NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Loin des superproductions américaines, de jeunes cinéastes nés sur YouTube s'emparent du box-office ces jours-ci. À peine débarqué au cinéma, le film d'horreur Obsession, qui a coûté 750 000 $ à produire, remplit les salles et séduit la génération Z. La même chose est en train d’arriver avec Backrooms à l'affiche depuis vendredi dernier.
Après un démarrage aux États-Unis à 17,2 millions de dollars, Obsession, du réalisateur de 26 ans Curry Barker, a vu ses recettes grimper de 39 % lors de la deuxième fin de semaine pour atteindre 23,9 millions de dollars, une augmentation quasi inédite pour un film d'horreur à grande échelle.

Curry Barker à la projection spéciale de son film «Obsession» à Hollywood, le 11 mai 2026
Photo : Getty Images / Frazer Harrison
Obsession est rendu vraiment un phénomène parce que c'est le premier film depuis 1982, donc depuis E.T., qui augmente ses recettes à chaque week-end, note Patrick Marleau, responsable du développement pour Cinéma Le Clap, qui constate l’engouement auprès des jeunes qui remplissent ses salles.
Ces succès fracassants contribuent à pulvériser un mythe tenace, nous explique le responsable des cinémas Le Clap de Sainte-Foy et Loretteville. Il y a toujours le cliché qui dit que les jeunes ne viennent pas au cinéma, dit-il. Les 15-30 ans constituent en réalité un segment majeur de sa clientèle.

Le réalisateur et youtuber de 20 ans Kane Parsons.
Photo : Sela Shiloni
Les données mondiales confirment par ailleurs cette tendance : 75 % des spectateurs d'Obsession ont entre 18 et 25 ans.
De son côté, le film Backrooms, réalisé par le jeune Youtubeur de 20 ans Kane Parsons, a aussi affiché complet dès son premier soir de projection, le 29 mai dernier. Tant sa version originale que sa version française ont attiré les spectateurs, déjouant toutes les estimations, explique le responsable du Clap. Ça n’arrive pas souvent, à part pour de gros gros films, mentionne-t-il.
Il nuance cependant en disant que le véritable test sera de voir si le grand public, au-delà de la communauté web déjà conquise, sera au rendez-vous au cours des prochaines semaines, comme c’est le cas actuellement avec Obsession.

L'acteur américain Michael Johnston dans le film «Obsession», de Curry Barker
Photo : Universal Pictures
Si les films d'horreur ont toujours séduit les jeunes et que les succès inattendus du cinéma indépendant ne datent pas d'hier – qu'on pense à Night of the Living Dead, Halloween ou The Blair Witch Project –, la véritable nouveauté réside dans le changement de paradigme qui s'opère aujourd'hui.
Le journaliste de Variety, Marlow Stern, s'est intéressé au bouleversement de l'industrie hollywoodienne provoqué par l'ascension fulgurante de cinéastes issus de YouTube. Cette nouvelle vague profite d'une maîtrise technique autodidacte et d'un lien direct avec des millions d'abonnés fidèles pour contourner les intermédiaires traditionnels du cinéma, écrit-il.
Patrick Marleau confirme le changement qui est en train de s’opérer. Ils ont une plateforme de diffusion pour mettre leurs propres œuvres, alors qu'avant, ces cinéastes-là devaient passer par des festivals. C'est souvent comme ça qu'ils se faisaient voir, et là, ils attiraient l'attention d'Hollywood, souvent par des courts métrages. Puis là, ils réussissaient à se faire financer un long [métrage], explique-t-il. Le chemin a changé à cause de YouTube, précise-t-il.

Patrick Marleau, responsable du développement pour Cinéma Le Clap
Photo : Courtoisie Patrick Marleau
Il y a toute une contre-culture sur le web que les personnes plus âgées, vu qu'on ne navigue pas, on ne connaît pas. Mais pour eux, c'est leur nouvelle vedette, c'est leur Brad Pitt, c'est leurs Beatles, souligne-t-il.
Des réalisateurs nés sur Internet, comme Kane Parsons, Curry Barker et Markiplier (créateur de Iron Lung sorti en salles en janvier 2026) dominent désormais le box-office avec des productions d'horreur à petit budget, surpassant les franchises établies de Disney ou Star Wars.
Ce qui est intéressant, souligne Patrick Marleau, c'est que là, on a deux films [Obsession et Backrooms] qui visent vraiment le même public au même moment, puis ils ne se cannibalisent pas l’un et l'autre, mentionne-t-il.
Généralement il y a toujours un film qui risque d'être moins populaire vu que les gens vont se concentrer sur un film, mais là, on dirait qu’il y a un buzz… Les jeunes vont vraiment voir ces deux films-là, puis ils sont très enthousiasmés par ce contenu-là, dit-il, précisant qu'il s'agit d'un phénomène rare.

La photo originale des «Backrooms» , film de Kane Parsons
Photo : Bill Magritz
Ces créateurs disposent déjà d'une communauté d’admirateurs dévoués, ce qui crée le bouche-à-oreille.
Il s'agit d'un scénario idéal pour les cinémas, explique l’expert et analyste dans le domaine du cinéma et du box-office Paul Dergarabedian au magazine Variety.
Plutôt que d'être un rival, le "petit écran" (le streaming, Internet) peut s'avérer complémentaire et bénéfique. Si les créateurs de contenu sur YouTube parviennent à déplacer leur public de l'ordinateur vers les salles de cinéma, l'impact sera colossal. Alors que tout le monde cherche comment attirer plus de spectateurs en salle, la réponse, ironiquement, se trouve peut-être du côté des écrans individuels, note l'expert.


1 week_ago
55



























.jpg)






French (CA)