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Les feux de forêt mettent-ils à risque votre communauté?

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«On veut identifier les communautés les plus à risque, pour informer les décideurs et éventuellement mettre en place des aménagements qui réduisent leur vulnérabilité», explique Yan Boucher, professeur en écologie et aménagement forestier à l’UQAC et directeur de l’ORRFB.

L’outil ne vise pas à prédire un feu précis, mais à estimer, à moyen et à long terme, la probabilité qu’un milieu habité soit menacé selon sa localisation, son historique d’incendies, son climat régional et sa végétation. L’indice calculé reflète ainsi une vulnérabilité, plutôt qu’un danger ponctuel lié aux conditions météo du moment.

Selon l’Observatoire, plus l’indice se rapproche de 6, plus une MRC est jugée prédisposée aux grands feux de forêt. Le portrait repose sur quatre indicateurs: les superficies historiques brûlées, la fréquence des départs de feux, les indices forêt-météo projetés pour 2021-2050 et la nature des combustibles présents sur le territoire.

À titre informatif, les territoires les plus à risque se trouvent tous dans le Nord-du-Québec et sur la Côte-Nord. La MRC du Domaine-du-Roy se retrouve au 7e rang sur 107, des MRC les plus à risque, alors que la MRC Maria-Chapdelaine se trouve au 10e rang. Pour savoir quel est le niveau de risque chez vous, vous pouvez consulter cette carte interactive.

Le chercheur explique que l’exercice s’appuie sur une perspective historique de long terme, avec des données qui remontent à plus de 140 ans, afin de mieux intégrer les prédispositions du territoire face aux incendies. L’approche doit aussi permettre de mieux orienter l’aménagement du territoire, la réduction de la charge en combustibles et certaines interventions sylvicoles dans les zones jugées plus vulnérables.

Dans cette évaluation, la nature du combustible compte beaucoup. «Les vieilles forêts de conifères sont généralement considérées comme de très bons combustibles, alors que des milieux plus feuillus brûlent moins facilement», explique-t-il.

L’Observatoire évoque ainsi des pistes d’adaptation, comme l’éclaircie, l’intégration d’essences feuillues et, plus largement, un aménagement forestier qui réduit la qualité des combustibles autour des communautés et des infrastructures. Des projets pilotes de plantations feuillues sont d’ailleurs en cours à Chapais et à Sainte-Élizabeth-de-Proulx avec du bouleau blanc, de l’érable rouge et du peuplier hybride pour réduire la vulnérabilité aux feux.

Développé avec la SOPFEU, le ministère de la Sécurité intérieure du Québec (MSI) et le ministère des Ressources naturelles et Forêts du Québec (MRNF), le projet est encore en version bêta, présentant un portrait à l’échelle des MRC. La prochaine étape consiste à affiner l’outil d’ici la fin de l’été afin de dégager, communauté par communauté, les endroits où intervenir en priorité.

L’Observatoire rappelle enfin que cette carte ne doit pas être confondue avec l’indice de danger d’incendie de la SOPFEU, qui varie selon la météo au fil de la saison. Elle vise plutôt à dresser un portrait de fond, utile pour la planification et l’adaptation à plus long terme.

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