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Malgré l’ouverture des réserves stratégiques de pétrole, la fermeture d’Ormuz pèse toujours plus sur les places financières mondiales.
Quelles solutions restent-elles pour calmer les cours du pétrole ? Ceux-ci se stabilisent vendredi après avoir bondi de près de 10%. Le baril de Brent se maintenant autour de 100 dollars, tandis que les Bourses asiatiques se repliaient dans des marchés demeurant sous forte tension. Dans un effort supplémentaire pour apaiser quelque peu les tensions sur l’offre, les États-Unis ont annoncé tard jeudi autoriser, de manière temporaire, la vente du pétrole russe stocké sur des navires.
Vers 01H00 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, cédait 0,27% à 95,47 dollars, après avoir évolué en hausse de quelque 1,6% en début d'échanges asiatiques. Le baril de Brent, référence du marché mondial, cédait lui aussi 0,27% à 100,20 dollars. Il avait terminé jeudi au-delà de 100 dollars pour la première fois depuis août 2022.
Coup d’épée dans l’eau
La décision des membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) de prélever un volume historiquement élevé de pétrole dans les réserves stratégiques a fait l’effet d’un coup d’épée dans l’eau. Pensés pour atténuer la perte d'offre de brut en provenance du Golfe, ces 400 millions de barils puisés dans les stocks de 32 pays constituent un amortisseur temporaire et jugé insuffisant par les analystes financiers.
À eux seuls, les États-Unis vont apporter progressivement 172 millions de barils étalés sur 120 jours. «Si l'on suppose un calendrier similaire pour les autres pays, on arrive à 3,3 millions de barils/jour», selon les experts d'ING, soit très en deçà des volumes perdus en raison du conflit, estimés par l'AIE à 10 millions de barils/jour. Depuis le déclenchement du conflit le 28 février, la circulation est quasi-paralysée dans le détroit d'Ormuz, par où transite habituellement 20% de la production mondiale de pétrole.
De fait, la décision de l'AIE «n'a pas empêché la poursuite de la hausse des cours du pétrole (...) L'important écart résiduel entre l'offre et la demande mondiales incitera les acheteurs à continuer de faire grimper les prix, tant que la guerre se poursuivra», insistent les analystes du cabinet BMI. «Tout repose sur la durée du conflit , un sujet sur lequel les signaux envoyés ont été confus (...) Le transit par Ormuz s'est réduit à un filet, et l'Iran continue de concentrer ses attaques sur les infrastructures régionales pétrolières et gazières ainsi que sur le trafic maritime», ajoutent-ils. La situation reste très incertaine : l'armée iranienne a menacé d'«incendier» et de «détruire» des installations pétrolières et gazières au Moyen-Orient, en cas d'attaque contre les infrastructures énergétiques et les ports de la République islamique.
L’Asie dans le rouge
Face à l'absence d'accalmie sur les marchés pétroliers, et dans le sillage d'un net recul de Wall Street la veille, les Bourses asiatiques ont ouvert vendredi nettement dans le rouge. Vers 01H00 à Tokyo, l'indice vedette Nikkei lâchait 1,31% à 52.738 points et l'indice élargi Topix 0,42%. À la Bourse de Séoul, l'indice phare Kospi abandonnait 1,86%, après avoir glissé de plus de 3% dans les premiers échanges. En revanche, Sydney gagnait 0,17%. «Il semble que le marché ait révisé son calendrier concernant la durée de la fermeture du détroit d'Ormuz et du conflit dans son ensemble, en repoussant cette échéance plus loin dans le temps», constate Chris Weston, du courtier Pepperstone.
«Cela suggère que la situation pourrait avoir des effets plus néfastes sur l'inflation, potentiellement sur la consommation et, à un stade ultérieur, peut-être sur les bénéfices des entreprises», relève-t-il. Pour l'heure, toutefois, «les caractéristiques dominantes demeurent la hausse des prix de l'énergie et une volatilité extrêmement élevée sur les marchés», conclut M. Weston. Sur le marché des changes, la monnaie américaine s'affichait en légère baisse de 0,16% à 159,08 yens pour un dollar, après avoir été de nouveau vigoureusement poussée la veille par les tensions géopolitiques et les craintes inflationnistes.


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