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Des avions de guerre et des missiles américains ont frappé l’Iran pour une 13e nuit consécutive en fin de journée jeudi et dans la matinée de vendredi, touchant des sites allant du détroit d’Hormuz aux côtes de la mer Caspienne.
Une attaque américaine contre la ville d'Ahvaz a fait quatre morts et cinq blessés, a rapporté la chaîne publique IRIB.
Ces bombardements intervenaient alors que le président américain Donald Trump rencontrait vendredi des conseillers de haut rang et des membres de son cabinet pour décider s’il ordonnerait une vaste extension de la guerre, a rapporté le New York Times ce jour-là, citant quatre personnes au fait de cette discussion.
«Écoutez, nous sommes prêts à passer à l'action», a déclaré Trump aux journalistes à la Maison-Blanche vendredi après-midi.
Cette réunion marquait l'aboutissement d'une semaine de menaces lancées publiquement. Dans une interview accordée à Axios et publiée jeudi, Trump a déclaré qu'il envisageait «une attaque de grande envergure, plus importante que jamais», ajoutant que l'Iran n'avait «pas encore suffisamment souffert».
Mercredi, il a menacé de « bombarder et détruire UN PONT OU UNE CENTRALE ÉLECTRIQUE » en Iran chaque fois qu'une arme iranienne toucherait un navire dans le détroit d’Hormuz.
Les forces nécessaires à cette escalade sont déjà en place. Le Wall Street Journal a fait état mercredi de l’envoi massif dans la région de forces d’opérations spéciales, d’escadrons de chasse et de personnel médical.
Le Times rapporta vendredi que:
Selon plusieurs responsables militaires américains s’exprimant sous couvert d’anonymat pour évoquer des questions opérationnelles, des chasseurs F-16 supplémentaires de l’armée de l’air venus d’Allemagne et des avions furtifs F-35 venus de Grande-Bretagne sont arrivés au Moyen-Orient ces derniers jours. Ils y rejoignaient les dizaines d’avions de guerre et de drones d’attaque déjà positionnés sur des bases terrestres ou sur deux porte-avions.
Selon le même article, les équipages de B-2 et B-52 stationnés aux États-Unis ont été placés en état d'alerte, et une flotte de près de 20 navires de guerre opère dans la mer d'Arabie et ses environs. Quelque 50 000 soldats américains sont affectés à la guerre dans la région et en Europe.
Le Journal a également rapporté mercredi que plus de 150 professionnels de santé supplémentaires avaient été dépêchés à l’hôpital militaire américain de Landstuhl, en Allemagne — en préparation à des pertes américaines d’une toute autre ampleur que celles vues jusque là dans cette guerre.
L'administration prépare activement une invasion terrestre. Le 15 juillet, le Journal a révélé que les conseillers de Trump, réunis dans le Situation Room de la Maison-Blanche, avaient envisagé de débarquer des troupes américaines sur le terminal pétrolier de l'île de Kharg.
Reuters a rapporté vendredi que parmi les menaces proférées ces derniers jours par Trump figuraient la prise de cette île par des forces terrestres et le bombardement du site souterrain lié au programme nucléaire situé à Pickaxe Mountain.
Tout en préparant une guerre plus large, l’administration dissimule le coût humain de la guerre jusqu’à ce jour. Vendredi, le décompte officiel du Pentagone des morts américains dans cette guerre s’élevait à 14, et non plus à 18 — les quatre soldats retirés du compte étant ceux tués lors des attaques iraniennes de la mi-juillet en Jordanie et en Irak et dont Trump a accueilli les dépouilles à la base aérienne de Dover mercredi.
Trois responsables militaires ont déclaré vendredi au New York Times que ces quatre soldats avaient été retirés au motif qu’ils étaient morts après la déclaration d’un cessez-le-feu par Trump en avril. Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a imputé cela à «une interruption temporaire des données».
Le général de division à la retraite Paul Eaton a qualifié cette révision de tour de passe-passe statistique, destiné à faire paraître la guerre moins coûteuse et à dissimuler au public le cours réel des événements. Le représentant républicain du Kentucky, Thomas Massie, a rejeté l'explication du Pentagone, la qualifiant de stratagème, et a affirmé qu'en menant une guerre pendant plus de 90 jours sans autorisation du Congrès, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth violait la loi.
Le décompte officiel des blessés a été réduit au cours de la même semaine, passant de 482 à 420, sans aucune explication. Des responsables ont déclaré à Reuters que le nombre réel de blessés dépassait les 500. La dernière fois que le Pentagone a tenu un point de presse détaillé remonte à mai.
À l'intérieur de l'Iran, le bilan des victimes s'alourdit. Le ministère iranien de la Santé a établi vendredi le bilan à 59 morts et 666 blessés depuis que Trump a relancé la campagne de bombardements fin juin, dans une guerre qui déjà tué des milliers d’Iraniens.
L’armée américaine détruit de plus en plus de ponts ferroviaires utilisés par des civils. Selon des responsables militaires interrogés par le Times, elle a frappé plus de 1 000 sites au cours des deux semaines de la présente escalade — stations radar, lance-missiles, embarcations et ponts. Cela s’ajoute aux quelque 13 000 sites frappés lors de la campagne initiale entre le 28 février et le cessez-le-feu du 8 avril.
L’Iran a répliqué vendredi en lançant des missiles et des drones dans toute la région. Son armée a déclaré avoir frappé des dépôts américains à Camp Buehring, et des positions à Camp Arifjan et Camp Doha au Koweït. Les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir endommagé une tour de surveillance de la Cinquième flotte américaine à Bahreïn et touché une caserne, des avions de chasse et des batteries de défense antiaérienne en Jordanie et au Kurdistan irakien.
La Jordanie a déclaré avoir abattu sept missiles et six drones. Les Gardiens de la révolution ont mis en garde les civils des États du Golfe leur demandant de se tenir à au moins 500 mètres des bâtiments utilisés par les forces américaines.
Selon le Times, le porte-parole militaire américain, le capitaine de vaisseau Tim Hawkins, a déclaré vendredi que des forces américaines maintenant le blocus naval avaient tiré vendredi sur la salle des machines du pétrolier Lavine, l’immobilisant après que son équipage eut tenté de forcer le blocus.
La guerre étrangle l’économie mondiale. Après que les Houthis eurent frappé des pétroliers saoudiens en mer Rouge cette semaine, le pétrole brut Brent a dépassé vendredi les 100 dollars le baril pour la première fois depuis mai, avant de revenir à environ 96 dollars.
Un seul pétrolier a traversé le détroit d'Ormuz jeudi, soit le nombre le plus faible depuis le 7 mai. L'assurance contre les risques de guerre en mer Rouge méridionale a doublé pour certains armateurs. Le contournement de l'Afrique allonge d'au moins quatre semaines la durée de voyage d'un pétrolier.
Ce sont les travailleurs qui en supportent le coût. Selon l'AAA, le prix de l'essence s'élevait vendredi aux États-Unis à un peu plus de 4,10 dollars le gallon en moyenne; par ailleurs, Indermit Gill, économiste en chef de la Banque mondiale, a déclaré cette semaine à Reuters que la guerre pourrait ramener la croissance mondiale à seulement 1,3 % cette année, contre 2,9 % l'an dernier.
Le conflit s’élargit en guerre à l’échelle de toute la région. Le Journal rapportait vendredi que Bahreïn et le Koweït, bénéficiant du renseignement des Émirats et de leur couverture aérienne, avaient secrètement bombardé des sites militaires en Iran début juillet — leurs premières attaques directes contre le pays. Ces frappes ont touché des dépôts de stockage de drones et de missiles, écrit le Journal, après des semaines où l’Iran avait concentré ses tirs sur ces deux États abritant des bases américaines.
Israël, qui a lancé la guerre aux côtés de Washington en février, poursuit son offensive dans la bande de Gaza. Des frappes israéliennes y ont tué 12 personnes mardi selon les services de secours dont un père, son épouse et leurs quatre enfants dans leur maison incendiée à Gaza.


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