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Pour de nombreux citoyens, la surveillance de masse élaborée par l’Etat chinois concerne d’abord les opposants politiques, représentants d’ONG ou activistes de tout poil. Mais les caméras dotées de technologies avancées peuvent aussi verbaliser certains écarts de la vie quotidienne de tout un chacun.

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LETTRE DE SHANGHAÏ

Démonstration de technologie de reconnaissance faciale au poste de contrôle de Chung Ying Street, à Hong Kong, lors d’une visite guidée pour les journalistes, le 23 décembre 2024. Démonstration de technologie de reconnaissance faciale au poste de contrôle de Chung Ying Street, à Hong Kong, lors d’une visite guidée pour les journalistes, le 23 décembre 2024.

Li Yan, qui préfère utiliser un nom d’emprunt, l’affirme volontiers : il est un citoyen on ne peut plus normal. Il n’a pas d’opinions politiques dissidentes, pas d’activités associatives ou de fréquentations qui le rendraient suspect aux yeux des autorités. Ce M. Tout-le-Monde bien sous tout rapport, vient pourtant de comprendre que ses faux pas n’échappent pas à la vigilance de la reconnaissance faciale policière. Il l’a appris fin mars, par un SMS lui notifiant une amende de 50 yuans (6 euros) pour avoir fait du vélo sur un trottoir de Shanghaï.

La somme est assez dérisoire et il ne conteste pas les faits. C’est plutôt la manière dont il a été identifié par la police qui l’a interloqué. A la date mentionnée dans le message, Li Yan a bien roulé à vélo sur le trottoir, sur quelques dizaines de mètres à peine pour gagner du temps en allant à un rendez-vous.

Son étonnement tient au fait que, ce jour-là, il n’a pas été contrôlé par des policiers. Son vélo ne porte pas non plus de plaque d’immatriculation. Le SMS mentionne une identification par « technologies électroniques ». Comme les messages d’arnaque en ligne se sont multipliés ces dernières années, Li Yan a préféré vérifier en appelant la police. Il a ainsi eu confirmation que son visage avait été reconnu automatiquement par les caméras de la sécurité publique. Il y a vu le début de la fin d’un anonymat, qui permettait à tout un chacun de vivre avec ses petits travers.

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