Intouchables, du duo Nakache et Toledano, Les invisibles, de Louis-Jean Petit, La vache, de Mohamed Hamidi… Le cinéma français semble s’être fait une spécialité ces dernières années de ces comédies qui, derrière leur ton bon enfant et leur atmosphère chaleureuse, gratouillent les bobos sociopolitiques du moment.
Qui a dit que les gens au sein des populations déclassées, marginalisées, victimes d’un système toujours plus excluant, n’avaient pas le droit de devenir des héros et des héroïnes de cinéma?

Les femmes du square, du Julien RambaldiPhoto : K-Films Amérique
Une héroïne du quotidien
Les femmes du square, de Julien Rambaldi (Bienvenue à Clergy-Gaumont), fait parfaitement partie de cette tendance.
L’héroïne, cette fois, se nomme Angèle, jeune Ivoirienne sans papiers vivotant à Paris d’arnaques diverses qu’elle réussit grâce à son bagout et sa personnalité haute en couleur. Bien sûr, les choses tourneront mal et, grâce à une voisine, elle trouvera un refuge temporaire en devenant nounou pour une mère bourgeoise dans les beaux quartiers.

Les femmes du square, du Julien RambaldiPhoto : K-Films Amérique
De l’empathie à tous les étages
Découverte d’une nouvelle communauté, réalisation que ce métier essentiel qui consiste à prendre soin des enfants des autres est parfois exercé dans des conditions déplorables, ouverture de son cœur à une cause plus grande et belle que ses propres petits ennuis: les ingrédients du succès sont là, amenés avec générosité et tendresse. Bien sûr, la musique est parfois trop insistante, les sous-intrigues semblent cousues de fil blanc, et le conte de fées a ces accents angéliques qui contrecarrent une subversion plus révolutionnaire, mais qu’importe:
la vague réconfortante l’emporte et suscite une empathie bien réelle dès qu’Angèle monte aux barricades.

Les femmes du square, de Julien RambaldiPhoto : K-Films Amérique
La découverte Eye Haïdara
Car cette jeune femme est une pasionaria que le récit fait découvrir à elle-même. Et de rebelle rigolarde, telle la proverbiale chenille, elle se transforme en meneuse de femmes, ne reculant devant rien pour qu’enfin les droits de toutes soient respectés.
Si Les femmes du square multiplie les plans séquences pour suivre le fil de ce récit, c’est surtout l’abattage et l’énergie d’Eye Haïdara (découverte dans Le sens de la fête, de Nakache et Toledano, justement) qui emportent la mise, au point de se dire que la vraie vie serait probablement plus tolérable si elle était peuplée de femmes comme elle, qui osent se tenir debout.
Les femmes du square, à voir sur ICI Télé le jeudi 11 juin, à 14 h
La bande-annonce (source : YouTube):


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