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Le dynamisme économique de la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard était à l'honneur samedi alors que le Village musical acadien accueillait le Gala des entrepreneurs.
Organisé par la Chambre de commerce acadienne et francophone, le Gala des entrepreneurs est bien plus qu’une simple remise de prix. Pour Stéphane Blanchard, directeur général du RDÉE Île-du-Prince-Édouard, c’est le baromètre de la vitalité de l'île.
Les entrepreneurs, c'est comme le poumon de la communauté acadienne francophone. C'est grâce à eux que beaucoup de personnes peuvent se trouver du boulot. C'est grâce à eux qu'on offre des services encore en français, assure-t-il.
Sans l'entrepreneuriat, ça serait difficile pour la communauté acadienne et francophone de pouvoir survivre.

«Lorsque l'on s'affiche en français, on va avoir l'opportunité d'avoir une plus grande clientèle», affirme Stéphane Blanchard, le directeur du RDÉE Île-du-Prince-Édouard.
Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult
Offrir des services dans sa langue maternelle n’est pas qu’une question de confort, c’est un acte de fierté et de proximité. Karen Richard, propriétaire du salon La Coupe Classique à Urbainville, intronisée au Temple de la renommée lors du gala, en témoigne avec émotion.
Depuis 1992, elle sert une clientèle fidèle, majoritairement composée d'aînés pour qui s'exprimer en français est primordial.
Un service de proximité et de fierté
C’est très important, parce que c’est beau d’avoir un service où tu te sens confortable, surtout quand t’es dans une chaise et que quelqu'un te coupe les cheveux, confie Karen Richard.
C’est plus confortable la personne qui parle plus le français que l’anglais. Alors je suis fière que j’ai le pouvoir de donner ce service-là.

«C’est vraiment un beau social, mes clients, c’est plus comme des amis quasiment», raconte la coiffeuse Karen Richard.
Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult
Pourtant, le défi reste de rendre cette identité visible dans un environnement majoritairement anglophone.
Pour Raphaël Amiot-Savard, copropriétaire de l'entreprise Knead a Brake — un concept original alliant boulangerie et boutique de vélo —, être francophone est un atout qu'il faut savoir mettre en avant, bien que cela demande un effort constant.
Quand ils voient que c'est une entreprise française aussi, c'est plus confortable pour eux d'être capables de parler avec nous en français, dit-il.
Son entreprise, qui a obtenu le prix annuel de reconnaissance impact développement durable lors du gala, voit sa clientèle francophone croître.
Raphaël Amiot-Savard admet toutefois qu'il est parfois difficile de montrer cette facette française lorsque l'on souhaite inclure tout le monde.

«On est ouverts toute l'année. On trouve toujours que c'est triste sur l'île quand nos places préférées se ferment durant l'hiver», observe Raphaël Amiot-Savard.
Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult
Tissu entrepreneurial solide
Ce constat de solidité économique est partagé par Christian Gallant, fondateur de l’entreprise d'événementiel Triquetra Entertainment.
Depuis 2010, il produit des événements, travaille avec des artistes et gère des relations médias pour une clientèle variée, allant des organismes communautaires comme la SAF’Île au gouvernement.
Bien que son activité soit bilingue, il affirme que l'écosystème francophone est une réalité tangible.
Je travaille avec beaucoup de clients francophones. Le besoin est là, parce qu'il y a toujours des événements, que ce soit des galas, que ce soit des soirées de musique, explique-t-il.
Selon lui, travailler dans un environnement 100 % francophone à l'île est tout à fait réalisable, particulièrement durant des périodes comme l'été ou le mois de la Francophonie.
Malgré les défis de visibilité, ces entrepreneurs prouvent que la langue française reste, plus que jamais, un moteur de croissance et de cohésion pour l'économie insulaire.


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