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La magie de Noël n’a pas d’âge. Dans cette série, on explore la joie et la nostalgie entourant les cadeaux tant espérés à ce moment de l’année. Aujourd’hui: des cadeaux qui ont particulièrement touché nos lecteurs dans leur enfance.
Ce sont des sentiments auxquels on voudrait revenir, de nostalgiques mémoires d’enfant. Lecteurs, nous vous avons demandé quels cadeaux vous avaient le plus comblés lors des fêtes de Noël. Et vous avez plongé dans votre enfance pour en rapporter des poupées réparées, des patins tous neufs, des jeux de hockey sur table, des billets pour le hockey.
Johanne Dion se souvient d’un Noël particulier, où les membres des familles « des deux côtés » étaient venus veiller chez elle. « C’était surtout ça qui était extraordinaire, raconte-t-elle. Ça et le fait que j’avais eu en cadeau une soucoupe, que mes oncles et mon grand-père semblaient apprécier plus que moi, et surtout une chaise berçante assez petite pour qu’elle soit bien à moi toute seule ». Elle n’avait pas 6 ans.
En entrevue, elle raconte que c’était un moment exceptionnel de réunion des familles, ensuite divisées par des chicanes, des divorces, etc. « Maintenant, comme bien des gens de mon âge, je passe Noël toute seule avec mes chats », dit-elle. Elle ne s’en plaint pas.
Denis April avait bien fouillé dans les cadeaux en l’absence des parents la veille de Noël, mais certaines cachettes lui avaient échappé. Après avoir déballé une boîte contenant ses premiers patins tout neufs, il s’est retrouvé, une heure plus tard, sur la glace avec les voisins. C’était une journée mémorable de découvertes et d’apprentissage. De retour chez lui, les deux pieds gelés, son père lui a aussi offert son premier gin, pour l’aider à supporter la douleur du dégel…
Pour ceux qui ont changé de pays, la fête de Noël exhale des souvenirs d’odeurs et d’airs d’ailleurs. Lamia Charlebois se rappelle une vieille Fiat qu’adolescente, elle conduisait dans les rues de Beyrouth trouées par les bombes, en écoutant du Robert Charlebois qui jouait à tue-tête sur Radio Liban. Un jour, la radio s’est tue. Kaput. « C’était juste avant Noël. Triste de conduire sans musique, mais ô combien génial d’aller à la plage à ma guise. Petit bémol sans clé de sol. Le 25 décembre, dans le salon de mon enfance, je reçois un cadeau emballé dans le papier du journal L’Orient-Le Jour, pénurie de joli papier cadeau oblige. C’était une nouvelle radio pour la Fiat ! J’ai hurlé de joie ! », écrit-elle. Depuis, elle est venue au Québec. « Et puis me voilà au Canada, portant le nom de ma fille Charlebois, recréant des moments avec elle en écoutant Fayrouz sur Spotify. Et tout ça, de Beyrouth à Montréal, c’est Noël », écrit-elle.
Anticlimax sylvestre
À Montréal, Noël a eu aussi le « goût du déracinement » pour la mère de Johanne Ménard. « Régina l’Acadienne a suivi son beau Marcel à Montréal après la guerre », écrit-elle. À travers les chansons de Perry Como, la petite Johanne entend le bruit de la machine à coudre de sa mère. Puis, « sous le sapin au réveillon, je trouverai un petit manteau rouge au collet bordé à la main de laine blanche pour ma fausse Barbie ». Ce petit manteau est toujours dans sa bibliothèque. Et la chaîne de dons se poursuit : « J’ai aussi hérité de sa Singer portative 1945, sur laquelle je viens de coudre mon plus récent projet : un calendrier de l’avent pour le dernier de mes petits-fils », écrit-elle.
Lise Tétreau se souvient d’avoir reçu de sa mère, à 12 ans, deux petits livres : Le calepin d’un flâneur et Le fou de l’île, de Félix Leclerc, qui l’ont marquée pour la vie. « Grâce à ces deux petits livres, elle m’a permis non seulement de rêver, mais aussi de réfléchir… », écrit-elle. « Abuse du présent. Laisse le futur aux rêveurs, et le passé aux morts. »
Pour Geneviève, c’est le souvenir de n’avoir pas eu de cadeaux, lors d’une certaine célébration de Noël, qui remonte à la surface, comme un anticlimax. « J’avais environ 5 ans, peut-être 4, peut-être 6. Ma mère était organiste dans une église anglicane. Un jour, dans le temps des Fêtes, nous eûmes la surprise de nous retrouver dans la grande salle communautaire, qui était aussi munie d’une scène. Elle était décorée avec un grand sapin de Noël et plein de cadeaux en dessous… ». La cérémonie se déroulait en anglais et elle n’y comprenait pas grand-chose.
« Puis un monsieur s’est avancé sur l’estrade, a pris les cadeaux un par un, en nommant le nom d’un enfant qui montait sur l’estrade pour le recevoir. Plus la quantité de cadeaux diminuait, plus je me disais que ce serait bientôt mon tour d’être appelée. Mais la cérémonie s’est terminée, il n’y avait plus de cadeaux sous l’arbre, bien que ni mon frère, ni ma sœur, ni moi n’en ayons eu. Lorsque j’ai demandé à ma mère pourquoi nous n’en avions pas eu, elle m’a répondu que nous n’étions pas membres de la communauté ». Elle est depuis « très sensible aux enfants qui ne reçoivent pas de cadeaux à Noël ». « Et je tente toujours de faire des dons dans ce sens ».


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