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Une cinquantaine de survivants de l’Holocauste se sont réunis mardi, à midi, à Edmonton. Des événements similaires ont lieu un peu partout dans le monde autour du 27 janvier, Journée internationale de la mémoire des victimes de l'Holocauste. Cette date correspond à la libération du camp d’Auschwitz en 1945.
L’initiative, Café Europa, vient du nom d’un café en Suède où de nombreux survivants juifs se réunissaient après la guerre pour tenter de retrouver leur famille dispersée à travers l’Europe.
Les témoins directs de ce génocide se font de plus en plus rares. L’association de Services aux familles juives d’Edmonton organise cette rencontre chaque année, afin de commémorer leur histoire et de diffuser la mémoire de ces crimes de guerre.
Une blessure commune
Venus à Edmonton durant la deuxième moitié du XXe siècle, ces personnes âgées ont un souvenir difficile, une langue et une histoire en commun. Ils sont Russes pour la plupart ou Ukrainiens, et font partie des rares survivants des camps de concentration.
Nous partageons les mêmes sentiments, la même vision du passé et de ce à quoi nous avons été confrontés, résume Irina Zhuravin.
Ils étaient très jeunes au moment de la guerre et des bribes de souvenirs, mélangés à des récits de leurs parents, refont surface.
Lina Kichnevskaia était une petite fille quand les soldats sont arrivés dans sa ville natale. D’abord enfermées dans un ghetto, sa famille et elle ont ensuite été déportées dans un camp. Son grand-père et son père y sont morts. Avec sa grand-mère, sa mère et sa soeur, elle a réussi à s’échapper.
Nous avons attendu la fin de la guerre pour retourner dans notre ville. Mais tout semblait vide. Et après cela, il a fallu reprendre le cours de sa vie : aller à l’école, à l’université… Je suis devenue médecin, raconte-t-elle fièrement.
Aujourd’hui, il n’est plus question d’évoquer le passé, mais de se raconter les dernières nouvelles, de partager un bon repas, voire de tenter quelques pas au son de la musique.
Ce n’est pas forcément un jour de commémoration et de tristesse. C’est plus un moyen de célébrer leur vie, leur parcours et leur résilience, explique Danielle Dolgoy, directrice de l’association de Services aux familles juives d’Edmonton.
Un témoignage à faire perdurer
Environ 40 000 survivants de l'Holocauste se sont réinstallés au Canada après la Seconde Guerre mondiale. En décembre 2024, il n’en restait que 9800, selon les données du gouvernement canadien.
On remarque que le groupe est de plus en petit chaque année. Certaines personnes manquent à l’appel, constate Danielle Dolgoy.
Irina Zhuravin a aussi perdu une partie de sa famille dans les camps. Elle était alors bébé, mais elle a grandi dans cette horreur, et ses premiers souvenirs datent d’après la guerre.
Ce sont des moments où nous n'avions rien, mais je n’avais jamais connu mieux. Alors nous avons juste vécu, déclare-t-elle simplement.
Aujourd’hui, elle se dit inquiète de la situation en Europe de l’Est.
Les gens qui ont grandi ici dans une société saine, avec une bonne qualité de vie, ne le réalisent pas. Ce qui peut sembler bien au départ ne se révèle pas toujours bien pour l’humanité.
Par le biais de ce Café Europa, l'association continue à diffuser les témoignages à une époque où ils peuvent sembler appartenir au passé.
Cette communauté est la preuve que ce qu'ils ont vécu s'est réellement produit, et nous nous engageons à nous souvenir d'eux et notamment à lutter contre la montée du négationnisme, affirme Danielle Dolgoy.
Avec les informations de Bérénice Claude et Tristan Mottershead


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