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Après « Les Animaux fantastiques » pour le thème de Culture Générale & Expression en BTS 2025-2026 « Les animaux et nous », voici l’étape 1 d’un cycle de cours « Dans la lignée d’Orphée », consacrée aux enfants sauvages ? De Cybèle à Truffaut, en passant par Romulus & Rémus, Mowgli & Tarzan.
Des mythes les plus antiques aux charmeurs de serpents, dompteurs, éthologues & vétérinaires de l’époque moderne, en passant par les créatures littéraires, le mythe d’Orphée est suivi de personnages réels ou mythiques proches des animaux. Cela va du motif de l’enfant sauvage élevé par des animaux sauvages, lions ou loups, à celui qui sait apprivoiser les bêtes sauvages, en passant par le motif inverse de l’animal sauvage élevé par un homme.
Les mythes antiques : Cybèle, Romulus & Rémus
Les mythes antiques relatent plusieurs histoires d’enfants élevés soit par des bergers, soit par des animaux sauvages, souvent après avoir été abandonnés parce qu’ils constituaient une menace dynastique (Œdipe, Pélias & Nélée, etc). On notera surtout deux cas plus connus.
Cybèle
Cybèle est la déesse-mère d’origine phrygienne adoptée d’abord par les Grecs puis par les Romains, « abandonnée à sa naissance et recueillie par un léopard ou un lion ». […] « Principalement associée à la fertilité, elle incarnait aussi la nature sauvage, symbolisée par les lions qui l’accompagnent ». Voici une statuette du XVIIIe siècle, à voler au Louvre…
Romulus & Rémus
Romulus & Rémus incarnent le cas le plus connu, fréquent dans l’iconographie par des sculptures visibles dans toute l’Europe, par exemple en Roumanie, où son exhibition exalte la particularité linguistique de ce pays roman entouré de pays slaves. Voici un extrait des Vies des hommes illustres (= Vies parallèles) de Plutarque (44-125), traduction par Alexis Pierron. Je n’ai gardé que les parties pertinentes pour ce cours.
« Il y a plus : ceux qui croient, avec tant de raison, que Romulus donna son nom à la ville, ne s’accordent pas eux-mêmes sur l’origine de Romulus. […] Il y en a qui ne content, sur sa naissance, que de pures fables. Tarchétius, disent-ils, roi des Albains, le plus injuste et le plus cruel des hommes, eut dans son palais une apparition divine : il vit sortir de son foyer un phallus ; et cette figure y resta plusieurs jours. Il y avait alors, en Étrurie, un oracle de Téthys, que Tarchétius envoya consulter. L’oracle répondit qu’il fallait qu’une vierge eût commerce avec cette figure ; qu’il naîtrait d’elle un fils très-illustre […]. Tarchétius fit part à une de ses filles de la réponse de l’oracle, et il lui ordonna de l’accomplir. Elle […] envoya, à sa place une de ses suivantes. […] Cependant la suivante mit au monde, des œuvres du phallus, deux jumeaux, que le roi donna à un certain Tératius, avec ordre de les faire périr. Cet homme les exposa sur le bord du fleuve ; et là, une louve accourut pour donner la mamelle aux deux enfants, et des oiseaux de toute sorte leur apportèrent la becquée. Cela dura jusqu’au jour où un bouvier s’en aperçut : tout émerveillé, il prit la hardiesse de s’approcher, et il emporta les enfants. […] Mais la tradition la plus vraisemblable […] se ramène, en somme, à ce qui va suivre.
La succession des rois descendus d’Énée était arrivée aux mains de deux frères, Numitor et Amulius. […] Amulius, devenu, par ses trésors, plus puissant que son frère, […] craignant que la fille de Numitor ne mît au monde des enfants, il la fit prêtresse de Vesta, pour qu’elle […] usât ses jours dans la virginité. Les uns la nomment Ilia, d’autres Rhéa, et quelques-uns Silvia. Peu de temps après, elle se trouva enceinte, contrairement à la règle que la loi impose aux vestales. […] Elle mit au monde deux jumeaux, grands et beaux à merveille. Alors Amulius […] chargea un de ses domestiques de les exposer […]. Le domestique, ayant mis les enfants dans un berceau, descendit vers le Tibre, pour les y jeter ; mais il vit le courant si enflé et si rapide, qu’il n’osa s’approcher : il les posa près du rivage, et se retira. L’eau finit par déborder ; et, soulevant doucement le berceau, elle le porta sur un terrain mou et uni […]. C’est là que les deux enfants, posés ainsi à terre, furent allaités par la louve, et qu’un pivert venait partager avec elle le soin de les nourrir et de les garder. Ces deux animaux passent pour être consacrés à Mars ; et les Latins honorent le pivert d’un culte particulier. Aussi ne manqua-t-on point d’ajouter foi au témoignage de la mère, que les deux enfants étaient nés du dieu Mars. […] D’autres veulent aussi que le nom de la nourrice ait été, par l’effet d’une équivoque, l’occasion de cette fable. Les Latins appelaient louves et les femelles des loups et les femmes qui se prostituent : or, telle était la femme de ce Faustulus, qui avait élevé chez lui les enfants.
Voici une photographie d’art extraite du Calendrier Lavazza 2009, par Annie Leibovitz.
Question 1 : Ce calendrier a fait scandale. En quoi réactive-t-il les éléments du mythe de Romulus & Rémus ?
2. Enfants sauvages de la littérature.
2.1. Le Livre de la jungle (1894) de Rudyard Kipling (1865-1936)
Le Livre de la Jungle est un recueil de 7 nouvelles dont 5 racontent une histoire qui se passe dans la jungle, dans une Inde de fantaisie où vivent des animaux anthropomorphisés, ainsi que des hommes (les 2 autres nouvelles se déroulent dans le Grand Nord). Les nouvelles se succèdent dans un ordre qui n’est pas nécessairement chronologique, et permettent de découvrir par différents côtés la destinée de Mowgli « petit d’homme ». Mowgli ayant été séparé de ses parents à la suite de l’attaque du tigre Shere Khan, qui se brûle la patte dans leur feu au passage, il rampe jusqu’au refuge de Père Loup & Raksha, sa femelle, qui décident de l’élever avec leurs louveteaux. Traduction de Louis Fabulet & Robert d’Humières. Éditions du Sagittaire, 1924.
« — Quelque chose monte la colline, dit Mère Louve en dressant une oreille. Tiens-toi prêt.
Il y eut un petit froissement de buisson dans le fourré. Père Loup, ses hanches sous lui, se ramassa, prêt à sauter. Alors, si vous aviez été là, vous auriez vu la chose la plus étonnante du monde : le loup arrêté à mi-bond. Il prit son élan avant de savoir ce qu’il visait, puis tenta de se retenir. Il en résulta un saut de quatre ou cinq pieds droit en l’air, d’où il retomba presque au même point du sol qu’il avait quitté.
— Un homme ! hargna-t-il. Un petit d’homme. Regarde !
En effet, devant lui, s’appuyant à une branche basse, se tenait un bébé brun tout nu, qui pouvait à peine marcher, le plus doux et potelé petit atome qui fût jamais venu la nuit à la caverne d’un loup. Il leva les yeux pour regarder Père Loup en face et se prit à rire.
— Est-ce un petit d’homme ? dit Mère Louve. Je n’en ai jamais vu. Apporte-le ici.
Un loup, accoutumé à transporter ses propres petits, peut très bien, s’il est nécessaire, prendre dans sa gueule un œuf sans le briser. Quoique les mâchoires de Père Loup se fussent refermées complètement sur le dos de l’enfant, pas une dent n’égratigna la peau lorsqu’il le déposa au milieu de ses petits.
— Qu’il est mignon ! Qu’il est nu ! Et — qu’il est brave ! dit avec douceur Mère Louve.
Le bébé se poussait, entre les petits, contre la chaleur du flanc tiède.
— Ah ! Ah ! Il prend son repas avec les autres. Ainsi, c’est un petit d’homme. A-t-il jamais existé une louve qui pût se vanter d’un petit d’homme parmi ses enfants ?
— J’ai parfois ouï parler de semblable chose, mais pas dans notre clan ni de mon temps, dit Père Loup. Il n’a pas un poil, et je pourrais le tuer en le touchant du pied. Mais, vois, il me regarde et n’a pas peur !
Le clair de lune s’éteignit à la bouche de la caverne, car la grosse tête carrée et les fortes épaules de Shere Khan en bloquaient l’ouverture et tentaient d’y pénétrer. Tabaqui, derrière lui, piaulait :
— Monseigneur, Monseigneur, il est entré ici !
— Shere Khan nous fait grand honneur, dit Père Loup, les yeux mauvais. Que veut Shere Khan ?
— Ma proie. Un petit d’homme a pris ce chemin. Ses parents se sont enfuis. Donnez-le-moi !
Shere Khan avait sauté sur le feu d’un campement de bûcherons, comme l’avait dit Père Loup, et la brûlure de ses pattes le rendait furieux. Mais Père Loup savait l’ouverture de la caverne trop étroite pour un tigre. Même où il se tenait, les épaules et les pattes de Shere Khan étaient resserrées par le manque de place, comme les membres d’un homme qui tenterait de combattre dans un baril.
— Les loups sont un peuple libre, dit Père Loup. Ils ne prennent d’ordres que du Conseil Supérieur du Clan, et non point d’aucun tueur de bœufs plus ou moins rayé. Le petit d’homme est à nous — pour le tuer s’il nous plaît.
— S’il vous plaît ! — Quel langage est-ce là ? Par le taureau que j’ai tué, dois-je attendre, le nez dans votre repaire de chiens, lorsqu’il s’agit de mon dû le plus strict ? C’est moi, Shere Khan, qui parle.
Le rugissement du tigre emplit la caverne de son tonnerre. Mère Louve secoua les petits de son flanc et s’élança, ses yeux, comme deux lunes vertes dans les ténèbres, fixés sur les yeux flambants de Shere Khan.
— Et c’est moi, Raksha (le Démon), qui vais te répondre. Le petit d’homme est mien, Lungri, le mien, à moi ! Il ne sera point tué. Il vivra pour courir avec le Clan, et pour chasser avec le Clan ; et, prends-y garde, chasseur de petits tout nus — mangeur de grenouilles — tueur de poissons ! il te fera la chasse, à toi !… Maintenant, sors d’ici, ou, par le Sambhur que j’ai tué — car moi je ne me nourris pas de bétail mort de faim, — tu retourneras à ta mère, tête brûlée de jungle, plus boiteux que jamais tu ne vins au monde. Va-t’en !
Père Loup leva les yeux, stupéfait. Il ne se souvenait plus assez des jours où il avait conquis Mère Louve en loyal combat contre cinq autres loups, au temps où dans les expéditions du Clan ce n’était pas par pure politesse qu’on la nommait le Démon. Shere Khan aurait pu tenir tête à Père Loup, mais il ne pouvait s’attaquer à Mère Louve, car il savait que, dans la position où il se trouvait, elle gardait tout l’avantage du terrain et qu’elle combattrait à mort. Aussi se recula-t-il hors de l’ouverture en grondant ; et, quand il fut à l’air libre, il cria :
— Chaque chien aboie dans sa propre cour ? Nous verrons ce que dira le Clan, comment il prendra cet élevage de petit d’homme. Le petit est à moi, et sous ma dent il faudra bien qu’à la fin il tombe, ô voleurs à queues touffues !
Mère Louve se laissa retomber, pantelante, parmi les petits, et Père Loup lui dit gravement :
— Là, Shere Khan a raison ; le petit doit être montré au Clan. Veux-tu encore le garder, mère ?
Elle haletait :
— Si je veux le garder ! Il est venu tout nu, la nuit, seul et mourant de faim, et il n’avait même pas peur. Regarde, il a déjà poussé un de nos bébés de côté. Et ce boucher boiteux l’aurait tué et se serait sauvé ensuite vers la Waingunga, tandis que les villageois d’ici seraient accourus à travers nos reposées, faire une battue pour en tirer vengeance ! Si je le garde ? Assurément, je le garde. Couche-toi là, petite Grenouille. Ô toi, Mowgli — car Mowgli la Grenouille je veux t’appeler, le temps viendra où tu feras la chasse à Shere Khan comme il t’a fait la chasse à toi ! »
« La Chasse de Kaa » par Maurice de Becque.
« Deux des singes les plus forts avaient empoigné Mowgli sous les bras et volaient à travers les cimes des arbres par bonds de vingt pieds à la fois. Seuls, ils auraient avancé deux fois plus vite, mais le poids de l’enfant les retardait. »
© Wikicommons
– Extrait d’une adaptation cinématographique : Le Livre de la jungle (1942) de Zoltan Korda (de 11’ à 18’) avec l’acteur Sabu (1924-1963).
Question 2 : : ce récit & le film présentent-ils l’histoire pour qu’on y croie, ou pour d’autres objectifs ?
2. 2. Tarzan chez les singes (Tarzan of the Apes), 1914, Edgar Rice Burroughs.
Traduction de Marc Baudoux (livre réédité sous divers titres français).
Il s’agit du premier d’une série de romans de cet auteur, qui seront fréquemment adaptés au cinéma ou en BD, dans des versions parfois très peu fidèles au texte original, ce qui le poussa à exiger une mention en ce sens au générique des films en question.
Tarzan est le fils d’aristocrates anglais qui ont été débarqués dans la jungle africaine à la suite d’une mutinerie. À la mort de son père, attaqué par le chef d’une tribu de grands singes, Tarzan, bébé, est recueilli par une guenon appelée Kala. Cette tribu, les manganis, est une espèce inconnue de la science mais qui partage des caractéristiques communes avec les gorilles, les chimpanzés et les premiers hominidés, en particulier une forme primitive de langage, la Langue grand-singe. En mangani, Tarzan signifie « peau blanche », mais son véritable nom est John Clayton III, Lord Greystoke
Le film Greystoke, la légende de Tarzan (1984) de Hugh Hudson avec Christophe Lambert tente de retrouver les idées du texte original (ci dessous).
Chapitre 5 « Le singe blanc »
Kala éleva tendrement l’enfant qu’elle avait recueilli. Elle s’étonnait en silence qu’il ne devînt pas fort et agile comme les petits des autres mères. Il fallut presque un an pour que le petit être entré en sa possession commençât à marcher seul. Quant à grimper… qu’il était donc débile !
Parfois Kala parlait avec les autres femelles de l’objet de tous ses espoirs, mais aucune d’elles ne parvenait à comprendre comment un enfant pouvait être si lent à apprendre. Quoi, il ne parvenait pas encore à trouver seul sa nourriture, et plus de douze lunes s’étaient écoulées depuis que Kala l’avait découvert !
Si elles avaient su que l’enfant avait déjà vécu treize lunes avant d’être adopté par Kala, elles auraient certainement considéré le cas comme absolument désespéré. En effet, les jeunes singes de leur tribu étaient aussi avancés après deux ou trois lunes que le petit étranger au bout de vingt-cinq.
Tublat, le mari de Kala, en était gravement contrarié et, sans la garde attentive de la femelle, il aurait déjà supprimé l’enfant.
— Ce ne sera jamais un grand singe, arguait-il. Tu devras toujours le porter et le protéger. Qu’apportera-t-il à la tribu ? Rien. Ce ne sera jamais qu’un fardeau. Laissons-le tranquillement endormi dans les hautes herbes. Tu pourras ensuite porter d’autres singes, plus forts, qui prendront soin de nous quand nous serons vieux.
— Jamais, Nez Cassé, répondit Kala. Si je dois le porter toute ma vie, il en sera ainsi.
Alors Tublat se rendit auprès de Kerchak pour l’exhorter à user de son autorité auprès de Kala et la forcer à se débarrasser du petit Tarzan, car c’était le nom qu’elle avait donné au jeune Lord Greystoke, un nom qui signifie Peau Blanche.
Mais quand Kerchak voulut lui parler de la question, Kala menaça de quitter la tribu si on ne la laissait pas tranquille avec l’enfant. C’était là un droit inaliénable des habitants de la jungle, lorsque l’un d’eux était insatisfait de sa vie parmi son peuple. On ne l’ennuya donc plus, car Kala était une belle et grande femelle et on ne tenait pas à la perdre.
En grandissant, Tarzan accomplit des progrès de plus en plus rapides, de sorte qu’à l’âge de dix ans il était un excellent grimpeur ; et, sur le sol, il pouvait faire quantité de choses dont ses petits frères et sœurs étaient incapables.
À bien des égards, il était différent d’eux, et il les étonnait souvent par sa ruse et son astuce. Mais en force et en taille, il restait en retard. En effet, à dix ans, les grands anthropoïdes étaient adultes et certains d’entre eux mesuraient six pieds de haut, tandis que le petit Tarzan n’était toujours qu’un garçon en pleine croissance. Mais quel garçon ! Dès sa plus tendre enfance, il s’était servi de ses mains pour voyager d’une branche à l’autre en imitant sa mère adoptive ; devenu plus grand, il avait passé chaque jour des heures et des heures à se balancer au sommet des arbres avec ses frères et sœurs.
Il pouvait sauter à vingt pieds dans le vide et se rattraper, avec une précision sans faille et sans choc apparent, même à des branches furieusement agitées par l’approche d’une tornade.
Il pouvait se laisser tomber de vingt pieds en descendant d’une branche à l’autre vers le sol, ou atteindre le faîte de l’arbre le plus haut avec l’agilité et la rapidité d’un écureuil.
À dix ans, il avait la force d’un homme de trente et bien plus d’adresse que l’athlète le mieux entraîné. Jour après jour, sa force s’accroissait.
Sa vie parmi les singes était heureuse. Il ne pouvait la comparer avec nulle autre et il ne savait même pas qu’il pouvait exister dans l’univers autre chose que sa forêt et les bêtes sauvages dont il était le familier.
Il avait à peu près dix ans lorsqu’il commença à se rendre compte de la grande différence qui existait entre lui et ses compagnons. Son petit corps bronzé se mit tout à coup à lui causer des sentiments de honte, quand il s’aperçut qu’il était dépourvu de poils, comme celui d’un serpent ou d’un quelconque reptile.
Il essaya de remédier à cette lacune en s’enduisant de boue des pieds à la tête, mais la boue sécha et tomba. De plus, cette croûte terreuse le gênait tellement qu’il eut vite fait de préférer la honte au désagrément.
Dans la région la plus haute du territoire que fréquentait sa tribu se trouvait un petit lac, et c’est là que Tarzan vit pour la première fois son visage, dans l’eau claire et tranquille.
Cela s’était passé par une journée torride de la saison sèche. Avec un de ses cousins, il était descendu sur la rive pour y boire. Lorsqu’ils se penchèrent sur l’eau, ils virent leurs petites faces reflétées par le miroir de l’onde : les traits farouches et terribles du singe anthropoïde à côté de ceux de l’aristocratique rejeton d’une vieille famille anglaise.
Tarzan fut consterné. Non seulement il était glabre, mais quelle figure ! Il se demandait comment les autres singes pouvaient le regarder.
Cette mince fente en guise de bouche et ces petites dents blanches ! De quoi avaient-elles l’air à côté des lèvres épaisses et des crocs puissants de ses frères plus favorisés par la nature ? Et ce petit nez si étroit : il rougit en le comparant avec les belles et larges narines de son compagnon. Quel nez généreux ! « Quel plaisir d’être si beau », pensa le pauvre petit Tarzan.
Mais lorsqu’il remarqua ses yeux, ah, ce fut le coup de grâce ! Une tache brune, un cercle gris, et du blanc ! Effrayant ! Même les serpents n’avaient pas des yeux aussi hideux. »
Tarzan, l’homme singe (Tarzan the Ape Man), 1932, est un film américain réalisé par W. S. Van Dyke d’après le roman d’Edgar Rice Burroughs. C’est le premier volet de la série des douze Tarzan avec Johnny Weissmuller (1904-1984) dans le rôle titre, et Maureen O’Sullivan (1911-1998) dans le rôle de Jane. Extrait de 32’30 à 38’
Question 3 : quels motifs communs retrouve-t-on à travers les œuvres précédemment évoquées dans ce cours (Cybèle, Romulus & Rémus, Mowgi, Tarzan) ?
3. L’Enfant sauvage de François Truffaut et autres cas.
L’article « Enfant sauvage » de Wikipédia recense de nombreux cas d’enfants abandonnés qui sont censés avoir survécu seuls dans la nature, jusqu’à être retrouvés au bout de quelques années. Ces cas sont plus ou moins crédibles ; ils ont fait l’objet de publications plus ou moins savantes, souvent contestées. Cela intéresse notre thème pour deux raisons : soit ces enfants sont considérés comme des bêtes, car ils n’ont pas appris le langage ni ce qui distingue l’homme de l’animal ; soit ils ont été « élevés » ou du moins ont vécu avec des animaux.
Parmi les histoires connues & relatées par des savants crédibles, citons L’Histoire d’une jeune fille sauvage trouvée dans les bois à l’âge de dix ans (1755), livre attribué à Charles Marie de La Condamine, savant qui fit partie de l’expédition en Équateur de 1735.
L’Enfant sauvage (1970) de François Truffaut (1932-1984) raconte l’histoire de Victor de l’Aveyron telle qu’elle est racontée notamment par le Dr Jean Itard.
Visionnement de 3’ à 13’30. Une femme est apeurée par une bête dans la forêt. Elle appelle des paysans, qui organisent une battue…
Question 4 : D’après cet extrait du film, qu’est-ce qui fait de cet enfant une sorte de bête ?


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