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Convaincu que le « modèle paternaliste » des CPE n’a « ni les moyens, ni les éducatrices » pour répondre aux besoins des familles québécoises, le Parti conservateur du Québec offre une allocation aux parents qui gardent leurs enfants à la maison.
« Il y a 30 600 enfants en attente en ce moment, qui sont laissés-pour-compte alors que leurs parents paient des impôts et des taxes pour financer les places des chanceux qui, eux, ont gagné à la loterie des subventions pour les garderies, a déploré jeudi le chef conservateur, Éric Duhaime. Le système du tout public n’est tout simplement pas capable de tenir ses promesses envers toutes les familles du Québec. »
Les troupes conservatrices proposent « la liberté de choix » pour répondre aux besoins des familles.
D’abord, le parti promet un nouveau crédit d’impôt dès le 1er avril 2017 pour chaque enfant qui fréquente un milieu de garde non subventionné. Cette aide atteindrait, en moyenne, 950 $ par année pour les familles et permettrait de combler 10 000 places présentement vacantes, selon les calculs de la formation. La mesure coûterait un total de 93 millions de dollars annuellement, mais elle reviendrait « à coût nul » pour l’État, selon le PCQ, puisqu’elle épargnerait la facture du programme de conversion de places non subventionnées inscrite au dernier budget.
Le camp conservateur veut aussi rémunérer la garde d’enfants à la maison à hauteur de 100 $ par tout-petit, par semaine. Il faudrait qu’un des deux parents travaille au moins 35 heures par semaine pour avoir droit à cette aide annuelle de 5200 $ par bambin. Cette dernière mesure, selon le calcul du PCQ, coûterait chaque année 280 millions de dollars à l’État, pour un total de 1,12 milliard sur quatre ans.
Le chef de droite fait de la garde d’enfants un enjeu de justice à l’égard des parents aux modes de vie atypiques.
« C’est comme si on favorise des gens qui travaillent de 9 à 5 dans certains types d’emplois et qui choisissent de mettre leurs enfants dans des garderies au détriment des autres, a souligné Éric Duhaime dans un point de presse à Saint-Lambert-de-Lauzon, près de Lévis. Aller demander aux parents qui ont fait des choix différents ou qui ont des horaires atypiques, la serveuse qui travaille le soir ou le père qui fait des horaires une semaine sur deux ou qui travaille les week-ends si les CPE correspondent à leur mode de vie. »
« Son autonomie s’arrête aux femmes », rétorque Fréchette
Le camp conservateur veut laisser intact le réseau des centres de la petite enfance (CPE) actuel. « L’objectif, ce n’est pas du tout de dévaloriser ce qui se fait déjà, a insisté le chef de droite. L’objectif, c’est d’offrir des choix à ceux et celles qui ont été oubliés ou pour qui ce modèle-là ne convient pas à leurs choix. »
La première ministre sortante, Christine Fréchette, a accusé le chef conservateur de vouloir « défaire le réseau des CPE ».
« C’est malheureux parce que c’est quelque chose qui est précieux, qui a permis aux femmes d’intégrer le marché du travail comme nulle part au Canada, a-t-elle indiqué depuis Roxton Pond, dans la Haute-Yamaska. M. Duhaime veut plus d’autonomie mais ce que je comprends, c’est que son autonomie s’arrête aux femmes. »
Les politiques conservatrices en matière de garde d’enfants, de l’aveu même du chef, se veulent « natalistes » pour renverser le taux de fécondité historiquement bas de 1,36 enfant par femme observé en 2025.
« Il y a beaucoup de gens qui vont même inscrire leurs enfants sur des listes d’attente dans les garderies alors que la femme n’a même pas encore accouché, a souligné Éric Duhaime. Juste ça, ça démontre comment le modèle est soviétique sur les bords et ça montre un peu la peur des parents d’avoir une place en garderie. On veut éliminer cette anxiété-là et je pense que ça pourrait aider les jeunes qui songent à fonder une famille. »


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