’Environnement.
Les lapins n’étant pas un animal indigène de l’île, il est fort probable que ces animaux soient en fait des lièvres, a-t-il indiqué jeudi à l’émission Island Morning, à la radio de CBC.

Le service de la faune a reçu beaucoup de signalements de lapins, mais puisque cet animal n'est pas indigène à l'île, il s'agit sans doute de lièvres d'Amérique. (Photo d'archives)
Photo : Kaiyi Zhou / 500px / Getty Images
Bien qu’il n’y ait pas de suivi de leur population dans la province, Garry Gregory estime raisonnable que le lièvre d’Amérique traverse un cycle d’abondance sur l’île, vraisemblablement aidé par l’ouragan Fiona, qui a transformé certains aspects du paysage en septembre 2022.
La puissante tempête a répandu des débris dans les forêts et les boisés. Les arbres tombés, les broussailles et d’épaisses couches de feuilles mortes s’avèrent des abris parfaits pour les lièvres.

Les débris laissés par l'ouragan Fiona à l'Île-du-Prince-Édouard ont créé des refuges parfaits pour les lièvres. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Shane Hennessey
Immédiatement après Fiona, il y avait des boisés impossibles à traverser si on n’était pas un lièvre, relate Garry Gregory. Pour un prédateur de n’importe quelle taille, les lièvres étaient essentiellement intouchables.
Ces nouveaux habitats sont aussi bénéfiques pour plusieurs oiseaux, comme la paruline à flancs marron, la paruline jaune, la gélinotte huppée et la bécasse d'Amérique, dit-il.

En hiver, la fourrure du lièvre d'Amérique devient blanche. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Copyright Michael Cummings
Les conditions idéales disparaissent tranquillement, alors que la nature suit son cours, que ces débris se décomposent et que les conifères déracinés perdent leurs aiguilles. Ils permettent néanmoins aux lièvres de se multiplier en étant moins vulnérables aux prédateurs.
Par ailleurs, en arrachant des arbres, la tempête Fiona a laissé passer les rayons du soleil dans des zones auparavant densément couvertes, ce qui favorise la croissance de nouvelles plantes et d’arbres, comme les saules, le bouleau gris, le cerisier de Pennsylvanie et certaines espèces d’érables.

Des zones boisées disparues au parc provincial de ski Mark Arendz, à Brookvale, à l'Île-du-Prince-Édouard, après le passage de la tempête Fiona. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux
Les brindilles et les bourgeons de ces arbres sont exactement le genre de nourriture dont les lièvres dépendent en hiver, selon Garry Gregory.
Il ne faut pas les nourrir
Si des résidents les aperçoivent sur leur propriété, il n’y a aucun besoin d’interagir avec eux, indique le spécialiste de la faune. Ces petits animaux ne causent aucun problème, si ce n’est la possibilité qu’ils s’invitent dans le potager pour s’en prendre aux légumes.
Surtout, il faut éviter de leur donner à manger. Il n’y a aucune raison de les nourrir, dit Garry Gregory. En été, ils se nourrissent d’herbes et de plantes herbacées, qui sont en quantité virtuellement illimitée.
Ils ne se laissent pas facilement nourrir de toute façon, parce qu’ils en sont particulièrement méfiants, ajoute-t-il. Les lièvres essaient d’éviter les humains, et sont actifs surtout à l’aube et au crépuscule.
Dans plusieurs provinces, le lynx est l’un des principaux prédateurs du lièvre d’Amérique.
À l’Île-du-Prince-Édouard, où il n’y a pas de lynx, leurs prédateurs sont des omnivores qui ne dépendent pas particulièrement de la quantité de lièvres disponibles, comme le coyote et le renard roux, ou encore des oiseaux de proie.
Pas d’inquiétude pour la maladie de Lyme
Le biologiste Garry Gregory souligne par ailleurs que la province a reçu des signalements de gens qui s’inquiètent d’avoir vu, et parfois photographié des lièvres avec des tiques.

On aperçoit des tiques du lapin (Haemaphysalis leporispalustris) sur les oreilles de ce lièvre. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / mirceax
L’espèce de tique que les lièvres transportent s’appelle Haemaphysalis leporispalustris, communément appelée tique du lapin.
Ce n’est pas l’espèce de tique associée à la transmission de la maladie de Lyme, et elle mord rarement les humains.
Il est commun de voir ces tiques sur le visage ou les oreilles des lièvres, et ces arachnides n’ont en général pas de conséquences sérieuses sur la santé du mammifère, selon le biologiste.
D’après les renseignements de Thinh Nguyen et de l’émission Island Morning with Mitch Cormier, de CBC


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