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Les films au cinéma cette semaine : faut-il voir ou éviter Toy Story 5, Backrooms et Ulysse ?

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Le grand retour des jouets de Bonnie, un nouveau genre de film d’horreur inspiré de YouTube, une magnifique histoire autour du handicap... La sélection cinéma du Figaro.

Ulysse - À voir

Comédie dramatique de Lætitia Masson - 1 h 37

À un an, Ulysse ne tient pas sur ses jambes, est tout petit, ne mange pas et semble souvent absent. Après un premier bilan, le verdict tombe : il est atteint du syndrome de Noonan. Dans leur appartement aux grandes baies vitrées sur le parvis des Olympiades, à Paris, ses parents Alice et Vladimir vont devoir s’adapter. La vie avec Ulysse promet des murs de difficulté, mais aussi de multiples graines de bonheur. Mais à l’heure d’affronter le monde extérieur, les obstacles ressemblent à l’ascension d’un 8 000 mètres.

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Avec ce film, le handicap progresse d’un grand pas au cinéma. Lætitia Masson montre une mère combative au point de s’oublier, un père accablé par la douleur mais qui maintient un lien après s’être mis à distance et des institutions souvent décourageantes et parfois profiteuses. Elle parvient aussi à nous faire ressentir le monde tel que le perçoit Ulysse. F. V.

La note du Figaro  : 3,5/4

À lire aussi Notre critique d’Ulysse : un truc en plus pour le handicap au cinéma

Toy Story 5 - À voir

Film d’animation d’Andrew Stanton - 1 h 42

Après sept ans de réflexion, les jouets de Toy Story entament un nouveau tour de piste. Dans Toy Story 5, Bonnie a grandi. Mais à 8 ans, elle continue à jouer dans le jardin de sa maison avec tous ses jouets qui lui sont si chers. Le film débute même par un mariage croquignolesque entre Monsieur Fourchette et Madame Beverly qui sont déclarés « couverts pour la vie ! ». Mais le monde a changé. La technologie dernier cri s’invite incidemment dans la vie de la petite fille qui reçoit de ses parents une tablette numérique en forme de grenouille baptisée Lilypad. Le petit monde de cette énergique gamine imaginative et délurée s’en trouve bouleversé.

Le film rappelle avec optimisme et un brin d’émotion nostalgique que la technologie peut aussi être une source d’amusement et de lien avec les autres. L’outil n’est pas mauvais en soi. Mais il envahit, il remplace, il hypnotise comme jadis le serpent envoûtait Mowgli dans Le Livre de la jungleO. D.

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La note du Figaro  : 3/4

À lire aussi Toy Story 5, une saga qui s’adapte à l’ère numérique du temps

Backrooms - À voir

Film d’horreur de Kane Parsons - 1 h 51

Backrooms se situe en 1990, bien avant internet. Clark est vendeur dans un magasin de meubles de la taille d’un hangar. Il dort sur un canapé au sous-sol depuis son divorce. Il consulte une psy, Mary Kline qui l’aide à cesser de ruminer ses échecs – il est aussi un architecte raté. Une nuit, Clark découvre un portail invisible lui permet de traverser un mur, tel le passe-muraille de Marcel Aymé. Un passage qui donne sur un autre espace. Cet espace ressemble à un dédale sans fin, fait de couloirs, de pièces sans fenêtres dans lesquelles s’entassent parfois des meubles, de portes qui ne mènent nulle part, de demi-portes que l’on ne peut franchir qu’en rampant.

Backrooms, prototype énigmatique, ne ressemble à rien de connu et annonce un regain du cinéma d’horreur. Kane Parsons ne mâche pas le travail au spectateur. Il ouvre de nombreuses portes mais donne peu de clés, à rebours d’un cinéma actuel, américain ou non, le plus souvent explicatif et rétif à l’étrangeté. É. S.

La note du Figaro  : 3/4

À lire aussi Notre critique de Backrooms : le labyrinthe stupéfiant de Kane Parsons

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Jim Queen - À voir

Film d’animation de Marco Nguyen et Nicolas Athane - 1 h 25

Panique dans le Marais. Première victime : Jim Parfait. Cet influenceur barbu et baraqué aux millions de followers est une star dans son milieu. Il a publié un livre qui est un best-seller. Biceps et pectoraux, pilosité savamment organisée, dans les salles de gymnastique, on ne voit que lui. La catastrophe survient lorsque ses abdominaux s’effacent un à un. Ses fans se détournent de lui, commencent à lui préférer son rival Pavel. Le costaud et le gourdiflot se mettent en quête d’un antidote à la maladie...

Dans une esthétique kitsch, bouffie de rose et de violet, avec des gags et des blagues, les réalisateurs Marco Nguyen et Nicolas Athané affichent une vitalité profonde. Tout cela est rapide et décomplexé, culotté en diable. On en sort avec des paillettes plein les yeux. Danger : le rire est contagieux. Il risque d’envahir la France entière. É. N.

La note du Figaro  : 3/4

À lire aussi Notre critique de Jim Queen : panique chez les gays

La Baleine et le Musicien - On peut voir

Documentaire de Valentin Paoli - 1 h 23

Rone, virtuose de la musique électronique, a planté ses micros dans les profondeurs océanes au large de La Réunion pour tenter de dialoguer avec des baleines. L’idée lui est venue après avoir reçu des vidéos de marins qui voyaient des cétacés s’approcher chaque fois qu’ils diffusaient sa musique. Construit en trois parties, le documentaire pénètre dans l’intimité du processus créatif de Rone, part à l’aventure avec un bio-acousticien spécialiste des baleines soucieux de les respecter et plonge dans cette expérience pour rencontrer ces géants des mers.

Ni documentaire animalier, ni docu-fiction, l’ensemble tend vers le portrait d’artiste avec les atours d’une fable. L’œil pétillant, équipé de son synthétiseur modulaire, Rone y apparaît lunaire voire illuminé. Mais son émerveillement devant l’apparition d’une caudale et son inventivité pour recréer le chant des baleines provoquent de belles émotions. L’ensemble a certes de la tenue, mais tire quelque peu à la ligne pour tenir en haleine le spectateur qui attend la réponse à sa question : la baleine répondra-t-elle au musicien ? F. V.

La note du Figaro  : 2/4

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