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En 2021, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie-CHUS mettait en place un plan d'action pour éviter que la mort tragique de la fillette de Granby ne se répète. Cinq ans plus tard, plusieurs acteurs de la région tirent un bilan positif des mesures déployées pour identifier plus rapidement les situations de négligence et d'abus.
Il y a une meilleure communication entre les professionnels des milieux de la santé, du communautaire et de l'éducation, croit le directeur général du Centre de services scolaire des Hauts-Cantons, Martial Gaudreault.
Le plan a permis de nous rapprocher, d'identifier des tables claires de concertation, puis de travailler de façon plus rapprochée autour de nos jeunes qui avaient des besoins, explique le gestionnaire.
Par exemple, quand un élève se présente à l'école, l'enseignant communique tout d'abord avec le parent, explique Martial Gaudreault. Mais quand on voit que les besoins du jeune outrepassent nos compétences scolaires, à ce moment-là, avec les plans de services individualisés, on fait appel à nos partenaires, puis on se concerte pour trouver les meilleures solutions pour accompagner le jeune et sa famille.
Un travail d'équipe qui permet aux enseignants d'éviter de faire systématiquement un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), ce qui était le cas auparavant. Le Plan d’action pour les jeunes et leurs familles poursuit un but : agir en amont pour assurer le bien-être de l'enfant avant qu'il ne soit trop tard et qu'il doive être retiré de son milieu familial. La Protection de la jeunesse doit s'appliquer en dernier recours, défend le CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Des intervenants se sont rassemblés, jeudi, pour tirer un bilan du Plan d’action pour les jeunes et leurs familles, cinq ans après son implantation.
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
La directrice générale adjointe de l'organisation, Karine Duchaineau, explique que plus de 300 personnes ont été ciblées en région pour identifier les priorités d’action et mieux coordonner les services.
J'ai la conviction qu'en agissant le plus rapidement possible et en étant le plus concertés dans des situations complexes, nous aidons mieux les jeunes et leurs familles. On minimise ainsi les risques, a résumé la gestionnaire en point de presse, jeudi.
Dire qu'il n'y a aucun événement qui pourrait arriver, ce serait un engagement que je ne suis pas en mesure de prendre. Notre engagement est vraiment sur l'accessibilité et la concertation entre les partenaires pour faire en sorte que les situations complexes que vivent nos jeunes puissent être adressées adéquatement, a-t-elle précisé.
Détecter en CPE
La directrice générale du Regroupement des centres de la petite enfance des Cantons de l’Est, Caroline Niquette, est également satisfaite des mesures qui ont été prises. Moins d'éducatrices font des signalements à la DPJ depuis cinq ans, indique-t-elle, sans chiffrer la baisse. Oui, on voit une amélioration, même si du travail reste à faire, admet-elle.
Elle mentionne que les éducatrices qui œuvrent auprès des tout-petits sont en première ligne pour identifier les besoins hâtivement. Les intervenants dans les CPE sont des experts de cette période charnière où tout se passe pour le développement du cerveau. De pouvoir amener cette expertise est très pertinent. Nous sommes capables de mettre en place une structure qui va suivre l'enfant dans sa transition vers la maternelle et tout son parcours scolaire, soutient Caroline Niquette.
De son côté, la représentante du Regroupement des organismes communautaires Famille de l'Estrie, Caroline Payeur, se réjouit de la place accordée au milieu communautaire.
« Nous agissons comme un filet social autour des familles. Nous sommes souvent un endroit moins intimidant pour les familles, en particulier pour celles qui sont plus vulnérables. Nous les accompagnons vers les services », souligne-t-elle.
Le plan a été mis en place à la suite du dépôt du rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse. La présidente de la commission, Régine Laurent, avait conclu en 2021 que le Québec ne parvenait pas à protéger ses enfants convenablement. La mort de la fillette de Granby aurait pu être évitée avec de meilleurs filets de prévention, avait-elle statué.


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