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À Port-Bail-sur-Mer, la commune affirme avoir négocié l’accueil des gens du voyage cet été. Le maire Philippe Crinon dit n’avoir reçu aucune plainte pour vol ou dégradation.
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Par David Capelle Publié le 7 sept. 2026 à 18h10
À Port-Bail-sur-Mer (Manche), le maire Philippe Crinon défend la manière dont la commune a accueilli la cinquantaine de gens du voyage cet été. Face aux nombreux commentaires publiés sur les réseaux sociaux, il dénonce une stigmatisation qui ne reflète pas, selon lui, la réalité sur place.
« Cette année, les familles ont prévenu la commune de leur arrivée », assure-t-il. « Deux adjoints sont allés à leur rencontre afin de négocier les emplacements, la durée des séjours et les conditions d’occupation. »
La commune ne dispose pas d’une aire d’accueil adaptée aux grands groupes. Certains terrains habituellement utilisés appartiennent par ailleurs à l’État, car ils se trouvent sur le domaine public maritime.
Un emplacement payé et un terrain rendu propre
Des caravanes ont notamment été accueillies sur le terrain de football. Selon la municipalité, les occupants ont payé pour utiliser cet emplacement et l’ont laissé propre à leur départ.
« Nous n’avons reçu aucune réclamation d’habitant, de touriste ou de commerçant pour des dégradations ou des vols », affirme la municipalité.
Ce bilan contraste avec la situation décrite dans le schéma départemental d’accueil des gens du voyage, présenté le 3 juillet à Saint-Lô. Ce document désignait Port-Bail-sur-Mer comme la commune du nord de la Manche la plus touchée par les installations non autorisées. Cherbourg-en-Cotentin, Brix et Saint-Vaast-la-Hougue étaient également citées parmi les communes régulièrement concernées.
Des tensions dans d’autres communes du Cotentin
Ailleurs dans le Cotentin, plusieurs installations sans autorisation ont provoqué des tensions cet été.
À Tollevast, sept caravanes avaient rejoint le stade après qu’un cadenas avait été cassé. « Le problème n’est pas forcément l’usage du site, c’est plutôt la manière de faire », commentait le maire, Stéphane Barbé.
À Hardinvast, une quarantaine de caravanes s’étaient installées le 5 juillet sur le stade Jean-Claude-Hérel. Le maire Guy Amiot déplorait que des pierres aient été déplacées pour accéder au terrain.
Le 16 août, une vingtaine de caravanes se sont également installées sans autorisation sur un terrain privé du Becquet, à Digosville. Le maire Serge Martin avait prévenu la gendarmerie. Une médiatrice avait été chargée, en lien avec l’Agglomération du Cotentin, d’accompagner les propriétaires, alors absents de la région.
« Il faut que tout le monde joue le jeu »
L’organisation de l’accueil des gens du voyage relève de l’Agglomération du Cotentin, qui dispose d’un médiateur. Mais les élus municipaux doivent gérer les arrivées dans leur commune.
« Si on a 30 caravanes qui arrivent dans le bourg, qu’est-ce qu’on fait ? », interroge Philippe Crinon.
Une réflexion est en cours pour mieux répartir les possibilités d’accueil entre les territoires. Pour le maire de Port-Bail-sur-Mer, chaque commune doit contribuer à cet accueil : « Il faut que tout le monde joue le jeu. »
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