
« Le totalitarisme au pouvoir remplace invariablement tous les talents de premier ordre, quelles que soient leurs sympathies, par des illuminés et des imbéciles dont le manque d’intelligence et de créativité constitue encore la meilleure garantie de leur loyauté. » Hannah Arendt (1906-1975), philosophe politique germano-américaine (dans ‘Les Origines du totalitarisme’, 1951).
« Avant que les leaders de masse ne s’emparent du pouvoir pour plier la réalité à leurs mensonges, leur propagande se caractérise par un mépris extrême pour les faits en tant que tels ; car, à leurs yeux, un fait dépend entièrement du pouvoir de l’homme capable de le fabriquer. » Hannah Arendt (1906-1975), philosophe politique germano-américaine (dans ‘Les Origines du totalitarisme’, 1951).
« Dès l’instant où nous n’avons plus de presse libre, tout peut arriver. Ce qui permet à une dictature totalitaire — ou à toute autre dictature — de gouverner, c’est le fait que les gens ne sont pas renseignés ; comment peut-on se forger une opinion si l’on n’est pas renseigné ? » Hannah Arendt (1906-1975), philosophe politique germano-américaine (dans ‘Hannah Arendt : Extrait d’un entretien’, 26 octobre 1978).
« Le sujet idéal du régime totalitaire n’est pas le nazi convaincu ou le communiste convaincu, mais l’individu pour qui la distinction entre fait et fiction (c’est-à-dire la réalité de l’expérience) et la distinction entre vrai et faux (c’est-à-dire les critères de la pensée) n’existent plus. » Hannah Arendt (1906-1975), philosophe politique germano-américaine (dans ‘Les Origines du totalitarisme’, 1951).
Comme l’histoire du 20e siècle le démontre bien, l’établissement d’un régime totalitaire — lequel s’appuie sur l’impérialisme, la force militaire brute et un nationalisme replié sur lui-même pour asservir d’autres États souverains et pour imposer la tyrannie, anéantir la démocratie et piller les ressources d’autrui — finit inévitablement par se retourner contre le pays qui l’initie. En effet, une telle politique d’intimidation internationale se heurte tôt ou tard à des limites.
En effet, les nations libres et indépendantes finissent, tôt ou tard, par se liguer et subjuguer l’État voyou qui les opprime.
L’exemple le plus marquant a été l’accession au pouvoir du dictateur Adolf Hitler en Allemagne, en janvier 1933, avec l’aide d’une milice paramilitaire désignée sous le vocable de « chemises brunes ».
Son parti nazi a invoqué le rétablissement de l’honneur et le prestige de l’Allemagne, ainsi que le recours à l’idéologie nationaliste de la « race supérieure », pour annexer militairement des pays d’Europe de l’Est — tels que l’Autriche en 1938 et la Tchécoslovaquie, en 1939 — pour en faire des États vassaux.
Cependant, lorsque l’Allemagne nazie a envahi la Pologne, le 1er septembre 1939, d’autres nations, comme la Grande-Bretagne et la France, ont jugé la situation intolérable et lui ont déclaré la guerre. C’est ainsi qu’a débuté la Seconde Guerre mondiale.
Ce conflit d’une violence inouïe n’a pris fin en Europe qu’en 1945, mais pas sans avoir été le plus meurtrier en pertes de vies humaines de l’histoire de l’humanité, résultant en 80 millions de morts.
Le magnat américain de l’immobilier, Donald Trump, semble avoir une grande admiration pour le dictateur Nazi Adolf Hitler. En effet, sa première épouse, Ivana Trump, a révélé que son mari gardait près de son lit un exemplaire d’un livre consacré aux discours d’Hitler, intitulé ‘My New Order’.
Le fait qu’un récent rapport des Nations Unies stipule que le président étasunien Donald Trump pourrait bientôt être accusé de crimes de guerre pour avoir bombardé une école de filles en Iran — tuant plus de 150 personnes, dont une majorité d’enfants — n’est guère bon pour sa réputation. Cela devrait susciter des inquiétudes quant à sa moralité.
Mais D. Trump, déjà condamné au criminel par une cour américaine, prend les devants, et il menace la Cour Pénale internationale de sanctions, laquelle a eu l’audace de lancer un mandat d’arrêt contre son comparse dans la guerre contre Iran, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, accusé de génocide contre le peuple palestinien.
Cependant, le comble de l’arrogance et de la perversité fut atteint lorsque Donald Trump, lors de sa diatribe à l’Assemblée générale des Nations unies, le mardi, 22 septembre, a avoué sans vergogne sa vision militariste, faite de guerres permanentes et de désordre mondial — tout en faisant directement référence au pétrole volé au Vénézuéla — en faisant sienne la formule : « Au vainqueur revient le butin ».
Ce faisant, D. Trump a publiquement défendu une pratique militariste digne de la loi de la jungle, consistant à diviser le monde en zones d’influence pour des empires militaires et à piller par la force des pays plus petits, renvoyant ainsi le monde plusieurs siècles en arrière. Et cela, alors même que l’Organisation des Nations unies a été créée, en 1945, précisément pour proscrire de tels conflits.
1. Le monde pourrait-il revivre la catastrophe guerrière d’il y a près de 90 ans et tomber sous le joug d’un tyran fou et maléfique ?
Depuis le 20 janvier 2025, sous la direction d’un président américain profondément dysfonctionnel, autocratique, corrompu et mentalement inapte, les États-Unis ont vu leur crédibilité et la confiance qu’ils inspiraient en tant que partenaire politique et économique fiable, s’effondrer. Selon le Centre de recherche Pew Research, Donald Trump est perçu comme dangereux et peu fiable par la plupart des dirigeants de pays.
En effet, l’homme politique américain D. Trump s’est comporté en véritable fauteur de troubles et en provocateur, s’en prenant violemment aussi bien à des individus qu’à des nations. Il s’est rendu coupable de nombreux abus de pouvoir, tant aux États-Unis qu’à travers le monde.
D. Trump a instrumentalisé l’ICE — une force de police politique violente, lourdement armée et masquée — sur le sol américain, et laquelle a tué des douzaines de personnes.
Il a aussi déclenché de nombreuses guerres d’agression contre une multitude de pays (Afghanistan, Irak, Yémen, Pakistan, Somalie, Libye, Syrie, Venezuela, Cuba, Nigeria, Iran), alors même qu’il avait promis de mettre fin aux guerres américaines durant sa campagne électorale de 2024. Bon nombre de ces guerres « trumpistes » au Moyen-Orient ont été menées sous la bannière d’un Axe-É.-U.-Israël, tandis que d’autres s’apparentent à des conflits sans fin.
Lors de sa diatribe aux Nations unies, le 22 septembre, Donald Trump, un président américain connu pour son caractère tyrannique, a qualifié d’autres pays de « tyrans ». Il a même réitéré sa menace insensée « d’anéantir » l’Iran. Et ce, alors même que le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé l’Assemblée générale à mettre fin aux conflits. —Quel déshonneur pour les États-Unis !
Question : Dans quelle mesure toutes ces diatribes et ces guerres de choix servent-elles à dissimuler, au plan intérieur, l’implication de Donald Trump dans le réseau international de trafic de mineures à des fins sexuelles, orchestré par Jeffrey Epstein — un réseau impliquant plus d’un millier d’adolescentes livrées à de riches clients ?
Bien qu’une loi du Congrès ait exigé la divulgation de tous les dossiers Epstein, non cafardés, Donald Trump a fermement refusé de s’y conformer, alors même qu’il s’y était engagé durant la campagne présidentielle de 2024. —Tôt ou tard, la vérité éclatera au grand jour.
Il s’est également lancé dans des guerres commerciales à répétition contre plusieurs pays, une politique qui a déstabilisé l’économie mondiale. Même la Cour suprême des États-Unis dominée par des juges républicains a déclaré illégales la plupart des taxes douanières ou droits à l’importation imposés par Trump, le 20 février 2026. En effet, selon la constitution américaine, seule la Chambre des représentants détient ce pouvoir (article I, section 8, clause 1).
2. Depuis janvier 2025, le président D. Trump a gouverné par décrets, en véritable autocrate
Entre le 20 janvier 2025 et septembre 2026, Donald Trump a gouverné en promulguant un nombre extraordinairement élevé de 281 décrets présidentiels, dont beaucoup ont été déclarés illégaux par les tribunaux ou en violation de la constitution des États-Unis.
De tels excès de pouvoir et politiques déstabilisatrices et chaotiques ont suscité très peu de résistance, que ce soit de la part de son cabinet ‘Maga’ de flagorneurs et de complices, et très peu de la part d’un Congrès contrôlé majoritairement par les républicains.
Dans de rares cas, cette résistance est plutôt venue de la Cour suprême étasunienne, bien que six de ses neuf juges aient été nommés par deux présidents républicains (George W. Bush en a nommé trois et Donald Trump, aussi trois). Le fait demeure que D. Trump a violé la constitution américaine à maintes reprises, ainsi que le serment qu’il a prêté de la « préserver, protéger et défendre ».
3. D. Trump s’est servi de la politique commerciale comme d’une tactique politique partisane et comme d‘un instrument impérialiste
À compter de janvier 2025, et bien qu’il ait signé un accord commercial révisé avec les deux voisins — le Canada et le Mexique — en 2020, le président Donald Trump a lancé des attaques politiques et économiques contre ces deux pays, mais tout particulièrement contre le Canada.
Méconnaissant le mécanismes complexe d’équilibre de la balance des paiements entre les pays, Donald Trump a formulé des accusations commerciales infondées à l’encontre du Canada.
Il est même allé jusqu’à menacer la souveraineté canadienne et à insulter les Canadiens en recourant à une rhétorique virulente, suggérant même que le Canada — le deuxième plus vaste pays au monde — devienne le « 51e État » américain.
En effet, Donald Trump a ouvertement tenté de déstabiliser l’économie du Canada, membre du G7, en imposant, d’une manière arbitraire et intermittente, des droits de douane élevés sur certaines exportations canadiennes. Cette stratégie a engendré de l’incertitude tant pour les entreprises que pour les consommateurs de part et d’autre de la frontière.
En août dernier, alors qu’un nouvel accord commercial était sur le point d’être conclu entre les deux pays au terme de négociations ultimes, l’administration Trump a fait capoter le processus, à la dernière minute.
Le gouvernement Trump exigeait notamment que le Canada renonce à son droit souverain de commercer librement avec d’autres nations. Les attaques de Trump contre le Canada relèvent moins du commerce ou de l’économie que d’une volonté malveillante de faire du Canada un vassal politique et économique des États-Unis.
Par la suite, s’appuyant sur l’ancienne loi commerciale Smoot-Hawley, datant de 1930, et de sa section 338 jamais utilisée, Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur des importations canadiennes d’une valeur de 20 milliards de dollars américains.
Comme on pouvait s’y attendre, le gouvernement canadien a pris des mesures pour protéger son économie attaquée en ripostant : il a imposé, sur les produits américains entrant au Canada, des droits de douane équivalant dollar pour dollar à ceux appliqués par Trump aux exportations canadiennes.
Les Américains ne sont pas dupes des motivations personnelles de Trump, et l’amitié entre les populations des deux pays demeure solide. En fait, les sondages indiquent que 57 % des Américains s’opposent aux taxes absurdes imposées par Trump sur les importations canadiennes, alors même qu’un accord de libre-échange mutuellement avantageux lie les deux pays depuis 1988, et même depuis le Pacte de l’automobile de 1965.
Sa cote de popularité personnelle est en forte baisse, car il est déconnecté de la majorité des Américains. À titre d’exemple, seulement 9 % des Américains soutiennent ses tentatives motivées par la vanité d’apposer son nom sur des monuments ou des lieux publics.
4. Les fausses promesses de Donald Trump
Durant la campagne présidentielle de 2024, le candidat républicain « Maga » à la présidence américaine, Donald Trump, a souvent promis qu’une fois au pouvoir, les États-Unis ne s’impliqueraient pas dans de nouvelles guerres coûteuses et meurtrières, à l’étranger.
Il avait d’ailleurs déclaré, pour bien se faire comprendre, lors de son discours victorieux du 6 novembre 2024 : « Je ne vais pas déclencher de guerre. Je vais mettre fin aux guerres. » En rappel, D. Trump avait également affirmé auparavant : « Nous sommes de moins en moins enclins à vouloir jouer les gendarmes du monde. »
En fait, non seulement le candidat D. Trump n’avait pas l’intention de donner suite à ses promesses électorales, mais il a fait exactement le contraire de ce qu’il avait promis. Il a déclenché et intensifié de nombreuses guerres d’agression à l’étranger, contre de multiples pays. En réalité, le président D. Trump a été loin d’apporter la paix à son pays ; il l’a au contraire mis sur la voie d’une troisième guerre mondiale.
Donald Trump avait également promis à maintes reprises de mettre fin à l’inflation et à la hausse des prix aux États-Unis, phénomènes qui ont érodé le pouvoir d’achat des travailleurs, des retraités et des consommateurs américains. Le 9 août 2024, lors d’un meeting politique, il avait faussement déclaré que : « Dès le premier jour, nous mettrons fin à l’inflation et rendrons l’Amérique à nouveau abordable, afin de faire baisser les prix de tous les produits. »
De même, ses promesses de stopper la hausse des prix se sont révélées sans substance. En réalité, l’administration Trump 2.0 a aggravé l’inflation américaine. Le taux d’inflation annuel aux États-Unis a atteint 2,7 % en 2025, et il a continué de grimper pour s’établir à 3,4 %, en 2026.
Il est facile de comprendre pourquoi.
Premièrement, D. Trump a enregistré d’énormes déficits budgétaires, en partie en réduisant les impôts des particuliers à revenus élevés et des entreprises, et en partie en se lançant dans des guerres à l’étranger. Cela a poussé la dette nationale américaine à un montant colossal de 40 000 milliards de dollars, dans une course effrénée vers un abîme financier.
Deuxièmement, les attaques militaires de Trump pour s’emparer des réserves pétrolières du Vénézuéla et celles d’autres pays ont fait grimper les prix du pétrole et de l’énergie, créant ainsi une inflation mondiale.
Troisièmement, Trump a fait pression sur la banque centrale de la Réserve fédérale pour influencer ses décisions en faveur d’une politique monétaire expansionniste, ce qui exacerbe l’inflation de la demande aux États-Unis.
Quatrièmement, l’obsession de Donald Trump d’augmenter les droits de douane ou les taxes à l’importation à des niveaux élevés a manifestement contribué à la hausse des prix, tant pour les producteurs que pour les consommateurs.
Il n’est guère rassurant de constater que le président Donald Trump ignore purement et simplement les questions d’ordre moral et les risques — soulignés par de nombreux experts — concernant la possibilité qu’une intelligence artificielle (IA) autonome et désordonnée conduise un jour à l’extinction de l’humanité ; il rejette d’ailleurs toute idée d’une réglementation du phénomène. Et, ce qui est peut-être pire encore, il veut « militariser » l’intelligence artificielle !
En outre, D. Trump encourage le développement effréné de centres de données extrêmement énergivores.
Conclusion
Depuis janvier 2025, l’administration Trump 2.0 a été une source de chaos, de désordre, d’extorsion, de prédation, et de guerres, tant aux États-Unis que dans le monde. C’est aussi un politicien ultra-corrompu.
De plus, le magnat américain Donald Trump s’exprime toujours avec exagération et il agit comme s’il était un président autocrate, aux pouvoirs absolus, faisant fi des principes fondamentaux de la constitution américaine, notamment concernant la séparation des pouvoirs et le système politique de freins et de contrepoids.
Tout bien considéré, le président Trump Maga représente un défi existentiel aux fondements politiques, moraux et spirituels des États-Unis, ce qui en fait un politicien extrêmement dangereux.
Son gouvernement a été un désastre à bien des égards, marqué par une série de promesses non tenues, ainsi que par des politiques économiques, budgétaires et financières des plus inappropriées et incompétentes, au plan intérieur, le tout s’accompagnant du lancement de guerres militaires et commerciales absurdes, à l’étranger. Le résultat final sera une grave crise financière à venir, et possiblement quelque chose de bien pire.
Cependant, il y a un certain espoir.
Les Américains de tous âges, trahis par le politicien Donald Trump, et victimes d’une baisse de leur niveau de vie, de leurs droits constitutionnels et de leur liberté, auront bientôt l’occasion d’exprimer leur mécontentement et leur déception face à ses promesses non tenues, et à ses guerres militaires et commerciales insensées contre d’autres pays, et à sa mauvaise gestion politique en général.
Vivement, le 3 novembre. Ça suffit les folies !
Rodrigue Tremblay
La source originale de cet article est Mondialisation.ca


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