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Les conseillers tournent le dos au maire de Paspébiac

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Les six conseillers municipaux de Paspébiac ont rejeté à l’unanimité l’énoncé de politique générale du maire Jérémy Laplante, jeudi soir. Malgré ce nouveau désaveu, les élus municipaux ont voté à l’unanimité pour demander l’accompagnement du ministère des Affaires municipales en vue d’une médiation.

Deux séances extraordinaires étaient organisées dans un contexte de crise politique persistante à l’hôtel de ville. Durant la première, trois conseillers ont proposé de reporter le vote de confiance lié à l’énoncé du maire. Or la proposition n’a pas obtenu la majorité. Les six conseillers se sont ensuite prononcés contre l’énoncé de manière unanime.

Dans ce document, Jérémy Laplante invitait les élus à se concentrer sur les idées plutôt que sur les différends entre les personnes. Il y réitérait plusieurs priorités de son programme, dont la construction de logements, l’arrivée de nouveaux commerces, la poursuite de projets sportifs et culturels ainsi que l’amélioration des services municipaux.

Le conseiller Christian Grenier a reconnu la valeur de plusieurs propositions, mais a expliqué que le désaccord du conseil portait plutôt sur la manière de gouverner du maire. Votre plan de match, j’y crois. Les idées sont bonnes. Ce n’est pas à ce niveau-là de votre discours que le conseil a voté la non-confiance; c’est au niveau de votre gouvernance, a-t-il expliqué.

Ce qu’on souhaite, c’est de travailler ensemble et vraiment être inclus dans la discussion, beaucoup plus que maintenant.

En premier plan, des citoyens assis, de dos. En arrière-plan, le conseil municipal assis à une table.

Deux séances extraordinaires du conseil de ville de Paspébiac se sont tenues jeudi soir au Centre culturel. Près de 100 personnes étaient sur place.

Photo : Radio-Canada / Gala Dionne

La démission demeure une option

Jérémy Laplante estime pour sa part que le rejet unanime de son énoncé envoie un bien drôle de message. Il considère que le vote de confiance était une occasion pour les conseillers de tendre la main.

Je trouve ça dommage. Il aurait été possible d’exprimer des réserves à l'égard de mon énoncé de politique générale, mais d’enregistrer un vote défavorable, [...] je pense que ça envoie un mauvais message quand l’objectif est d’essayer de rétablir la collaboration.

Le plus jeune maire de la province n’a pas annoncé sa démission à la suite du vote. Le maire de 24 ans affirme qu’il poursuit sa réflexion sur son avenir politique.

Il prévoit faire connaître sa décision dès la semaine prochaine ou au cours des semaines suivantes.

Une médiation est attendue

Les élus s’entendent maintenant sur la nécessité de demander l’aide du ministère des Affaires municipales, mais leurs visions divergent quant aux démarches entreprises jusqu’ici.

La conseillère Nancy Anglehart affirme qu'une médiation avait été demandée il y a quelques semaines, mais que la proposition n’avait pas été inscrite à l’ordre du jour.

Le conseiller Dany Cyr a également indiqué que les conseillers avaient présenté une demande de médiation après le vote de censure (communément appelé vote de non-confiance) du 10 août. Le maire lui a alors demandé publiquement : Et quel geste avez-vous posé avant la demande de médiation, Monsieur Cyr?

Le maire faisait ici référence au premier désaveu exprimé à son endroit, lors d'une séance particulièrement houleuse, le 10 août dernier, au sujet de la suspension temporaire de Dominick Briand.

De son côté, Jérémy Laplante affirme que des discussions informelles avaient eu lieu avec des représentants du ministère au sujet du fonctionnement d’une médiation.

Une rencontre s’était aussi déroulée au printemps dans le cadre d’une formation sur les rôles et les responsabilités des élus municipaux. Selon lui, le climat était déjà si tendu que seulement 8 des 40 diapositives de la présentation avaient pu être abordées.

L’erreur, finalement, ça aura été de penser que cette accalmie était à long terme, alors que c’était juste un creux de vague. [...] C’est quelque chose qui aurait dû intervenir plus tôt, mais qui n’a pas eu lieu.

Un désaccord sur les délibérations publiques

Les conseillers reprochent notamment au maire sa façon de débattre publiquement des dossiers municipaux. La conseillère Gina Samson estime que les élus doivent d’abord discuter entre eux avant de présenter leurs décisions à la population. On est là pour s’entendre ensemble et pour apporter aux gens le résultat de nos décisions, de nos conversations. Si tout est transparent, je ne vois pas l’avantage d’avoir des conseillers, explique-t-elle.

Jérémy Laplante défend plutôt sa volonté de délibérer publiquement et de rendre l’information accessible aux citoyens. Il réplique que le clivage politique et les problèmes de communication sont à ce point profonds que même 25 comités pléniers ne suffiraient pas, selon lui, à rétablir la collaboration.

Cette transparence est notamment appuyée par France Lemay. La résidente affirme avoir le droit de recevoir les informations publiques communiquées par le maire sur les réseaux sociaux. Elle s’est néanmoins réjouie de la démarche de médiation.

France Lemay s'adressant au conseil. Derrière elle, des citoyens.

France Lemay, résidente de Paspébiac

Photo : Radio-Canada / Gala Dionne

Pourquoi n’y a-t-il pas eu de médiation avant le 10 août? [...] Mieux vaut tard que jamais. J’espère qu’après la médiation, vous allez être capables de mettre de l’eau dans votre vin, mais surtout de reconnaître vos torts.

Pendant la période de questions, plusieurs citoyens ont demandé aux élus de faire un pas les uns vers les autres. Nadine Huard a affirmé ne pas douter des capacités du maire ni de ses connaissances en droit et en politique, tout en l’invitant à revoir sa manière d’appliquer les règles et de communiquer.

Nadine Huard s'adressant au conseil municipal. En arrière plan, d'autres citoyens.

Nadine Huard, résidente de Paspébiac

Photo : Radio-Canada / Gala Dionne

Je pense sincèrement que vous avez les compétences pour faire un bon maire. Je constate que vous connaissez les lois, mais il y a une façon de les appliquer et une façon de travailler avec les gens, a-t-elle indiqué.

La citoyenne a demandé à l’ensemble des élus de mettre de l’eau dans leur vin, insistant sur le fait que cet effort devait venir des deux côtés.

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