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L'annonce d'une proposition de hausse d'impôt visant les hauts revenus en Colombie-Britannique ne fait pas l'unanimité parmi les partis politiques. Si le chef du Nouveau parti démocratique (NPD) David Eby présente cette mesure comme un effort partagé pour éponger le déficit provincial et soutenir les ménages, l'initiative suscite une opposition de la part des conservateurs et des verts.
Le NPD propose une hausse de deux points de pourcentage sur les tranches de revenu supérieures à 190 000 $, ainsi que la création d'un nouveau palier d'imposition fixé à 24,5 % pour les gains dépassant 1 million $. L'objectif affiché est de répondre au déficit provincial tout en finançant des services publics essentiels, notamment en santé.
Les verts réclament une taxe sur la valeur nette
Du côté du Parti vert, la cheffe Emily Lowan rejette la stratégie du NPD, affirmant que les travailleurs sont épuisés par l'impôt sur le revenu.
Selon elle, les ultrariches échappent à l'impôt traditionnel en empruntant contre leurs actifs plutôt qu'en percevant un salaire.
Pour y remédier, les verts proposent la Loi sur le partage équitable (Fair Share Act).
Ce plan prévoit une taxe unique sur la valeur nette des ménages possédant plus de 50 millions $, soit environ 2 300 foyers d’après la cheffe.
La taxe serait de 5 % pour une valeur nette supérieur à de 50 millions $, 10 % pour 100 millions $ et 20 % pour plus de 1 milliard $.
Ce gouvernement affirme que les coffres sont vides, mais il n'a pas vérifié les garages multi-voitures.
Emily Lowan est d'avis que cette mesure générerait 22,2 milliards $ la première année pour combler le déficit et financer, par exemple, les garderies à 10 $/jour, la gratuité des transports en commun et le logement abordable.
Une taxe annuelle plus modeste qui générerait 5,4 milliards $, sera imposée après la première année.
Craintes chez les conservateurs pour le réseau de santé
Du côté conservateur, le député Lorne Doerksen dénonce les messages contradictoires de David Eby.
Selon lui, cette mesure présentée comme un impôt sur les millionnaires cible en réalité les professionnels de la santé.
Il craint que surtaxer les médecins ne décourage le recrutement et n'incite ceux en poste à quitter la province, aggravant ainsi la pénurie de soins.
David Eby défend sa stratégie
Face aux attaques, David Eby rétorque qu'il est légitime de demander aux plus nantis de contribuer davantage. Il rappelle que 96 % des citoyens ne subiront aucun impact.
Selon le chef du NPD, les médecins choisissent la Colombie-Britannique pour son système de santé public universel et sa qualité de vie, plutôt que pour des raisons fiscales.
Il souligne également que la province conserve des taux d'imposition parmi les plus bas au pays pour les professionnels.
Un calcul politique
Selon Jamie Lawson, professeur agrégé en politique canadienne à l'Université de Victoria, cette annonce vise à consolider la base ouvrière et de classe moyenne du NPD touchée par l'inflation tout en répondant au déficit.
Selon l’expert, cette manœuvre vise aussi à contrer l'aile populiste du Parti conservateur, qui tente de séduire cet électorat. Sur le plan électoral, faire pression sur les plus riches permet au NPD de renforcer ses liens traditionels avec les électeurs des banlieues et des centres urbains de Vancouver et de Victoria.
M. Lawson nuance toutefois l'argument souvent mis de l'avant par les conservateurs quant au risque de faire fuir les investisseurs et créateurs d'emplois.
Il est d’avis qu'une hausse de 2 % représente peu de chose pour un multimillionnaire et que certains pourraient l'accepter de manière pragmatique dans le contexte économique actuel.
Il observe néanmoins que la perception d'un gouvernement néo-démocrate qui gaspille l'argent pourrait continuer d'alimenter les réserves des électeurs centristes.
Avec des informations de Julie Landry


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