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CRITIQUE - Produite par Ben Stiller, cette comédie sportive imagine une bataille d’Hernani entre des joueurs d’un club de tennis et leurs rivaux du pickleball. Léger et émouvant à la fois.
Au carrefour du tennis, du ping-pong et du badminton, le pickleball est apparu dans les années 60. Sa pratique prend de plus en plus d’ampleur. Signe de sa popularité ? Le sport de raquette, que certains surnomment tennis léger, a le droit à son propre film : Les fous du pickleball. En ligne depuis vendredi sur Apple TV, cette comédie reprend les codes des films d’outsider, quand l’adversaire donné perdant d’emblée bat finalement le favori sur le fil. Voici cinq raisons de se laisser tenter.
Produite par Ben Stiller
Le comédien, à la barre de la dystopie du monde de travail Severance, retourne à la comédie pure et légère et produit le film. La star de Zoolander a été touchée par «la loufoquerie et la tendresse du récit». «Il y a quelque chose d’irrésistible lorsque des amateurs de sport très zélés prennent leur activité au premier degré», plaide Ben Stiller. Les fous du pickleball suit en effet un ex-prodige du tennis, Dusty Boyd (Jake Johnson, New Girl). Le jeune quadra a été forcé d’abandonner la compétition à cause d’une blessure au poignet. Il en est réduit à entraîner les gamins du club de tennis de son père. L’établissement est le cadre d’une bataille d’Hernani entre les joueurs de tennis et ceux de sa discipline voisine, le pickleball. Pour y mettre fin, un match opposant le champion de chaque sport est proposé. Dusty va surprendre tout le monde, à commencer par lui-même, en changeant d’allégeance. L’occasion pour cet impulsif de se redécouvrir et de trouver un nouveau cercle d’amis, à commencer par sa partenaire de double Candace (Mary Steenburgen).
Andy Roddick et John McEnroe comédiens
Cette légère comédie sportive a de l’énergie à revendre et a même réussi à recruter dans de petits rôles les anciens champions des courts Andy Roddick et John McEnroe.
Andy Roddick joue son propre rôle. Le vainqueur de l’US Open 2003 qui est choisi pour défendre la cause des joueurs de tennis dans le duel à raquette au cœur du film. «On a hésité entre engager un acteur comique ou un vrai joueur de tennis pour camper l’adversaire de Dusty», raconte Jake Johnson, «On avait peur qu’Andy ne soit pas assez drôle ou mal à l’aise avec ce registre décalé. Mais sur le plateau, il nous a bluffés par son humour et générosité. Pouvoir échanger des balles avec lui était un rêve. Tout comme observer son revers, au tennis ou au pickleball. Il s’est avéré un joueur redoutable de pickleball! Il plaçait la balle exactement où il voulait, à tout moment».
John McEnroe assiste au fameux match entre Dusty et Roddick et offre à ses voisines de gradin ses commentaires. «Malgré tout ce qu’il dégage et son palmarès, je pense qu’il est un peu timide», note Mary Steenburgen, «Mais son œil est toujours aussi affûté. Il observait de près la vitesse et la force des coups d’Andy et marmonnait dans sa barbe. J’étais bluffé par sa combativité. Il n’a pas quitté le court».
D’après une histoire vraie
Le scénariste Sean Clements a connu une trajectoire parallèle à celle de son héros. Joueur de tennis, il s’est mis au pickleball après avoir été blessé au dos, dans l’espoir de favoriser sa convalescence. «Il s’est retrouvé sur un court à Beverly Hills avec trois femmes plus âgées. Il a cru qu’il allait les tuer. Elles le charriaient et ont fini par l’inviter à prendre un café. Il a accepté et s’est retrouvé embarqué dans leurs vies, dans leurs histoires. Il se sentait un peu gêné, car il avait vraiment l’impression qu’elles devenaient ses amies. Il ne savait pas trop comment expliquer la situation à ses proches», raconte Jake Johnson.
Des acteurs accros à la balle
Mary Steenburgen a accepté le rôle de Candace car elle venait de se mettre au pickleball depuis deux mois. La comédienne y avait été encouragée par son fils, le réalisateur Charlie McDowell, qui pratique sur les courts de Londres et Paris, quand son épouse Lily Colins est de passage dans la capitale pour tourner Emily in Paris . «Pendant le tournage, nous avions accès aux terrains et aux raquettes. Nous avons beaucoup joué ensemble et c’était extraordinaire de pouvoir taper des balles avec le champion de tennis, consultant et entraîneur Brad Gilbert», se souvient Mary Steenburgen. «Mon fils m’avait dit que le meilleur moyen de m’améliorer était de jouer le plus de parties possibles. Il avait raison». Pour elle, si le pickleball séduit toujours autant c’est que c’est «un sport ouvert aux débutants, qui peuvent y trouver du plaisir et de la joie immédiatement. on rit énormément en marquant des points». «On peut le pratiquer à n’importe quel âge».
De l’émotion
Au-delà du comique de situation, des bobards farfelus et des crises de nerfs de Dusty, Les fous du pickleball véhicule un message important. «Même dans les pires moments, il y a moyen d’aller de l’avant et de trouver un soutien au sein de votre communauté», insiste Mary Steenburgen. Et de pointer : «J’aime l’instinct de survie de Candace, c’est une combattante. Même si elle est seule et vient de divorcer, qu’elle a touché le fond, elle tente de trouver un loisir qui la rend heureuse, de se recréer un cercle. Elle tend la main à tout le monde, y compris aux caractères les plus rustres comme Dusty».
Jake Johnson voit son personnage comme «quelqu’un de perdu dans la vie, désespéré d’avoir l’approbation de son père». «Il est prisonnier de son rêve d’adolescent de devenir un champion de tennis. Le pickleball va lui permettre de faire quelque chose pour lui, qui lui plaît vraiment et lui apprendre qu’il ne faut jamais désespérer. Les secondes chances finissent toujours par arriver, même sur le tard». Ceci dit, le comédien qui s’était entraîné d’arrache-pied au pickleball pour donner le change à l’écran, confesse ne plus avoir saisi la raquette depuis la fin du tournage.


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